Baie de goji

Baie de goji, un superfruit gorgé d’antioxydants

Un des remèdes naturels les plus célèbres de la médecine traditionnelle chinoise, la baie de goji est recommandée pour traiter divers maux; tels que les troubles respiratoires, l’infertilité masculine, et les infections mais également pour protéger les organes (notamment les reins, le foie et les poumons) en leur apportant les nutriments nécessaires à leur bon fonctionnement. Ce fruit est même qualifié de « fontaine de Jouvence » grâce à sa forte concentration en antioxydants et sa capacité à stimuler la production d’hormone de croissance.

Toutes ces qualités, en plus de la publicité émise par certaines marques de compléments alimentaires, ont rendu cette petite baie également populaire en Occident. Pour autant, le nombre d’expériences menées sur ce fruit du lyciet reste encore faible. Très peu nombreuses sont les études cliniques ayant confirmé ses propriétés thérapeutiques, lorsqu’il est utilisé seul et sans additifs chimiques. Dans ce billet, essayons de découvrir ensemble ses véritables propriétés thérapeutiques, d’après les observations les plus notables.

Présentation du goji

Baie de Goji
Baie de Goji, ou fruit du lyciet, une des meilleures sources d’antioxydants

Goji, ou baie de goji, est le nom commercial que porte le fruit du lyciet depuis mal d’années dans l’univers de la phytothérapie. Bradley Dobos, ethnobotaniste d’origine nord américaine, a baptisé cette baie ainsi dans les débuts des années 70, en s’inspirant de son nom chinois qui est « Gou Qi Zi ».

Pour rappel, le lyciet est un arbuste appartenant à la lignée des Solanaceae. Ses différents organes (racines, feuilles, écorces et baies) revêtent tous des propriétés médicales appréciables, et s’utilisent en décoction, en jus ou en infusion dans la pharmacopée chinoise. Toutefois, les baies demeurent les plus prisées, en raison de leur forte teneur en antioxydants et nutriments. Celles-ci sont souvent proposées sous forme de jus ou séchées sur le marché, sont faciles à reconnaitre grâce à leur forme oblongue et leur couleur rouge.

Il faut cependant savoir que le genre Lycium compte plus de 70 variétés, dont seulement deux d’entre elles sont réellement exploitées actuellement. Les baies de goji vendues séchées, en jus, ou en complément alimentaire auprès des commerces proviennent donc de celles-ci. Il s’agit de l’espèce Lycium barbarum et du Lycium chinense. Les fruits de ces deux espèces ne présentent, évidemment, pas les mêmes teneurs en principes actifs. De grandes différences sont donc à noter concernant leurs propriétés médicales.

En France, il est aussi possible de rencontrer une autre espèce de Lycium, dite Lycium Europaeum, ou lyciet d’Europe, mais dont les baies ne sont pas cependant reconnues en tant que remèdes en phytothérapie.

Lycium barbarum : l’authentique baie de goji

Autres noms :

lyciet commun, lyciet de barbarie, Lycium halimifolium P. Mill, Lycium vulgare Dunal

Particularités :

Les baies du lyciet commun sont considérées comme étant les plus riches en éléments nutritifs, en vitamines et antioxydants, comparées à celles des autres espèces de Lycium. C’est grâce à cette qualité qu’elle fut inscrite dans la pharmacopée chinoise. (1)

En mesurant sa capacité antioxydante par la méthode TEAC (Trolox Equivalent Antioxydant Capacity), ces baies de goji présentent une valeur de 491 μmol trolox/100g MS ; ce qui est élevée par rapport aux capacités antioxydantes de la plupart des légumes et fruits courants. (2)

D’après le test ORAC (Oxygen Radical Absorbance Capacity), les résultats montrent une valeur de 3 290 μmol TE/100g, proche de celles de la pomme et du choux rouge, qui sont respectivement de 3 898 μmol TE/100g et 3 145 μmol TE/100g. (3)

Nous pouvons dire que la baie de goji figure parmi les meilleures sources d’antioxydants, mais elle n’a toutefois pas la plus puissante valeur antioxydante puisque certaines espèces végétales comme la fève du cacao (entre autres) présente un ORAC moyen de 40 600 μmol TE/100g.

Valeurs nutritives

La baie de goji est dotée d’importantes valeurs nutritives. Mais restons quand même objectif dans la présentation de ses éléments nutritionnels. Depuis quelques années, certaines marques de compléments alimentaires font, en effet, des promotions extravagantes de leurs produits, en mentionnant sur leurs emballages des données trop exagérées, sans fondement scientifique.

