Miel de Manuka

Pot miel de manuka

Le miel de Manuka, comparé aux autres variétés de miel, possède de plus de propriétés médicales. Ceci s’explique par sa teneur élevée en principes actifs, notamment en peroxyde d’hydrogène produit par une enzyme spécifique contenue uniquement dans cet aliment. C’est grâce à la présence de cette substance chimique que la plupart des miels ont des actions antibactériennes et antiseptiques. Voilà pourquoi, durant des siècles, on utilise ce petit prodige de la nature pour accélérer la guérison des plaies et des infections de tout genre. Aujourd’hui encore, il est recommandé pour venir à bout de nombreux problèmes de santé. Attention cependant, tous les miels de Manuka ne se valent pas. D’où l’importance de bien connaitre ses véritables particularités. Les lignes suivantes vous aident à bien faire votre choix pour mieux profiter de ses vertus.

Présentation du miel de Manuka

Issu d’une plante aux vertus appréciables

Le miel de Manuka, comme son nom l’indique, provient du Manuka ou Kahikatea (selon les Maoris), un arbrisseau appartenant à la lignée des Myrtacées. Cet arbuste qui fait rarement plus de 3 m de haut, affectionne les sols acides et le climat doux et océanique de la Nouvelle-Zélande, de l’Australie et de la Tasmanie, où il croit à l’état sauvage. Il répond au nom de Leptospermum scoparium en langage scientifique.

Cette plante aux vertus médicinales non négligeables – puisqu’on utilise ses feuilles pour fabriquer de l’huile essentielle de Manuka connue pour ses propriétés décongestionnantes, antiseptiques et antifongiques – ne doit pas être mélangée avec le Camellia sinensis ou le théier, qui est une espèce très proche de celle-ci. Le Manuka fait, en effet, partie des arbustes qui ont reçu la qualification de « tea-tree » par les Anglais, qui est littéralement traduit en français par « arbre à thé », bien qu’il ne fasse pas partie de la famille des Théacées. Il ne s’agit pas non plus du fameux arbre à thé que nous connaissons, appelé scientifiquement Melaleuca alternifolia, une autre espèce d’arbuste de la famille des Myrtacées également.

Le miel de Manuka est fabriqué par les abeilles à partir des pollens des fleurs de Manuka
Le miel de Manuka est fabriqué par les abeilles à partir des pollens des fleurs de Manuka

Le Manuka se distingue de toutes ces plantes par son feuillage vert foncé, petit, allongé et odorant, à écorce écaillée. Au printemps, l’arbre se pare de petites fleurs blanches agréablement parfumées, où les abeilles butinent et recueillent le suc pour composer la susbtance liquide, sucrée et visqueuse qu’est le miel.

Particularités de ce miel

Cette variété de miel est produite par des races d’abeille originaires d’Europe, l’Apis mellifera à partir du pollen des fleurs de Manuka. Pour pouvoir être qualifié ainsi, il faut que 70 % de sa teneur en pollen au cours de la production proviennent de cet arbuste. Au moment où les fleurs du Leptospermum scoparium s’épanouissent, en effet, celles des autres espèces de Myrtacées comme le Kunzea ericoides éclosent également. Ces deux variétés de plante se développent pourtant dans les mêmes zones en Nouvelle-Zélande et au sud-est de l’Australie. Il est quasiment difficile de différencier leurs pollens, tellement leurs morphologies sont proches.

Le miel de Manuka est plus sombre et épaisse
Le miel de Manuka est plus sombre et épaisse

Le miel de Manuka, comparé au miel de Kunzea, est plus sombre. Sa robe est de couleur crème à brune foncée, tandis que celle de son compère est plutôt jaune pâle. Pour ce qui est de sa texture, elle est très visqueuse en raison des suspensions colloïdales formées par des protéines présentes dans sa composition. Le miel de Kunzea, par contre, est plus fluide. Côté saveur, ce miel de la Nouvelle-Zélande a un plus goût prononcé, un mélange d’arômes boisés, fruités et d’eucalyptus tandis que celui de Kunzea est plus doux et floral. (1)

Ses principaux principes actifs

Cette variété de miel doit ses propriétés médicales à sa haute teneur en principes actifs.

