Prurigo

Présentation du prurigo

Prurigo, lésion dermatologique avec surélévations prurigineuses
Prurigo, lésion dermatologique avec surélévations prurigineuses

Le prurigo est le terme employé pour appeler une lésion dermatologique qui se caractérise par l’apparition de petites surélévations prurigineuses à la surface de la peau. Celles-ci sont, dans la plupart des cas, de couleur rouge et peuvent gorger ou non de liquide selon qu’il s’agisse de vésicules ou de papules. Lors d’une atteinte au niveau des jambes, elles peuvent prendre une couleur violacée. Les grattages peuvent, par ailleurs, conduire à d’autres lésions et rendre les boutons croûteux.

Ce symptôme dermatologique se manifeste en général lors de certaines dermatoses, mais d’autres causes peuvent également en être à l’origine. Sa plus grave complication est notamment la surinfection dont le risque de survenue est plus élevé en cas de percement des boutons. Il peut aussi conduire à un épaississement de la zone cutanée touchée. Il s’agit en outre d’une affection fréquente qui peut affecter tout le monde à tout âge. Les jeunes enfants restent, toutefois, les plus concernés .

Causes du prurigo

Parmi toutes les causes de la survenue de ce symptôme, il peut y avoir :

Eczéma dont la dermite de contact qui peut être due à une réaction allergique, à une irritation de la peau ou à une photosensibilisation ;
– Dyshidrose ou transpiration importante de la peau au niveau des extrémités ;
– Piqûre d’acarien ou d’insecte telle que moustique, puce, fourmi, punaise. Il s’agit de la principale cause de prurit chez les jeunes enfants ;
Lichen pouvant être d’origine inconnue dans la plupart des cas. La prise de certains médicaments peuvent, cependant, être la cause de la survenue de cette dermatose. Il en est des cas de ceux utilisés en cas d’insuffisance cardiaque, d’hypertension artérielle, ou d’épilepsie ;
– Application cutanée de certaines substances ou médicaments tels que certains produits cosmétiques et parfums qui peuvent contenir des agents conservateurs que la peau ne tolère pas ;
– Certaines pathologies dont une inflammation chronique des intestins, leucémie, lymphome, cirrhose, hépatites virales, adénocarcinomes au niveau du pancréas ;
– Troubles endocriniens dont celui de la thyroïde, diabète ;
– contamination bactérienne ou mycosique de la peau ;
– Certaines infections dont celles dues au VIH du sida, au virus de l’hépatite C ;
– Important stress ou trouble émotionnel notamment chez les femmes de plus de 50 ans. La dermatose est alors d’origine psychologique dans tel cas ;
– Port de vêtements ou de sous-vêtements synthétiques ou trop étroits ;
– Exposition à certains métaux dont le Nickel, Chrome, et le Chlorure de cobalt ;
– Mauvaise hygiène de la peau dont assèchement, frottements et hygiène défectueuse.

Manifestations du prurigo

Manifestations du prurigo : apparitions de papules, prurit, coloration rouge, ...
Manifestations du prurigo : apparitions de papules, prurit, coloration rouge, …

Ce symptôme dermatologique peut être reconnu par certains de ses caractéristiques :

– Apparition sur la peau de papules ou de vésicules de quelques millimètres de diamètre. Dans certains cas, il peut s’agir de boutons suintants sur leurs sommets ;
– Prurit intense au niveau des lésions, constituant d’ailleurs le signe principal de cette affection ;
– Coloration rouge à violacée de la peau sur la zone touchée ;
– Excoriation laissant place à des croûtes dues au grattage. D’autres lésions cutanées peuvent également se produire en cas de grattages importants.

Il existe, en outre, différentes formes de prurigos qui peuvent être classées en 3 grands groupes :

– Prurigos aigus qui apparaissent rapidement et s’estompent facilement après un traitement. La plus fréquente est la forme dite strophulus causée par des piqûres d’insectes. Elle touche particulièrement les enfants et peut persister jusqu’à 10 jours ;
– Prurigos subaigus qui peuvent être reconnus par des lésions vésiculeuses de petites tailles localisées sur les zones du corps qui peuvent être grattées facilement telles que cuir chevelu, cou, haut du dos, fesses. Les femmes de plus de 50 ans sont les plus affectées par cette forme chez lesquelles l’affection semble être due à des perturbations psycho-émotionnelles ;
– Prurigos chroniques, caractérisés par des lésions nodulaires pouvant atteindre 30 mm de diamètre notamment dans les cas de prurigos nodulaires de hyde. Elles peuvent s’épaissir avec le temps puis laisser des cicatrices. Cette forme peut mettre des années pour guérir.

Traitement du prurigo

Le traitement du prurigo dépend principalement de la cause de la survenue de ce symptôme. Certains remèdes peuvent, toutefois, être employés dans certains cas pour apaiser le prurit et les réduire les papules.

– Si le prurit est dû à des piqûres d’insectes ou d’acariens, il est conseillé de prendre les mesures nécessaires afin d’arrêter la prolifération des insectes dans le logement et les environs. Pour cela, recourir entre autres aux insecticides pour la maison, la literie (1), et aux soins anti-poux pour les animaux domestiques peut être indispensable ;
– Lors d’une étude, l’usage de la capsaïcine pour la prise en charge des formes nodulaires s’est révélé être efficace pour apaiser les démangeaisons. Ceci s’explique en partie par les propriétés analgésiques que possède cet alcaloïde extrait du piment de cayenne. Le même traitement a aussi permis de soigner les lésions cutanées causées par l’affection (2) ;
– Une publication avance l’éventuelle efficacité que présente la prise de suppléments d’isoquercétine, un dérivé de la quercétine ayant une action anti-histaminique. Ce traitement a en effet permis de calmer le prurit chez le patient mis en observation après seulement 4 semaines d’utilisation (3) ;
– Selon une étude, la photothérapie seule ou combinée avec des traitements habituellement employés pour la prise en charge des prurigos, constitue un traitement efficace et sans risque des prurigos nodulaires chroniques dont celle de Hyde (4).

Références

(1) Denguezli M., Prurigo, Atlas de Dermatologie, 2006 Oct.
(2) Ständer S., et al., «Traitement de Prurigo Nodularis avec la capsaïcine topique», J Am Acad Dermatol 2001 Mars.
(3) Pennesi C., et al., «Utilisation de l’isoquercétine dans le traitement du Prurigo Nodularis», rapport de cas, numéro 11, novembre 2017.
(4) Nakamura M., et al., «Photothérapie pour le traitement de Prurigo Nodularis. A Review. », Dermatol en ligne J Avril 2016.

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