Cytomégalovirus

Présentation du cytomégalovirus

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Le cytomégalovirus est un virus de la famille des Herpesviridae

Le cytomégalovirus est un virus de la famille des Herpesviridae, connus comme étant responsables de divers types d’infection au caractère persistant et au diagnostic le plus souvent obscur. Asymptomatique chez la plupart des sujets immunocompétents infectés, la contraction de ce virus est cependant toujours grave parfois fatale en cas de maladie systémique, d’immunodépression ou d’immunosuppression, d’infection au VIH du sida. Elle engendre également d’importantes complications chez un jeune enfant. Une contamination de la femme lors d’une grossesse peut, par ailleurs, conduire à des malformations ainsi qu’à un retard de croissance du fœtus voire à une mort intra-utérine.

L’infection à ce type de virus est très fréquente. Sa prévalence est estimée à une moyenne d’environ 70% chez les sujets de plus de 18 ans. Celle-ci est corrélée positivement avec l’âge et avec un niveau socio-économique faible. Les personnes travaillant dans le domaine de la santé ainsi que celles entrant souvent en contact avec des enfants sont, en outre, plus exposées et susceptibles d’attraper le virus.

Causes du cytomégalovirus

Une contamination par ce type de virus survient suite à l’attouchement d’un malade, notamment de son liquide corporel. Différents facteurs peuvent dès lors être à l’origine d’une telle infection. Parmi ceux-ci, il y a :

– Le contact avec la salive d’un sujet infecté. Un baiser sur la bouche, l’utilisation de couverts non ou mal lavés, le partage d’une bouteille d’eau avec un sujet infecté, les gouttelettes de salive projetées lors des toux ou des éternuements sont entre autres les causes les plus souvent rencontrées d’une contamination dans tel cas ;
– Les relations sexuelles non protégées avec une personne infectée. Le sperme chez l’homme et les sécrétions vaginales de la femme constituent en effet des voies de propagation de ce virus ;
– Les contacts avec les larmes, l’écoulement nasal ou l’urine contaminé. Ce qui survient surtout chez les personnes travaillant dans une garderie ou une école souvent amenées à changer les couches ou à laver et essuyer le visage d’un enfant. Le même risque existe s’il y a des enfants à la maison ;
– La transmission du virus par voie sanguine, telle qu’en cas de transfusion de sang ou d’une transplantation d’organe ;
– La contamination du bébé par la mère durant la grossesse, au moment de l’accouchement ou lors de l’allaitement ;
– L’utilisation d’un objet souillé, tel qu’un couvert, une serviette sale, une brosse à dent ou encore un sous-vêtement. Ce virus peut, en effet, survivre des jours à l’air libre et à des températures ambiantes.

Symptômes du cytomégalovirus

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Symptômes des infections au cytomégalovirus : fièvre persistante, myalgie, adénopathie, éruptions cutanées, …

La contraction de ce type d’herpesvirus est asymptomatique dans plus de 80% des cas d’infection chez des sujets immunocompétents et en bonne santé. Dans les autres cas, un syndrome pseudo-grippal ou une fièvre se manifeste accompagné de certains symptômes dont notamment :