Selon les différentes analyses scientifiques, 100 g de ces baies séchées contiennent (4)(5)(6) :

– 1 132 mg de potassium: un micronutriment essentiel pour le maintien du bon fonctionnement des cellules. Un régime enrichi en potassium est reconnu scientifiquement capable de réduire les risques d’hypertension artérielle. (7)

– 112 mg de calcium, qui intervient dans divers processus enzymatiques, dans la formation des os et des dents, ainsi que dans la coagulation et le maintien de la pression sanguine.

– 9 mg de fer: un constituant essentiel des mitochondries et premier responsable du transport de l’oxygène et de la formation des globules rouges.

– 2 mg de zinc, un oligoélément qui joue un rôle important dans l’activation de certaines enzymes et dans la croissance.

– 50 μg de sélénium: principal constituant des sélénoprotéines, dont fait partie la glutathion peroxydase, un antioxydant intracellulaire puissant. Des études scientifiques ont avancé que cet oligoélément prévient plusieurs types de cancer. (8)

– 42 mg de vitamine C, connu surtout pour sa capacité à booster les défenses immunitaires, mais aussi pour son rôle de cofacteur enzymatique, et dans la synthèse de collagène.

– 0,6 à 1,3 mg de vitamine B2, qui assure d’importantes fonctions dans la transformation des aliments simples en énergie.

– des caroténoïdes, dont le bêtacarotène, le béta-cryptoxanthine, le zéaxanthine et leurs isomères, qui ont des activités anti-cancer grâce à leur qualité antioxydante.

– des acides phénoliques, dont l’acide chlorogénique, l’acide caféylquinique, l’acide caféique, et le p-coumarique, qui préviennent et ralentissent l’oxydation des lipides.

– des polysaccharides ou glycanes, qui participent à la formation des structures organiques.

– des flavonoïdes, dont la rutine, le kaempférol, et le diglycoside de quercétol, des antioxydants puissants ayant un effet protecteur contre les effets néfastes des radicaux libres et les maladies cardiovasculaires.

Bienfaits thérapeutiques

Les lignes ci-après présentent les propriétés médicales de la baie de goji, prouvées scientifiquement.

Effet antioxydant

La baie de goji est notamment réputée pour sa propriété antioxydante. Les observations scientifiques ont donc souligné que cette qualité s’explique par la présence de vitamine C, de caroténoïdes, d’acides phénoliques, de flavonoïdes et de polysaccharides en teneurs élevées dans sa composition; qui inhibent de manières différentes la dégradation oxydative. Au cours d’une expérience sur des souris âgées, les polysaccharides extraits de ce fruit ont eu des effets antioxydants en ralentissant le vieillissement des cellules (9).

Cet activité antioxydante a également été remarquée chez des sujets humains âgés, ayant pris pendant 30 jours des extraits de baie de goji aux moments des repas. Une augmentation de 9 % du glutathion peroxydase et 8 % de superoxydes dismustases (SOD) a été notée. (10)

Régulateur de glycémie et de cholestérol

Une autre expérience menée sur des lapins ayant des problèmes d’hyperlipidémie et de diabète a montré que la prise d’extraits de baies de lyciet commun pendant 10 jours successifs a conduit à une baisse du taux de sucre dans le sang. Une diminution non négligeable des taux de triglycérides sanguins et de mauvais cholestérol a aussi été remarquée (11).

Des tests réalisés sur des sujets humains ont également été entrepris pour voir l’efficacité de la baie de goji chez l’Homme. Le groupe soumis à l’expérience comprenait 117 personnes âgées de 52 à 73 ans ayant une bonne santé en générale. Ces patients ont pris une dose de 100 mg/kg d’extraits de goji pendant 3 mois. Les résultats de cette étude ont mis en évidence une amélioration des biomarqueurs antioxydants. Une augmentation du taux de bon cholestérol, HDL, et une diminution du taux de mauvais cholestérol, LDL, dans le sang ont également été observés. (12)

Activité immunostimulante

Des publications scientifiques ont aussi parlé du pouvoir des baies de lyciet commun à stimuler la prolifération de lymphocytes T de la rate, aussi bien in vivo qu’in vitro. Les analyses ont été effectuées chez des souris de laboratoires, qui ont administré des polysaccharides extraits de ces fruits pendant une certaine durée. (13)