En avril 2008, suite à des recherches effectuées par le Professeur Thomas Henle et son équipe de l’Université de Dresde, des molécules actives responsables des bienfaits de ce miel ont été identifiées par le biais de deux techniques dont le RP-HLC (Reversed-Phase High-Performance Liquid ou Chromatographie en phase inversée) et par détection UV.

– Les 6 miels de Manuka néo-zélandais testés et comparés avec d’autres variétés de miel ont présenté des quantités élevées en 1,2-dicarbonyle 3-désoxyglucosulose, méthylglyoxal et en glyoxal. Le méthylglyoxal, qui y est contenu, est doté d’une teneur allant de 38 à 761 mg/kg, soit 100 fois plus élevée que ceux des autres miels. Ce composé chimique, connu aussi sous les noms de pyruvaldéhyde et 2-oxopropanal, est un aldéhyde de l’acide pyruvique, possédant une activité antibactérienne. (2)
– Il est connu également que les miels renferment du peroxyde d’hydrogène, ou eau oxygénée, à des concentrations variées selon l’espèce de plante que l’abeille aura butinée. Il est important de savoir, cependant, que cette substance n’est visible dans le miel que suite à une réaction, qui se produit au contact de l’eau. La présence d’eau dans les miels déclenche, en effet, l’activité de l’enzyme gluco-oxydase qui transforme le glucose, l’eau et le dioxygène en peroxyde d’hydrogène et acide gluconique. Le peroxyde d’hydrogène du miel – à la fois oxydant et réducteur – une fois au contact de la peau lésée, provoque une réaction d’oxydo-réduction qui suscite la formation de dioxygène. C’est ce dioxygène qui dénature les protéines des micro-organismes venant se loger sur les plaies et les blessures.

Propriétés médicales du miel de Manuka

Un cicatrisant naturel

Le miel, en particulier celui du Manuka, fut utilisé depuis plusieurs siècles dans la médecine traditionnelle pour favoriser la cicatrisation des plaies. En médecine générale comme en chirurgie, nombreux sont les médecins qui ont recours à ce produit naturel pour soigner les blessures, limiter les infections et améliorer la cicatrisation.

Le miel de Manuka utilisé pour panser les plaies et blessures
Le miel de Manuka utilisé pour panser les plaies et blessures

Ce dossier datant de 2008, se portant sur l’effet cicatrisant de ce miel, a répertorié quelques professionnels de la médecine moderne qui utilisent ce produit naturel, entre autres le Président de l’Association francophone d’apithérapie (AFA), le Pr Bernard Descottes du CHU de Limoges ainsi qu’un nombre appréciable de médecins qui travaillent à l’hôpital européen Georges-Pompidou. D’après ces professionnels, les pansements au miel permettent de prévenir les infections des plaies et d’apaiser les tissus lésés.

Cette même revue a aussi parlé d’un essai clinique mené par David Lechaux, expert en chirurgie digestive au centre hospitalier de Saint Brieuc, sur un échantillon de 60 patients. Le but de cette expérience a été de comparer l’action du miel à celle d’une pommade cicatrisante. Les résultats étaient impressionnants, aussi bien sur la durée de la cicatrisation que sur la taille et l’aspect de la cicatrice. Depuis plus de 5 ans déjà, ce chirurgien conseille à ses patients de consommer ce miel pour accélérer la guérison des plaies cavitaires dues à des maladies digestives. (3)

Remède contre l’ulcère de l’estomac

Certaines études scientifiques ont aussi démontré l’effet bénéfique de ce miel en cas d’ulcère gastrique. Ce dossier a rapporté quelques exemples de ces expériences qui ont démontré le mécanisme de son action sur le paroi de l’estomac.