– Une fièvre persistante qui dure plus de 15 jours atteignant les 40°C dans certains cas et s’accompagnant fréquemment de frissons ;
– Une asthénie importante accompagnée de malaise et de céphalées. Elle peut durer plusieurs semaines ;
– Des adénopathies ou gonflement des ganglions en divers endroits du corps dont dans les régions cervicales, inguinales et sous axillaires ;
– Une myalgie ou douleur musculaire pouvant toucher l’ensemble des muscles du corps ;
– Des signes digestifs comme des crampes abdominales, nausées et vomissements. En cas d’ulcération, des douleurs peuvent être ressenties telles qu’à la déglutition et les maux de ventre s’accompagnent de diarrhées sanguinolentes ;
– Des maux de gorge se présentant dans de rares cas ;
– Des éruptions cutanées similaires à celles observées lors d’une mononucléose infectieuse due au virus d’Ebstein Barr. Elles apparaissent en général après la prise d’une antibiotique dont de l’ampicilline ;
– Une atteinte d’organes parfois multiple concernant le plus souvent le foie, la rate et les poumons. Une augmentation des volumes du foie et de la rate, un ictère (coloration jaune de la peau), une dyspnée (difficulté à respirer) et la présence de liquide libre en certaines zones de l’organisme sont également observés dans certains des cas. S’il y a immunodéficience du sujet, des symptômes plus importants causés par le dysfonctionnement des organes affectés se présentent ;
– Lors de la contamination d’un fœtus, il peut y avoir diverses complications qui sont d’autant plus graves qu’il s’agit d’une primo-infection pour la mère. Parmi celles-ci, il peut se présenter des atteintes hépatiques, digestives et nerveuses, des malformations au niveau du système nerveux central, un retard de croissance. À sa naissance, le bébé peut être, en outre, de petite taille et manifester une fièvre. Un risque de mortalité intra-utérine ou à la naissance est à craindre. Dans certains cas, une surdité apparait quelques temps après une naissance apparemment normale.

Toutefois, ces complications ne surviennent que dans environ 30% des cas de grossesse.

Traitements naturels et classiques du cytomégalovirus

Certains traitements sont souvent recommandés pour prévenir ou pour prendre en charge une infection à ce type de virus :

– Évitement des facteurs de risque :

Pour prévenir toute contamination, éviter tout facteur ou circonstance qui peut conduire à une exposition au virus est recommandé surtout chez les sujets vulnérables et les femmes enceintes. En cas de contact avec des enfants qui sont d’importants vecteurs du virus, il est essentiel de garder une hygiène stricte notamment après la manipulation de sécrétions ou le changement de couche. Un lavage fréquent des mains, l’utilisation de gants en latex pour manipuler des objets ou linges susceptibles d’être souillés, l’éviction des baisers sur la bouche sont également conseillés (1). Chez la femme, la prévention n’est toutefois possible que si elle ne soit encore séro-négative ;

– Cessation des activités professionnelles à risque en cas de grossesse ou d’allaitement :

Des publications avancent l’importance de l’arrêt temporaire du travail pour une femme enceinte, notamment si elle est séro-négative, non immunisée au virus. Il en va de même chez celle qui allaite un bébé prématuré ou présentant une immunodéficience. Parmi ces activités, il y a entre autres les professions dans une école ou une garderie, dans le domaine de la santé s’occupant des personnes handicapées (2) ;

– Bonne hydratation :

Selon une publication, la prise en charge d’une infection à ce type d’herpesvirus chez un sujet sous-immunodépresseur après une transplantation rénale doit inclure une hydratation régulière pour favoriser la baisse de la température qui tend à monter en milieu de journée. Toutefois, un risque de rejet du greffon est souvent à craindre dans tel cas (3) ;

– Usage de désinfectant :

Le recours à tout type de désinfectant est, en outre, efficace pour prévenir une infection au cytomégalovirus qui semble en effet très sensible à ces substances. La chaleur, les solvants et les produits acides présentent également la même efficacité.

Références

(1) « La Problématique du Cytomégalovirus chez la Femme Enceinte.», Avis du conseil supérieur de la santé n°9262, nov.2015.
(2) « Validation du Contenu de l’Avis de la VWVA ayant Trait au Cytomégalovirus et à l’Écartement ou pas du Travail de la Puéricultrice Allaitante.», Avis du conseil supérieur de la santé n°9215, nov.2014.
(3) Legendre C et al. « Improving Outcomes for Solid-Organ Transplant Recipients at Risk from Cytomégalovirus Infection : Late-onset Disease and Indirect Consequences.» Clin Infect Dis, 2008.

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