Cette propriété des baies de goji à stimuler les défenses immunitaires a également été observée chez l’Homme. Le groupe soumis à l’expérience comptait 75 patients souffrant de différents types de cancer (colorectal, rénal, cutané et pulmonaire) de stade avancé. Les résultats de cette analyse ont indiqué une amélioration de l’état de santé des sujets ayant pris au quotidien une dose élevée de composés purifiés de goji, en complément de leur traitement d’immunothérapie. Les polysaccharides contenus dans ces baies ont agi sur les lymphocytes LAK (lymphokine Activated Killer) de ces patients, des cellules à activité cytotoxique naturelle qui détruisent les cellules tumorales ou infectées de virus. (14)

Baie de Goji « Lycium chinense » : une baie moins étudiée

Autres noms :

Lyciet de Chine, Lycium tibeticum

Particularités :

Le Lyciet de Chine est une variété de Lycium introduite en France, qui y est actuellement exploitée en raison de ses propriétés thérapeutiques.

Cette variété de baie de goji est aussi réputée pour sa capacité antioxydante, mais a fait toutefois l’objet de moins d’études scientifiques, comparé à son compère le lyciet commun. Il n’est pas facile de distinguer ces deux espèces uniquement sur des bases morphologiques ou histologiques de leurs fruits. Des procédés d’analyses moléculaires sont indispensables pour obtenir des résultats plus fiables.

Les baies du lyciet de Chine sont aussi inscrites dans les pharmacopées chinoises et européennes. Point de vue efficacité, elles demeurent néanmoins moins opérantes que les fruits du lyciet commun, selon les différentes constations. Leur teneur moins élevée en principes actifs en est sûrement la cause.

Valeurs nutritives de cette baie de goji

D’après les différentes analyses, les fruits du lyciet de Chine renferment :

– des vitamines C et E aux propriétés antioxydantes.

– de la bétaïne d’une teneur oscillant entre 0,15 à 0,21 % de son poids total. Classé souvent comme alcaloïde mais qui ne l’est pas vraiment, ce composé zwitterionique possède la capacité de faire baisser les triglycérides sanguins, de protéger le foie des conséquences néfastes de l’alcool et de soulager les troubles digestifs. (15)

– des flavonoïdes, dont la rutine à un taux allant de 1,1 à 2,7 % de leur poids total.

– des polysaccharides de type arabinogalactane.

– des sesquiterpènes, qui agissent comme agents de défense contre les organismes extérieurs (parasites, champignons, etc.) chez les plantes vertes.

– des dérivés pyrroliques (composés aromatiques), connus pour leur rôle hépatoprotecteur. (16)

Bienfaits thérapeutiques

Comme il a été mentionné, les études scientifiques menées sur le lyciet de Chine demeurent encore peu nombreuses à ce jour. Les recherches se sont surtout concentrées sur l’activité antioxydante du lyciet commun.

Propriété antioxydante

Cette variété de goji, originaire d’Asie, présente quand même une valeur antioxydante à ne pas négliger. Au cours d’une étude visant à comparer les activités antioxydantes de 25 fruits et légumes achetés sur les marchés de Singapour par la méthode TEAC, il a été découvert que ces baies de goji se trouvaient à la quatrième position juste après la coriandre et devant la menthe des champs. (17)

Efficacité contre les affections des voies respiratoires

Traditionnellement, les différentes parties du lyciet de Chine (écorce, feuilles, fruits) sont utilisées en infusion pour traiter la fièvre, la toux, l’asthme et pour désencombrer les voies respiratoires. Cette propriété a été prouvée scientifiquement lors d’une étude réalisée en Chine sur un groupe de patients souffrant d’asthme. Les sujets traités ont administré pendant une période de 10 jours une décoction préparée à base de 7 plantes médicinales, dont fait partie le goji. La prise de cette médication a conduit à une amélioration de leur état de santé, et à une réduction significative de l’obstruction des voies respiratoires. (18)

Goji
Baies de Goji avant séchage

Acheter votre baie de goji : les critères de sélection

Plusieurs critères peuvent être pris en compte lors de l’achat de baies de goji, pour ne pas se tromper dans ses choix, tels que le titrage en polysaccharides, la variété du lyciet et son origine, et même le procédé d’agriculture utilisé. Bien évidemment, les baies de lyciet commun sont plus intéressantes.

