Lèpre

Présentation de la lèpre

La lèpre, appelée aussi maladie de Hansen, infection contagieuse due au bacille Mycobacterium leprae
La lèpre, appelée aussi maladie de Hansen, infection contagieuse due au bacille Mycobacterium leprae

La maladie de Hansen, mieux connue sous le nom de lèpre, est provoquée par une infection due au bacille Mycobacterium leprae. Il s’agit d’une bactérie découverte en 1873 par Gerhard Armauer Hansen qui peut causer chez l’homme une atteinte des nerfs périphériques, pouvant conduire à d’irréversibles mutilations et infirmités en l’absence de traitement. Cette maladie chronique est contagieuse mais n’est pas héréditaire. Sa transmission congénitale est, en outre, assez rare.

Bien qu’il ne s’agit plus d’un problème de santé à l’échelle mondiale depuis les années 1940, la pathologie de Hansen demeure endémique dans certains pays dont l’Asie du sud-est. Les 180.000 cas recensés et les 210.000 nouveaux cas notifiés par l’OMS en 2015 indique sa continuelle contagion.

Causes de la lèpre

Le mode de transmission du bacille M. leprae, responsable de la pathologie de Hansen, n’est pas encore réellement identifié. Certains facteurs sont, toutefois, reconnus comme pouvant favoriser la propagation de la maladie.

– Contact avec les humeurs buccales ou nasales d’un lépreux contagieux dans lesquelles les mycobactéries seraient en quantité importante. Le contact doit généralement être fréquent et prolongé pour qu’il y ait transmission ;
– Infection d’une blessure, d’une plaie par les mycobactéries suite à un contact avec les mucosités d’un porteur ;
– Manque d’hygiène ;
– Mauvaise aération et humidité fréquente des pièces permettant aux mycobactéries de se propager ;
– Utilisation d’objets infectés tels que serviettes, couche, oreillers ;
– Utilisation d’ustensiles de tables mal stérilisés tels que fourchettes, cuillères, tasse ;
– Contact direct avec un sol contaminé tel que par le crachat ou l’humeur nasale d’un lépreux ;
– Certains insectes et animaux semblent être des vecteurs possibles de la transmission de la maladie. Parmi ceux-ci, il y a entre autres les moustiques, punaises, tatous à neuf bandes (Dasypus novemcinctus), écureuil roux (Sciurus vulgaris).

Manifestations de la lèpre

Manifestations de la lèpre : atteintes cutanées, lésions des nerfs, tuméfactions des ganglions, glaucome, ...
Manifestations de la lèpre : atteintes cutanées, lésions des nerfs, tuméfactions des ganglions, glaucome, …

Deux formes principales de la maladie de Hansen sont à distinguer, présentant chacune ses propres symptômes et caractéristiques.

Forme dite paucibacillaire

Cette forme correspond surtout à la lèpre tuberculoïde. Elle se caractérise essentiellement par :

– Des atteintes cutanées unique ou en petit nombre (1 à 5), dépigmentées, insensibles, non prurigineuses ;
– Lésions des nerfs périphériques sévères dues à une intense réaction immune et pouvant causer de graves neuropathies permanentes telles que faiblesse des muscles, paralysie des membres, mutilation, invalidité ;
– Temps d’incubation entre 3 à 5 ans dans la plupart des cas ;
– Cette forme de la pathologie de Hansen est non contagieuse ;

Forme dite multibacillaire

Celle-ci correspond au type lépromateux et intermédiaire de la maladie de Hansen. Elle peut être reconnue par :

– Des lésions disséminées de la peau, en papules et aux bords flous ;
– Lésion des nerfs périphériques moins sévère due à une faible réaction de l’immunité ;
– Atteintes du sphère ORL avec saignement, perforation nasale, mutilation, perte des dents ;
– Atteintes des yeux telles que glaucome, cataracte, conjonctivite avec possibilité de cécité ;
– Tuméfaction de ganglions à de nombreux endroits du corps ;
– Stérilité ;
– Temps d’incubation entre 9 à 12 ans ;
– C’est cette forme de la maladie de Hansen qui est transmissible. Dans certains cas, elle peut être asymptomatique mais reste toutefois contagieuse.

Traitements de la lèpre

Le traitement le plus reconnu aujourd’hui comme pouvant soigner la maladie de Hansen est la polychimiothérapie, combinant trois antibiotiques la dapsone, la rifampicine et la clofazimine, suivie sur une période de 6 mois à 2 ans selon la stade de la maladie. Une fois ce traitement débuté, le lépreux n’est plus contagieux.

D’autres remèdes se sont également avérés efficaces lors de certaines observations.

– Selon certains scientifiques, le vaccin contre la tuberculose, le BCG, a des effets protecteurs contre la lèpre (1). Ceci s’explique notamment par la très forte ressemblance entre le bacille de Koch responsable de la tuberculose et le bacille de Hansen ;
– D’anciennes études menées sur la pathologie de Hansen préconisaient l’emploi de chaulmoogra (Hydnocarpus kurzii) pour guérir les lépreux. Selon des études scientifiques menées plus tard sur la plante, l’acide chaulmoogrique et l’acide hydnocarpique qu’elle contient en grande quantité peuvent inhiber la prolifération des mycobactéries (2) ;
– De récentes études qui datent de 2015 semblent en outre soutenir les bienfaits thérapeutiques de l’huile du takamaka (Calophyllum inophyllum) avancés dans les années 1930 comme efficaces contre la lèpre. Selon ces études scientifiques, cette huile présente effectivement des propriétés antibactériennes et cicatrisantes pour la peau (3).

Référence

(1) Bobin P., « Traitement actuel de la lèpre », Archive, Que faire ?, p. 6.
(2) P.L. Jacobsen et L. Levy, « Antimycobacterial Agents and Chemotherapy.», 1973, p. 373-379
(3) Léguillier T., Lecsö-Bornet M., Lémus C. et Rousseau-Ralliard D., « The Wound Healing and Antibacterial Activity of Five Ethnomedical Calophyllum inophyllum Oils: An Alternative Therapeutic Strategy to Treat Infected Wounds »,PloS One,vol. 10,no 9,‎ janvier 2015, e0138602.