Éclampsie

Présentation de l’éclampsie

Éclampsie,
Éclampsie, pathologie se caractérisant par des convulsions chez la femme enceinte

L’éclampsie est une pathologie grave touchant particulièrement les femmes enceintes. Elle survient en général après la 20 ème semaine qui suit l’arrêt des menstruations ou, dans certains cas, au cours de la première semaine qui suit l’accouchement. Cette maladie se caractérise par un état convulsif généralisé qui se manifeste lors d’une prééclampsie sévère. Cette dernière est une affection due à un défaut de placentation et qui peut se présenter durant la deuxième moitié de la grossesse. Elle associe principalement une hausse importante de la pression artérielle à une augmentation anormale du taux de protéines dans les urines.

En l’absence d’une prise en charge adéquate, cet état convulsif peut être très dangereux voire mortel tant pour la mère que pour sa progéniture. Il s’agit d’une urgence médicale. Si dans les pays développés, son incidence reste limitée, soit moins de 0,05% des grossesses, dans certains pays en développement, elle peut assez être très élevée, pouvant atteindre les 15%.

Causes de l’éclampsie

Cette pathologie a pour principale origine une prééclampsie qui a été négligée ou mal prise en charge et qui a fini par se compliquer au bout d’un certain temps. Certains facteurs peuvent, en outre, favoriser la survenue de cette complication dont :

– Hypertension artérielle chronique ;
– En cas d’affections qui peuvent favoriser une hypertension artérielle telles qu’une atteinte rénale, une pathologie vasculaire ;
– Premier enfant du couple notamment si l’organisme de la mère ne tolère pas encore le sperme de son conjoint ;
– Grossesse après la quarantaine ;
– Grossesses multiples ;
– Attente de jumeaux ou plus ;
Diabète sucré ;
– Surpoids et obésité ;
– Carence nutritionnelle ;
– En cas de fatigue importante ;
– En cas de fièvre ;
– Certaines pathologies auto-immunes notamment le SAPL (ou Syndrome des AntiPhosphoLipides qui se manifeste par une tendance anormale du sang à former du caillot).

Manifestations de l’éclampsie

Manifestations de l'éclampsie :
Manifestations de l’éclampsie : convulsion, hypertension artérielle, mal de tête, …

Cette affection se présente lors d’une prééclampsie, en cas de complication de cette pathologie. Elle se manifeste principalement par une convulsion généralisée de la patiente précédée d’une accentuation des symptômes de la prééclampsie dont notamment une aggravation de l’hypertension artérielle gravidique, maux de tête plus intenses et perturbation de la vue.

L’état convulsif se déroule en quatre phases pouvant être répétitives :

– Stade invasif durant lequel se manifestent des contractions localisées au visage et au cou et qui peuvent s’étendre vers les mains. Il peut durer tout au plus 1 minute ;
– Stade tonique de 30 secondes, durant lequel tous les muscles du corps se contractent. L’atteinte des muscles des voies aériennes va alors causer une apnée avec un risque important de conduire à une asphyxie ;
– Stade clonique pouvant durer plus de 2 minutes. Il commence par une respiration bruyante et profonde mettant fin à l’apnée suivie de crises convulsives généralisées affectant surtout la partie supérieure du corps y compris les globes oculaires ;
– Stade comateux pouvant aller de quelques minutes à des jours. Lors de cette phase, la personne peut être seulement en état d’obnubilation (conscience obscurci, baisse de l’attention, désorientation et confusion) ou tombée dans le coma selon le cas. Sa respiration est, en outre, très bruyante et ses pupilles dilatées.

Traitements de l’éclampsie

La prise en charge de l’éclampsie est une urgence et sa relève uniquement de la compétence médicale. Elle consiste essentiellement à :

– Stabiliser la crise ;
– Faciliter la respiration ;
– Prendre en charge l’hypertension artérielle ;
– Interrompre la grossesse soit par césarienne soit par accouchement normal.(1)

Certains remèdes peuvent, en outre, être utilisés pour aider à traiter ou à prévenir la survenue de cette affection.

– Une étude suggère l’utilisation de sulfate de magnésium par voie intraveineuse pour la prise en charge des crises de convulsion. Ce traitement peut être recouru pour stabiliser l’état convulsif et semble d’ailleurs être plus efficace que certains médicaments de synthèse. Il peut aussi être employé à titre de prévention en cas de prééclampsie mais uniquement si la femme ne présente aucune affection rénale ou neuromusculaire (2) ;
– Pour aider à prévenir la prééclampsie, certaines publications recommandent durant la grossesse la prise de suppléments de calcium notamment en cas de carence nutritionnelle ou de suivi d’un régime (3) ;
– La prise d’aspirine à faible dose est, par ailleurs, indiquée dans diverses études pour prévenir la prééclampsie et donc ses complications chez les sujets présentant un risque élevé de développer cette maladie (4).

Références

(1) Nabil C.H., « Conduite à Tenir devant une Éclampsie.», Cours de Médecine, 2010.
(2) « Prise en Charge Multidisciplinaire des Formes Graves de Prééclampsie.» SFAR, CNGOF et SFM, 2009.
(3)(EN) « Hypertension pendant la grossesse: Rapport du groupe de travail du Collège américain des obstétriciens et gynécologues sur l’hypertension pendant la grossesse.», Obstet Gynecol, 2013.
(4) Bujold, E., « L’aspirine à faible dose réduit la morbidité et la mortalité chez les femmes enceintes à risque élevé de prééclampsie », Evid based nurs, 2015.

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