Saturnisme

Définition du saturnisme

Le saturnisme est la pathologie causée par l'intoxication au plomb
Le saturnisme est la pathologie causée par l’intoxication au plomb

Le saturnisme est le terme utilisé pour désigner la pathologie causée par une intoxication au plomb. Il s’agit d’un métal lourd relativement abondant dans le sol mais qui, à la différence des autres métaux, n’a aucune fonction physiologique ni dans l’organisme humain ni dans celui de l’animal ou des plantes. Il s’avère même à l’inverse hautement toxique même à faible dose.

En effet, une fois introduite dans l’organisme, une partie du métal parvient à être évacuée vers l’extérieur, alors qu’une autre s’accumule dans divers tissus et organes. Les plus touchés sont principalement les os, le foie, les reins et le cerveau où le plomb se substitue à d’autres minéraux dont le calcium, le fer et le zinc. Ce qui est à l’origine des diverses perturbations et interférences observées lors de cette pathologie. La répercussion sur la santé en général d’une telle imprégnation peut être très grave notamment chez les jeunes enfants qui semblent de loin plus vulnérables que les adultes. Une perturbation du développement psychomoteur, une dégradation de la capacité d’apprentissage ainsi qu’une diminution significative de la performance cognitive sont toujours à craindre. Une intoxication intra-utérine provoque, par ailleurs, une malformation congénitale et un handicap mental du bébé.

Aucun seuil de toxicité du plomb n’a pu faire l’objet d’une unanimité. Les toxicologues s’accordent même sur le fait qu’il n’en existe aucun en deçà duquel ce métal lourd peut être considéré comme non dangereux. Pour ce qui est de la prévalence de la maladie, les nouveaux cas recensés à l’échelle mondiale sont dans les 600.000 tous les ans, tandis que le nombre de morts remontent à plus de 140.000, tout âge confondu.

Causes du saturnisme

Le plomb parvient à pénétrer dans l’organisme essentiellement par voies digestive et respiratoire. Différents facteurs peuvent à cet effet conduire à une intoxication saturnine :

– Intoxication professionnelle des travailleurs industriels utilisant du plomb dans leurs produits tels que de la peinture, des antirouilles, de vernis. Les personnes travaillant dans l’extraction minière, dans le bâtiment, dans la métallurgie, dans la plomberie et dans la mécanique automobile sont également exposés de façon chronique au métal ;
– Proches et membres de la famille des travailleurs en contact chronique avec le plomb ;
– Consommation et utilisation d’eau circulant dans des tuyauteries en plomb ;
– Logement situé à proximité d’usines, d’industries ou de sites pollués par le métal lourd ;
– Ingestion de particules de peinture ou autres produits contenant du plomb. Il en est notamment le cas d’anciennes peintures faites en céruse de plomb mais dont l’utilisation est aujourd’hui interdite dans de nombreux pays. Elles restent toutefois encore présentes dans de vieux bâtiments et habitats où les poussières induites par leur dégradation constituent encore une importante cause d’intoxication saturnine ;
Pica, un trouble du comportement alimentaire qui se caractérise par une envie compulsive de vouloir consommer des substances non comestibles ;
– Inhalation d’air contaminé tel que les poussières d’une vieille peinture, vapeur d’essence plombée, fumée provenant d’une usine, l’air d’un lieu de tir où il y a usage de cartouche en plomb ;
– Contamination alimentaire provenant de fruits ou légumes ayant poussé sur un terrain pollué ;
– Viande d’animaux tués par des grenailles en plomb ou ayant pâturé sur des sols contaminés ;
– Consommation de moule, huître, coquillage et champignon capables d’accumuler ce métal lourd ;
– Usage de pesticides contenant du plomb ;
– Contact de la peau avec des objets renfermant ou colorés avec des pigments du métaux. Il en est le cas de certains bijoux, khôl, onguents, jouets, vaisselles ;
– Transmission de la mère à l’enfant au cours de la grossesse notamment si la contamination de la mère date de plus de 5 ans. L’allaitement peut également être la cause d’une intoxication au plomb chez un bébé.

Symptômes du saturnisme

Symptômes du saturnisme : douleurs abdominales, nausées, hypertension artérielle, anémie, chute des dents, ...
Symptômes du saturnisme : douleurs abdominales, nausées, hypertension artérielle, anémie, chute des dents, …

Une imprégnation saturnine conduit à de nombreuses perturbations systémiques qui, selon la durée de l’exposition au métal et l’âge du sujet, vont être réversibles ou non, graves ou même fatales.

Parmi tous les symptômes possibles, il peut y avoir :

