Chancre mou

Définition du chancre mou

Haemophilus ducreyi ou bacille de Ducrey qui cause l'infection bactérienne sexuellement transmissible dite Chancre mou
Haemophilus ducreyi ou bacille de Ducrey qui cause l’infection bactérienne sexuellement transmissible dite Chancre mou

Le chancre mou est une infection bactérienne sexuellement transmissible causée par Haemophilus ducreyi ou bacille de Ducrey. Il est fortement contagieux et ne procure aucune immunité, autrement dit, tout contact avec la bactérie peut être à l’origine de l’infection y compris chez les personnes ayant déjà été guéries de celle-ci.

Cette pathologie peut affecter aussi bien les hommes que les femmes après une relation sexuelle non protégée. Elle peut entre autres être reconnue par l’apparition sur la zone d’inoculation d’un chancre au fond mou qui est à la fois prurigineux et très douloureux.

Chez les hommes, cependant, les symptômes semblent plus intenses que chez les femmes, permettant alors de reconnaître plus précocement la maladie. Pour ce qui est par ailleurs de sa prévalence, la chancrelle est une des causes les plus fréquentes d’ulcération génitale dans les pays du sud alors qu’elle est plus rare dans les pays développés.

Autres appellations : Chancrelle et Chancre de Ducrey

Cause du chancre mou

La chancrelle est une infection sexuellement transmissible due au bacille de Ducrey. Certains facteurs peuvent donc augmenter le risque de contamination par cette bactérie. Parmi ceux-ci, il y a entre autres :

– Relation sexuelle avec une personne infectée par Haemophilus ducreyi ;
– Rapports sexuels non protégés avec des personnes à risque dont notamment les sujets ayant de nombreux ou ayant fréquemment changé de partenaires sexuels, les travailleurs du sexe tels que les prostituées ou les acteurs de pornographie ;
– Vie sexuelle active avec plusieurs ou changements fréquents de partenaires sexuels ;
– Prostitution et pornographie ;
– Abus sexuel ;
– Grattage des lésions qui peut être à l’origine de la multiplication des chancres dans les zones génitales.

Manifestations du chancre mou

Manifestations du chancre mou : lésions, démangeaisons, douleurs au niveau des parties génitales
Manifestations du chancre mou : lésions, démangeaisons, douleurs au niveau des parties génitales

Le chancre de Ducrey peut être reconnu par certains symptômes caractéristiques dont notamment :

– Période d’incubation moyenne d’une semaine. Dans certains cas, elle peut ne durer qu’un jour, dans d’autres les premiers symptômes peuvent n’apparaître que deux semaines après la contamination ;
– Apparition de plusieurs papules rosées et douloureuses sur la zone d’inoculation. Chez l’homme, il s’agit en général du prépuce ou du gland. Chez la femme, la lésion se manifeste le plus souvent dans le vagin ou sur la vulve ;
– Effondrement des lésions qui vont devenir des chancres au fond non induré et au bord déchiqueté. Ceux-ci sont très douloureux et peuvent avoir des tailles variables selon le cas ;
Démangeaisons importantes des lésions. Le grattage peut, cependant, favoriser l’apparition de nombreux autres chancres dans la partie génitale ;
Inflammation et rougeur des bords des chancres ;
– Gonflement des ganglions de la région inguinale qui peuvent par la suite s’ulcérer et suppurer. L’adénopathie est souvent unilatérale.

En l’absence de traitement, la chancrelle peut conduire à diverses complications dont une un phimosis (auto-décalottage impossible du gland du pénis), une sténose urétrale (rétrécissement de l’urètre), une infection de la lésion voire à une gangrène qui peut nécessiter une amputation.

Traitement du chancre mou

En cas de chancrelle, une prise en charge doit être débutée au plus tôt pour éviter les complications et le risque de contaminer d’autres personnes. Certains traitements sont, à cet effet, avancés comme pouvant être utilisés en cas d’infection au Haemophilus ducreyi.

– La meilleure façon de prendre en charge cette IST est la prévention. Pour cela, l’utilisation de préservatifs lors des rapports sexuels peut aider à réduire le risque de contamination au bacille de Ducrey. N’avoir qu’un seul partenaire reste toutefois la meilleure option pour prévenir toute infection sexuelle ;
À part le traitement de l’infection par antibiothérapie, certaines études avancent les bienfaits de l’usage du Mitracarpus scaber (1), une plante africaine également connue pour ses effets laxatif, anti-fongique, ocytocique (stimulation des contractions utérines) ainsi que pour son efficacité contre diverses dermatoses ;
– Une autre étude met en évidence l’efficacité de la Griffonia (Griffonia simplicifola) en cas de chancrelle. Le traitement consiste à emplâtrer de l’écorce de la plante sur les lésions (2) ;
– Selon une publication, l’Annona senegalensis peut également être utilisé en cas de chancrelle. Le remède comprend alors d’une part en l’application locale d’un mélange de poudre de racine et d’écorce de cet arbre avec du beurre de karité et d’autre part à la prise orale d’une pincée de cette poudre avec de l’eau (3).

Références

(1) Bouquet A et Debray M., «Plantes Médicinales de Côte d’Ivoire.», ORSTOM, N°32, France, 1974.
(2) Ghédira K., et al., «Griffonia : Griffonia simplicifolia (Fabaceae)», Phytothérapie, 2018
(3) Maladies sexuellement transmissibles, Médecine traditionnelle ancestrale.

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