Pseudomonas aeruginosa

Présentation du pseudomonas aeruginosa

Pseudomonas aeruginosa,
Pseudomonas aeruginosa, une infection nosocomiale causée par des bactéries Pseudomonadaceae

Pseudomonas aeruginosa ou bacille pyocyanique est une bactérie aérobie de la famille des Pseudomonadaceae connue comme pouvant être à l’origine d’infection nosocomiale, c’est-à-dire contractée lors d’une hospitalisation. Ubiquitaire, ce germe peut être présent partout mais particulièrement dans les zones humides comme la tuyauterie, le robinet ou l’évier. Chez l’être humain, en particulier, il peut parfois être retrouvé sur la peau, dans la partie externe des oreilles ou encore dans les voies respiratoires ou digestives supérieures. Son pouvoir pathogène ne se manifeste cependant qu’en cas de rupture des barrières protectrices au niveau de la peau et des muqueuses, ou lors d’un affaiblissement de l’immunité.
Le bacille pyocyanique présente de nombreuses souches résistantes à un nombre de plus en plus important d’antiseptiques et d’antibiotiques. Ce qui rend sa prise en charge plus difficile et sa contraction plus facile en milieu hospitalier. Il est, entre autres, estimé comme pouvant être à l’origine d’environ 10% des cas d’infections nosocomiales. Sa contraction serait, par ailleurs, fatale chez plus de 50% des patients immunodéprimés hospitalisés et chez environ 40% des patients sous ventilation artificielle.

Transmission du pseudomonas aeruginosa

Le bacille pyocianique peut être transmis aux patients hospitalisés de diverses manières dont notamment :

– Par les mains et les équipements du personnel médical ;
– Par les divers produits utilisés pour la désinfection et le nettoyage. De nombreuses souches de plus en plus résistantes de la bactérie parviennent en effet à se développer même dans ces produits. L’utilisation de ces derniers ne permet plus dès lors à prévenir correctement un risque d’infection en milieu hospitalier ;
– En cas de coupure, de blessure, d’abrasion ou de brûlure au niveau de la peau ou des muqueuses. Ce qui va faciliter l’entrée des germes dans l’organisme ;
– Suite à certaines interventions médicales dont une opération chirurgicale, une intubation, la pose d’un cathéter ou d’une sonde urinaire, une endoscopie ;
– Traitement médical entrainant une baisse des défenses immunitaires tel qu’une antibiothérapie prolongée, une chimiothérapie, prise de certains médicaments utilisés en cas de cancer du sang qui affaiblissent les globules blancs ;
– Pathologie ayant causé une importante baisse de l’immunité telle qu’en cas d’infection au VIH du sida, de cancer, de diabète ;
– Infection d’origine alimentaire dans certains cas ;
– Présence de plante et de fleur dans les chambres d’hôpital pouvant favoriser la multiplication des bactéries.

Symptômes du pseudomonas aeruginosa

Symptômes du pseudmonas aeruginosa :
Symptômes du pseudmonas aeruginosa : fièvre, respiration difficile, confusion, …

Le pseudomonas aeruginosa peut se manifester de différentes façons suivant la pathologie qu’il a engendrée.

Atteinte des voies respiratoires

Cette infection concerne particulièrement les patients immunodéprimés, en réanimation ou sous ventilation assistée. Elle peut être reconnue par :

Fièvre et sudation importantes ;
Dyspnée ou respiration difficile souvent bruyante ;
Expectorations importantes accompagnées de toux grasses ;
– Cyanose, la peau prend une coloration bleu due à une oxygénation insuffisante au niveau des différents tissus de l’organisme ;
Confusion secondaire à un apport insuffisant de sang dans le cerveau.

Atteinte de la peau

Une infection de la peau au bacille pyocyanique est notamment secondaire à une rupture de la barrière cutanée telle qu’en cas de blessure, de brûlure, d’abrasion ou d’escarre. Dans tel cas, elle va conduire à l’apparition sur la peau de lésions vésiculeuses qui vont se nécroser. Un risque de gangrène est alors à craindre. Un écoulement de couleur bleue grise peut également accompagner ces lésions.

La macération causée par le port de couches, les piscines, les bains sont, cependant, aussi connus comme pouvant causer ce type d’infection. Celle-ci se manifeste essentiellement par :
– Apparition de vésicules ou de pustules diffuses sur la peau ;
– Fièvre légère accompagnée de céphalée ;
– Folliculites (inflammation des follicules pileux à la base des poils) ;
– Douleurs en divers endroits du corps telles que dans le nez, les oreilles, les yeux ;
Douleurs abdominales.

Atteinte des conduits auditifs

L’infection affecte l’oreille externe et survient particulièrement en cas d’exposition fréquente à de l’eau contaminée, en cas de diabète et chez des sujets âgés. Elle peut être reconnue par :
Démangeaisons importantes parfois accompagnées de douleurs qui peuvent être exacerbées en cas de pression sur l’oreille affectée ;
– Écoulements purulents pouvant finir par boucher le conduit auditif ;
– Baisse voire perte de l’audition en cas d’aggravation due à la perforation du tympan ;
– L’infection peut s’étendre vers les parties adjacentes dont l’articulation temporo-mandibulaire, les os, les glandes salivaires.