– Signes digestifs notamment si l’intoxication est récente. Parmi ceux-ci, il y a entre autres des douleurs abdominales, constipation, nausée, vomissement, diarrhée. Il peut également y avoir diminution de l’appétit et un amaigrissement ;
Anémie pouvant être reconnue par une importante fatigue. Ceci s’explique par la baisse de la production d’hémoglobine suite à la substitution du zinc nécessaire à la synthèse de celle-ci par du plomb ;
Hypertension artérielle accompagnée de céphalées. En cas de grossesse, elle peut être fatale ;
– Présence de liseré de couleur sombre sur les gencives notamment chez les adultes ;
– Chute spontanée des dents ;
– Sensation d’un goût de métal dans la bouche ;
– Perturbations du système nerveux pouvant conduire à une neuropathie, un affaiblissement des muscles, une douleur articulaire. Dans les cas les plus graves, l’imprégnation au plomb aboutit à une paralysie qui peut être fatale ;
– Troubles cognitifs avec baisse de la capacité intellectuelle, concentration plus difficile, troubles de la mémoire. Le sujet peut également devenir insomniaque, dépressif et irritable ;
– Troubles endocriniens pouvant entrainer une stérilité chez l’homme ;
– Dysfonctionnement rénal secondaire à une destruction de certaines cellules néphrétiques induite par le plomb ;
Cancers de l’estomac, tumeurs cérébrales. Certains sels de plomb dont le chromate et l’arséniate sont reconnus pour leur effet carcinogène ;
– Encéphalite qui peut aboutir à la mort ;
– Retards mentaux et staturo-pondéraux chez les enfants en croissance. Il peut y avoir d’importants troubles de l’attention et de la performance cognitive, une dysarthrie (trouble de l’expression orale) ;
– Recontamination en cas de fracture, d’ostéoporose, ou chez la femme au moment de la grossesse ou lors de la ménopause. L’organisme sollicite, en effet, les os comme sources de calcium lors de ces périodes de la vie. Le plomb qui s’y est longtemps accumulé est alors relargué dans le sang et conduit aux mêmes symptômes rencontrés lors d’une intoxication. Le fœtus ou le bébé en cas d’allaitement sera également contaminé par la même occasion ;
– En cas de grossesse, le saturnisme peut conduire à d’importantes malformations et troubles neurologiques de l’enfant. Une mort ou prématurité du fœtus survient dans certains cas.

Traitements naturels du saturnisme

Certains traitements sont préconisés dans la prise en charge du saturnisme :

Évitement des sources de contamination : La prise en charge d’une imprégnation au plomb doit inclure l’arrêt de toute exposition à celui-ci. Parmi les mesures à prendre, il y a entre autres la rénovation des vieilles peintures, l’arrêt de la consommation d’aliment pouvant être contaminé, l’évitement de l’usage de produits cosmétiques, de médicaments ou d’objets pouvant contenir ce métal. En cas de tuyauteries en plomb, il est conseillé de laisser couler l’eau pendant un moment avant de commencer à l’utiliser ;
– Supplémentation en calcium : Selon une étude, la prise de suppléments de calcium au cours de l’allaitement permet de diminuer le risque d’intoxication saturnine du bébé. Ceci contribue, en effet, à réduire le recours de l’organisme au calcium contenu dans les os et donc d’éviter que le plomb stocké dans le tissu osseux ne revient dans la circulation sanguine de la mère (1) ;
Acide Alpha-lipoïque : Diverses publications s’accordent sur les bienfaits de la chélation naturelle en cas d’intoxication à des métaux lourds. Il s’agit d’une approche qui consiste à lier les métaux toxiques dans l’organisme à des agents chelateurs pour favoriser par la suite leur évacuation. Selon une étude, cet acide possède la capacité de capturer le plomb. Il s’agit d’un antioxydant déjà connu pour sa faculté de bloquer l’activité des composés oxygénés, et à chélater des métaux lourds (2). Le dosage prescrit pour ce traitement est de 250 mg à 500 mg par jour de ce complément alimentaire ;
– Coriandre et chlorella : Lors d’une expérimentation menée sur des souris, il a pu être prouvé que le coriandre (Coriandrum sativum) est efficace en cas d’imprégnation saturnine causant des perturbations au niveau du fonctionnement des reins (3). Pour son usage, la plante peut être consommée grossièrement dans une salade ou prise comme teinture 2 fois par jour. Une publication suggère quant à elle de combiner l’usage de la coriandre avec celui de la chlorella pour plus d’efficacité. Si la première permet, en effet, de mobiliser le plomb accumulé dans les divers organes et tissus, elle n’est pas à même d’excréter rapidement à elle seule les métaux lourds de l’organisme. Ce qui peut conduire à une réintoxication (4). D’où sa combinaison avec la seconde qui peut non seulement favoriser l’ouverture des parois cellulaires, mais également chélater rapidement les métaux lourds et donc accélérer leur évacuation (5).

Références

(1) Hernandez Avila M., et al. Suppléments de calcium alimentaires pour réduire les niveaux de plomb dans le sang chez les femmes allaitantes: Essai randomisé et contrôlé contre placebo. Epidémiologie, 2003.
(2) Ou P. et al. « Acide thiotique (lipoïque): Un antioxydant thérapeutique chélateur de métaux » Biochem Pharmacol. 1995.
(3) Aga M. et al. « Effet préventif de Coriandrum sativum sur les dépôts de plomb localisés chez les souris ICR » Journal of Ethnopharmacology, 2001.
(4) Omura Y. et al. « Rôle du mercure dans les infections résistantes et traitement efficace des infections virales par la famille de Chlamydia Trachomatis et de l’herpès en éliminant les dépôts de mercure localisés avec du persil chinois et en délivrant des antibiotiques efficaces à l’aide de diverses méthodes d’amélioration de l’absorption de drogue » Acupunc. Electrother Res 1995.
(5) Klinghardt D. « Désintoxication à l’amalgame et au mercure en tant que traitement des maladies virales, bactériennes et fongiques chroniques » Explore, 1997.

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