Klamath

Klamath, une prodigieuse algue peu connue

Cousine de la Chlorelle et de la spiruline, la klamath est une algue bleu-vert aux vertus thérapeutiques appréciables. Son utilisation en tant que médication date depuis quelques années. Cette micro-algue n’a pas été, en effet, consommée à la manière d’un aliment de façon traditionnelle, comme tel est le cas de la spiruline qui entra dans la préparation de gâteaux il y a plus de 6 000 ans. Aujourd’hui, c’est quand même l’un des ingrédients les plus utilisés par les fabricants de compléments alimentaires, de par sa riche diversité d’éléments nutritifs.

Contrairement à ses congénères, la klamath n’a fait l’objet que de quelques études cliniques indépendantes. C’est la raison pour laquelle, il est pratiquement difficile de trouver de longues informations avec des expériences à l’appui sur la Toile. Toutefois, vous trouverez ici les principaux bienfaits de cette micro-algue, prouvés et reconnus par les chercheurs.

Présentation de la klamath

Klamath, une des rares espèces de cyanobactérie non toxiques aux vertus multiples
Klamath, une des rares espèces de cyanobactérie non toxiques aux vertus multiples

Originaire du lac Klamath situé en Oregon, États-Unis, l’algue klamath est une des rares espèces de cyanobactérie non toxiques, qui possèdent une valeur nutritionnelle notable. Les statistiques ont révélé un effectif impressionnant de nutriments, à hauteur de 115 unités, présents dans sa composition. Presque toute la gamme de vitamines, indispensables pour le maintien d’une bonne santé, telles que les vitamines A, C et E, celles du groupes B, ainsi que des provitamines, y est disponible.

Cette algue bleue renferme aussi à une teneur impressionnante une grande variété de minéraux, dont des sels minéraux à l’instar du magnésium, du calcium, du potassium du sodium, et du phosphore, ainsi que des oligo-éléments tels que le fer, le zinc, le chlorure, l’iode, le manganèse, le cuivre et bien d’autres encore. Une des qualités distinctives de la klamath est la présence de bore dans sa composition, un oligo-élément peu connu qui, selon les scientifiques, permet de protéger l’organisme des maladies musculo-squelettiques et des cancers à une dose non toxique de 1 à 13 mg/jour (1).

La klamath est aussi une concentration de protéines, à hauteur de 70 %. C’est la raison pour laquelle, celle-ci est conseillée comme supplément à l’alimentation aux personnes souffrant de malnutrition, végétariens et sportifs.

Les autres composants de cette algue comprennent la chlorophylle, les diverses enzymes qui sont essentielles à la digestion, les flavonoïdes au pouvoir antioxydant, les acides gras, et les cofacteurs d’enzymes indispensables pour les différentes réactions au sein de l’organisme. Justement, en parlant d’enzymes, la klamath est un des produits de la nature qui contiennent des superoxydes dismutases (SOD). Ces enzymes sont nécessaires pour protéger l’organisme des effets néfastes du stress oxydant, et pour prévenir diverses maladies telles que la cataracte, le cancer du foie et la maladie de Charcot (maladie neurodégénérative qui se traduit par la destruction progressive des neurones) (2).

La klamath répond aux noms scientifiques d’Aphanizomenon flos-aquae, abrégé AFA, de spirulina platensis ou encore de microcystis aeruginosa.

Propriétés médicales

La liste suivante présente les bienfaits thérapeutiques de la klamath reconnus et approuvés comme exacts par les scientifiques.

Soulager les symptômes de la ménopause

Des études scientifiques ont révélé dans leur rapport que les extraits de klamath jouent un rôle essentiel dans le maintien du bien-être, chez les femmes ménopausées. Durant l’expérimentation, 30 patientes subdivisées en deux groupes, ont pris quotidiennement des comprimés à base de cette algue d’une dose 1 600 mg/jour et des placebos, pendant 8 semaines. Résultats, les individus ayant pris la klamath ne présentent plus les symptômes liés au changement hormonal (troubles de l’humeur, bouffées de chaleur, et baisse de libido) et ont une meilleure qualité de vie. (3)