Lors de cet essai clinique, 20 rats adultes mâles souffrant d’ulcère gastrique ont été répartis en deux groupes, dont le premier nourri au miel (1ml de miel pour chaque 10 ml d’eau consommée) et l’autre recevant une nourriture normale et de l’eau pure. Après un traitement de 22 semaines, les sujets testés ont subi un contrôle. Les résultats ont montré une forte amélioration de la paroi gastrique des rats soumis au miel de Manuka.

Les chercheurs ont conclu que cette variété de miel favorise la guérison des plaies et des troubles gastro-intestinaux. Pour agir efficacement cependant, ce produit doit être pris à jeun. (4)

Efficace contre les brûlures

Des scientifiques ont essayé de voir jusqu’où le miel de Manuka et les autres variantes de miel peuvent guérir des plaies. Dans cette expérience, entre autres, l’objectif a été de constaté si ce produit est capable d’agir sur des lésions importantes dues, à des brûlures, des abrasions, des grands traumatismes, ou à des plaies chroniques en cas d’ulcère diabétique, veineux ou artériel.

Testé sur des animaux de laboratoire, ce miel a été utilisé à la manière d’un pansement sur leurs peaux brûlées. Il a été constaté une baisse de la durée de cicatrisation des lésions, allant de 4,28 jours à 5,09 jours selon leur gravité. Ce remède naturel a agi plus efficacement sur des brûlures superficielles, légères à modérées. (5)

Propriété antimicrobienne

Pas mal de données scientifiques soutiennent également l’activité antimicrobienne du miel de Manuka. Aucune étude n’a, cependant, conseillé dans ses rapports l’utilisation systématique de ce produit naturel comme agent antibactérien, antifongique, et encore moins antiviral.

Cette revue scientifique, datant de 2014, détaille dans ses paragraphes le mécanisme d’action de ce miel dans ce domaine. Les chercheurs se sont basés sur le fait que durant plus deux siècles, nombreux sont ceux qui utilisent cette médication naturelle pour venir à bout des petits bobos à la manière d’un antiseptique, sans connaitre réellement ses véritables actions.

Les observations scientifiques in vitro réalisés ont donc permis de constater que ce produit est capable de bloquer la prolifération des micro-organismes, tout d’abord grâce à son pH acide et à son effet osmotique ; et puis à la présence de bactéricides dans sa composition, à savoir le peroxyde d’hydrogène, le méthylglyoxal, le lysozyme, les polyphénols, les acides phénoliques, les peptides d’abeilles et les autres antioxydants. Les chercheurs ont aussi remarqué que cet antiseptique possède des propriétés immunomodulatrices et anti-inflammatoires.(6)

Soin des ongles incarnés

Certains scientifiques ont aussi remarqué que le miel de Manuka peut être employé pour traiter les problèmes d’ongles incarnés, et éviter ainsi les petites opérations chirurgicales qui ne sont pas toujours indolores.

Cette revue scientifique, par exemple, a répertorié 24 études contrôlées et randomisées, portant sur des interventions non chirurgicales et chirurgicales d’ongles incarnés, ou « unguis incarnatus » en jargon de la médecine. Ces essais ont été réalisés sur un échantillon total de 2 826 participants, pendant au moins un mois. Ils ont été sélectionnés pour leurs méthodes fiables et leurs résultats plus concrets, avec une intervalle de confiance à hauteur de 95 %.