Se méfier des produits en provenance de Chine, car des taux de sulfite trop élevés, dépassant les quantités jugées comme acceptables, y ont été notés par la FDA. (19)

Les formats gélule et capsule sont préférables aux jus et baies séchées, car ils sont non seulement plus efficaces grâce à leur haute concentration en polysaccharides, mais présentent également un risque moindre de contenir des produits irradiés (technique souvent utilisée pour conserver les baies de goji). (20)
Référence :

(1) Pharmacopoeia of the People’s Republic of China, Chemical Industry Press, 2000.
(2) Activité antioxydante TEAC et contenu en phénol total de diverses plantes, d’après Cai et als (2004).
(3) Activité antioxydante ORAC de diverses plantes, d’après USDA.
(4) HW Wen, HP Chung, FI Chou, IH Lin, PCHsieh, « Effects of gamma irridation on microbial decontamination, and chemical and sensory characteristic of lycium fruit », Radiation Physics and Chemistry, vol. 75,‎ 2006, p. 596-603
(5) Young G., R. Lawrence, and M. Schreuder, Discovery of the Ultimate Superfood, Essential Science Publishing, 2005.
(6) CC Wang, SC Chang, B. Stephen Inbaraj, BH Chen, « Isolation of carotenoids, flavonoids and polysaccharides from Lycium barbarum L. and evaluation of antioxidant activity », Food Chemistry, vol. 120,‎ 2010, p. 184-192.
(7) Jane Higdon, Victoria J. Drake et Jiang He. Potassium, Linus Pauling Institute Micronutrient Information Center, 2009.
(8) C. Clark, G. F. Combs Jr, B. W. Turnbull, E. H. Slate, D. K. Chalker, J. Chow, L. S. Davis, R. A. Glover, G. F. Graham, E. G. Gross, A. Krongrad, J. L. Lesher Jr, H. K. Park, B. B. Sanders Jr., C. L. Smith, J. R. Taylor. Effects of selenium supplementation for cancer prevention in patients with carcinoma of the skin. JAMA 1996; 276:1957-1963.
(9) XM. Li, YL Ma, XJ Liu, « Effects of theLycium barbarumpolysaccharides on age-related oxidative stress in aged mice », Journal of Ethnopharmacology,vol. 111,‎ 2007, p. 504-511, 28.
(10) H. Amagase, BX Sun, C. Borek, « Lycium barbarum (goji) juice improves in vivo antioxidant biomarkers in serum of healthy adults », Nutrition Research, vol. 29,‎ 2009, p. 19-25.
(11) Q. Luo, Y. Cai, J. Yan, M. Sun, H. Corke,« Hypoglycemic and hypolylipidemic effects and antioxidant activity of fruits extracts from Lycium barbarum »,Life Sciences,vol. 76,‎2004,p. 137-14937.
(12) D. Yu, J. Wu, A. Niu, « Health-promoting effect of LBP and health Qigong exercice on physiological functions in old subjects », Carbohydrate Polymers, vol. 75,‎ 2009, p. 312-316.
(13) Z. Chen, B. Tan, S. H. Chan, « Activation of T lymphocytes by polysaccharide-protein complex from Lycium barbarum L. », International Immunopharmacology, vol. 8,‎ 2008, p. 1663-1671.
(14) Cao GW, Yang WG, Du P. Observation of the effects of LAK/IL-2therapy combining with Lycium barbarum polysaccharides in the treatment of 75 cancer patients. Zhonghua Zhong Liu Za Zhi. 1994 Nov;16(6):428-431.
(15) Site d’information médicale grand public Vidal France.
(16) YW Chin, SW Lim, SH Kim, DY Shin, YG Suh, YB Kim, YC Kim, JW Kim, « Hepatoprotective pyrrole derivative of Lycium chinense fruits », Bioorganic & Medicinal Chemistry Letters, vol. 13,‎ 2003, p.79-81.
(17) S. Wong, L. Leong, J. Koh, « Antioxidant activities of aqueous extracts of selected plants », Food Chemistry,vol. 99,‎2009, p. 775-783.
(18) Fu JX. Measurement of MEFV in 66 cases of asthma in the convalescent stage and after treatment with Chinese herbs. ZhongXi Yi Jie He Za Zhi. 1989 Nov;9(11):658-9, 644.
(19) Strong America Limited Issues Alert on Undeclared Sulfites in Great Wall Brand Chinese Wolfberry. Communiqué de la FDA, septembre 2007, États-Unis.
(20) Food Safety Authorithy of Ireland. Irradiated Food Survey, 2007.