Stimuler les défenses immunitaires

Une autre propriété médicale de la klamath mise en évidence par les scientifiques est sa capacité de booster les défenses immunitaires, en augmentant la fonction des cellules Natural Killer (cellules NK) de la moelle osseuse, ou cellules tueuses naturelles en français, qui se trouvent à la première ligne en termes de défenses immunitaires. Ces dernières sont connues scientifiquement capables de tuer les cellules infectées de microbes ou atteintes de tumeur, et de lyser des cellules étrangères, tout en assurant la sécrétion de cytokines. Lors des expériences, une amélioration à plus de 50 % de l’activité de ces cellules NK a été notée. (4)(5)

Source de nutriments pour les organes et cellules

La richesse en vitamines, acides aminés, et en minéraux de la klamath fait de cette micro-algue une source non négligeable de nutriments pour les organes, les cellules et les différents tissus de l’organisme. Certains acides aminés contenus dans cette algue sont capables de franchir la barrière hémato-encéphalique et de stimuler la synthèse de neuropeptides par les neurones, selon les observations. Ces neuropeptides jouent pourtant de grands rôles dans le cerveau, entre autres réguler le sommeil, l’éveil, la douleur et les émotions, assurer la transmission de l’information, ou encore soutenir la mémoire. La klamath est aussi enrichie en acides nucléiques, qui contribuent à la croissance, la régénération, le développement et la réparation des cellules. (6)

Agir comme un anti-inflammatoire

Il a été aussi constaté dans certaines études scientifiques que la klamath est riche en phycocyanine (un des pigments responsables de la coloration bleue-verte des cyanobactéries) qui non seulement possède une activité anti-inflammatoire, mais agit également comme un protecteur des cellules et du système sanguin, un stimulant des défenses immunitaires, un anti-radicalaire et un antioxydant puissant. (7)

Autres informations sur cette algue

Bien que la klamath soit non toxique, celle-ci se développe dans un écosystème lithique qui subit actuellement une importante perturbation, et est en compagnie d’autres cyanobactéries, qui produisent des toxines dites microcystines, dangereuses pour le foie. Les risques de contamination sont donc élevés, d’où la limite régulatoire imposée par les autorités sanitaires de l’Oregan concernant le taux de microcystines admis dans sa composition.

Pour éviter donc les éventuelles intoxications, il reste prudent de se tourner vers des produits cultivés en milieu non pollué, et qui ont fait l’objet de contrôle par des laboratoires indépendants, avant leur mise en circulation sur le marché. La dose admise pour profiter de ses bienfaits est de 1 à 3 g par jour, soit 2 à 6 comprimés environ, pour une durée de traitement de 1 à 2 mois.

Références :

(1) M. Korkmaz (2011) « Boron: Environmental Exposure and Human Health »., Encyclopedia of Environmental Health, Pages 442–445.
(2) HX Deng, A Hentati, JA Tainer, ZIqbal, A Cayabyab, WY Hung, ED Getzoff, PHu, B Herzfeldt, RP Roos, C Warner, C Deng, E Soriano, C Smyth, HE Parge, A Ahmed, AD Roses, RA Hallewell, MAPericak-Vance et TSiddique, « Amyotrophic lateral sclerosis and structural defects in Cu, Zn superoxide dismutase. », Science, vol. 261, no 5124,‎1993, p. 1047-1051.
(3) Genazzani AD, et al. Effects of Klamath Algae extract on psychological disorders and depression in menopausal women: a pilot study. Randomized controlled triall. Minerva Ginecol. 2010.
(4) Hirahashi T, Matsumoto M, Hazeki K, et al. Activation of the human innate immune system by Spirulina: augmentation of interferon production and NK cytotoxicity by oral administration of hot water extract of Spirulina platensis. Int Immunopharmacol 2002;2:423-34.
(5) Jensen GS, Ginsberg DJ, Huerta P, et al. Consumption of Aphanizomenon flos-aquae has rapid effects on the circulation and function of immune cells in humans. A novel approach to nutritional mobilization of the immune system. JANA 2000;2:50-6.
(6) Kushak RI, Drapeau C, Van Cott EM, Winter HH. Favorable effects of blue-green algae Aphanizomenon flos-aquae on rat plasma lipids. JANA2000;2:59-65.
(7) Romay C, Armesto J, Remirez D, et al.Antioxidant and anti-inflammatory properties of C-phycocyanin from blue-green algae. Inflamm Res 1998;47:36-41.