Diverses méthodes de traitement non chirurgicales ont été adoptées, dont l’usage de miel de Manuka. Les scientiques ont donc fait la remarque suivante quant à son utilisation : ce produit naturel a permis de lutter contre les infections et d’accélérer la guérison des ongles incarnés. Son action a été similaire à celles des autres produits utilisés, comme la gaze imprégnée de paraffine, les antibiotiques, l’hydrogel avec paraffine et la povidone iodée avec paraffine. (7)

Bien choisir son miel de Manuka

Choisir un pot de miel de Manuka avec un UMF élevé
Choisir un pot de miel de Manuka avec un UMF élevé

Pour agir efficacement sur les bactéries et offrir tous ces bienfaits susmentionnés, le miel de Manuka doit présenter une teneur élevée en méthylglyoxal, l’un de ses principaux composants actifs. Afin donc de connaitre si tel miel est plus opérant qu’un autre, des scientifiques ont donc établi des classements pour cette variété de miel, connus par des labels, tels que UMF ou Unique Manuka Factor qui indique le niveau de son activité antiseptique, et MGO qui fait référence à son taux de méthylglyoxal. On peut voir ces labels sur le pot de miel. Normalement, les marques authentiques n’hésitent pas à renseigner sur leurs étiquettes ces valeurs, détérminées par des laboratoires de contrôle externes.

L’UMF présente une valeur comprise entre 0 et 25. Plus le miel est de qualité, plus cette valeur est élevée. Préférez donc un pot de miel avec une inscription UMF+20 au lieu de UMF+10. L’indice 20 signifie tout simplement que le produit possède une activité bactérienne identique à une solution aqueuse à 20 % de phénol.

Le MGO indique, par contre, la teneur en méthylglyoxal exprimée en mg/kg. Un pot de miel qui affiche sur son étiquette la valeur MGO 550 signifie donc que vous avez en face de vous un miel qui renferme dans les 550 mg de méthylglyoxal par kilo.

À part ces deux indices, d’autres producteurs peuvent également utiliser des labels différents pas très courants, comme le TPA ou Total Peroxydique Activity par exemple qui indique l’activité du miel due à la présence de méthylglyoxal et de peroxyde d’hydrogène dans sa composition.

Dans tous les cas, ces labels indiquent la même chose, et d’ailleurs il y a certaines équivalences qui existent entre eux comme : 550 mg/kg de MGO = UMF 25+

Miel de Manuka : Posologie

L’utilisation du miel de Manuka ne présente aucun effet secondaire.

– Pour soigner des plaies d’une envergure de 5 cm, appliquer à la surface une cuillerée à soupe de ce remède naturel après les avoir lavés soigneusement à l’eau chaude.

– En cas d’ulcère d’estomac ou de troubles gastro-intestinaux, prendre une cuillerée à soupe de ce miel à raison de 4 fois par jour en dehors des repas. Eviter de boire dans les quelques minutes qui suivent la prise de cette médication.

– Pour apaiser les brûlures, appliquer sur la peau lésée une couche de miel après l’avoir passé sous l’eau froide, puis y déposer une gaze propre à changer tous les jours jusqu’à la guérison.

– Pour désinfecter le nez et la gorge à cause d’un vilain rhume ou d’une toux, mélanger une cuillerée à café de cette variété de miel à de l’eau chaude ajouté de jus d’un citron frais.

Références

(1) Jonathan McD Stephens. « The factor responsible for the varying levels of UMF® in Manuka (Leptospermum scoparium) honey ». Doctorate thesis. 2006.
(2) Thomas Henle, Mavric E and al. « Identification and quantification of methylglyoxal as the dominant antibacterial constituent of Manuka (Leptospermum scoparium) honeys from New Zealand ». Mol Nutr Food Res. 2008.
(3) Dossier scientifique : Compresses au miel. National Geographic France, n°100, Janvier 2008.
(4) Luca Tamburelli. Dossier : « Le miel aide à traiter les ulcères d’estomac ». Miellerie de Chanteclair, Juin 2017.
(5) Anthony Rodgers, Andrew B Jull, Natalie Walker. « Honey as a topical treatment for wounds ». Cochrane Wounds Group. Oct 2008.
(6) Israili, Zafar H, MS, PhD. « Antimicrobial properties of Honey ». American Journal of Therapeutics, july-August 2014, vol 21, issue 4:p304-323.
(7) Just AH Eekhof and al. « Interventions for ingrowing toenail ». Cochrane Skin Group. April 2012.