Atteinte oculaire

L’atteinte des yeux par P. aeruginosa peut être secondaire à divers facteurs dont un traumatisme, au port de lentilles de contact ou à une hospitalisation en soin intensif. En l’absence de traitement, l’ulcère qu’elle engendre peut aboutir à la perforation cornéenne voire à la cécité. Certains signes peuvent évoquer cette atteinte dont :

– Douleur dans l’œil atteint ;
– Inflammation et gonflement de la conjonctive ;
– Tuméfaction des paupières ;
– Baisse de l’acuité visuelle ;
– Inflammation et présence de pus dans l’œil. Ceux-ci peuvent finir par envahir le globe oculaire qui va finir par se perforer et s’atrophier.

Atteinte des voies digestives

L’infection des voies digestives par le bacille pyocyanique concerne surtout les patients hospitalisés dont les défenses immunitaires se sont affaiblies. Elle touche le plus fréquemment l’estomac et le grêle mais d’autres segments de l’appareil digestif peuvent aussi en être affectés.

Une fois dans l’organisme, la bactérie opportuniste s’installe au niveau des muqueuses, puis provoque l’apparition d’ulcères qui vont se nécroser. En cas de perforation, une péritonite (inflammation de la membrane qui tapisse l’abdomen) peut survenir, pouvant être fatale.

Atteinte des os et des articulations

P. aeruginosa parvient à atteindre les os tel qu’en cas de fracture, suite à une intervention chirurgicale ou à une injection intraveineuse infectée, après une infection de l’appareil urinaire. L’infection peut se manifester par :
– Une inflammation des os reconnue par des douleurs localisées. Celles-ci peuvent s’amplifier à la palpation ;
– Diminution de la mobilité de l’articulation atteinte ;
Ostéomalacie qui se traduit par une importante déminéralisation des os pouvant conduire à des fractures spontanées ;
– Fièvre plus ou moins importante suivant le cas.

Atteinte de l’encéphale et/ou de la moelle épinière

Cette infection survient essentiellement après une intervention médicale ou un traumatisme au niveau de la tête ou de la colonne vertébrale. Elle se manifeste par une méningite (inflammation des enveloppes qui recouvrent le système nerveux central) reconnue entre autres par :

– Fièvre accompagnée de céphalées, de sueurs et des frissons ;
Confusion ;
– Sensibilité accrue à la lumière et aux bruits ;
– Sensation de raideurs dans la nuque.

Endocardite

L’atteinte des membranes qui tapissent le coeur concerne surtout les sujets qui ont été contaminés par le bacille pyocianique suite à une injection intraveineuse. L’infection se manifeste entre autres par :

– Fièvre importante ;
– Insuffisance cardiaque entrainant une baisse du volume de sang qui parvient dans les différents tissus de l’organisme. Les organes peuvent alors ne plus fonctionner correctement ;
Hypotension artérielle ;
– Embolie pulmonaire due à la présence de caillots qui se sont formés suite à l’infection. Elle peut se traduire par des toux et une sensation de douleur au niveau du thorax ;
– Détresse respiratoire à un niveau plus avancé de cette infection ;
Insuffisance rénale.

Septicémie

Une infection généralisée au P. aeruginosa survient en cas de complications d’une infection localisée. Elle peut être reconnue par :

– Fièvre importante avec altération de l’état général du sujet ;
– Tachycardie accompagnée d’une accélération de la respiration ;
– Apparition de petites vésicules au niveau des fesses, entre les jambes ou sous les aisselles. Les muqueuses buccales peuvent aussi en être affectées. Ces lésions vont se nécroser au centre et engendrer des ulcères ;
– Troubles cognitifs dont confusion.

Traitement contre pseudomonas aeruginosa

Certains traitements ont été avancés comme pouvant être efficaces contre le bacille pyocyanique.

– Lors d’une étude, il a été montré que l’acide salicylique peut à la fois neutraliser la virulence de cette bactérie mais également inhiber ses sécrétions (1). Les expériences qui ont permis d’aboutir à ces conclusions ont été, cependant, réalisées sur des plantes et des animaux ;
La phagothérapie est de nouveau mise en évidence dans de nombreuses recherches face à l’inefficacité de plus en plus croissante de l’usage des antibiotiques contre les infections nosocomiales dont celle par P. aeruginosa. Cette thérapie consiste principalement à recourir à des virus bactériophages pour détruire les bactéries. Elle est, en outre, réputée comme ayant une action immédiate avec quasiment aucun effet secondaire (2) ;
– Diverses études avancent par ailleurs l’efficacité de la lactoferrine pour inhiber le biofilm que forment les bactéries pyocyaniques (3). Ceci s’explique entre autres par l’action bactéricide et bactériostatique que possède cette glycoprotéine présente naturellement dans l’organisme et notamment dans le lait.

Réferences

(1) Cryz, S. et al., « Role of Lipopolysaccharide in Virulence of Pseudomonas Aeruginosa.», Infect. Immun., 1984.
(2) Dublanchet A., « Des Virus pour Combattre les Infections.», Édition Favre, 2009.
(3) Singh PK, et al., « A Component of Innate Immunity Prevent Bacterial Biofilm Development.», Nature, 2002.

error: Contenu protégé sous copyright