Scarlatine

Définition de la scarlatine

scarlatine
La scarlatine est une infection bactérienne causée par des Streptococcus

La scarlatine est une infection d’origine bactérienne due à des bactéries du genre Streptococcus. Le S. Pyogenes est le plus souvent rencontré. Elle se manifeste principalement par la survenue d’une angine avec apparition d’éruptions de couleur rouge écarlate sur la peau et de lésions caractéristiques sur la langue. En cas de complication, une suppuration de l’angine se présente dans certains cas. Dans d’autres, des troubles causés par la toxine produite par l’agent pathogène surviennent. Il y a par exemple des inflammations telles que des ganglions cervicales (adénite), des reins (néphrite), des articulations (rhumatisme).

La maladie concerne fréquemment les enfants de 3 à 10 ans avec des cas d’atteintes en collectivité durant l’hiver. Elle affecte rarement avant cette tranche d’âge. Ceci s’explique par le système immunitaire du jeune enfant qui est encore composé d’anticorps provenant de la mère. Après 10 ans, le nombre de cas recensés tend à baisser proportionnellement avec l’âge. En effet, chaque contamination procure une immunité à vie contre le sous-type de streptocoque en cause. Une infection ultérieure ne peut alors être due qu’à l’un des autres sous-types.

Causes de la scarlatine

L’agent pathogène de cette infection est une bactérie du genre Streptococcus, le S. pyogenes également connu sous le terme de S. bêta hémolytique du groupe A. Celles du groupe C et G de la même espèce sont aussi retrouvées, mais dans des cas relativement plus rares.
La contamination se fait d’un sujet porteur de ces micro-organismes à un autre, le plus souvent par voie respiratoire et plus rarement cutanée. La personne infectée est alors contagieuse 24 heures avant la manifestation des premiers signes de la maladie et peut le rester durant 48 heures ou une quinzaine de jours en fonction de l’efficacité du traitement entrepris.

Parmi tous les facteurs qui peuvent favoriser la propagation de l’affection, il y a :
– L’inhalation des particules de salive infectée émises lors des toux, des éternuements ou contenues dans les postillons qui constitue la cause la plus fréquente de cette infection ;
– La promiscuité, la cohabitation, le partage de la même pièce avec un malade augmentent le risque de contamination ;
– L’utilisation de verres, de cuillères ou de la même bouteille qu’une personne infectée ;
– La manipulation des objets souillés par les sécrétions du porteur de la bactérie ;
– L’intimité dont les échanges de baisers et les poignées de main avec un sujet ayant les mains sales ;
– Le manque d’hygiène des ustensiles de cuisine utilisés, du corps, principalement des mains quand celles-ci sont contaminées, puis portées à la bouche.

Symptômes de la scarlatine

Symptômes de la scarlatine : angine, fièvre, troubles digestifs, couleur rouge sur la peau, …

Cette infection streptococcique peut être reconnue par certains symptômes :

– Angine causant d’intenses douleurs à la déglutition. Elle peut conduire à une rougeur dans la gorge ou à la présence d’un enduit jaunâtre sur les amygdales ;
Fièvre importante pouvant atteindre les 40° C ;
– Signes digestifs dont notamment vomissement et maux de ventre ;
– Gonflement des ganglions cervicaux situés aux angles de la mâchoire inférieure ;
– Tachycardie ou accélération anormale du rythme cardiaque, découverte à la palpation du pouls.

Ces premiers signes surviennent en général après une période d’incubation de 48 heures à 5 jours. D’autres viennent s’ajouter au tableau clinique de la maladie après environ 24 heures dont principalement :

– Exanthème scarlatiniforme reconnu par l’apparition sur la peau d’éruptions de couleur rougeur formant des plaques érythémateuses, c’est-à-dire s’effaçant à la pression. Celles-ci peuvent être prurigineuses et sont parsemées de papules donnant une impression de granité à la peau. Elles se regroupent dans ses débuts au niveau des plis du genou, du coude, de la hanche ou encore sous les aisselles, puis s’étendent sur d’autres parties du corps. Ces lésions cutanées disparaissent au bout d’une semaine voire plus et laissent place à des desquamations qui, à leur tour, durent habituellement 2 semaines ;
– Énanthème caractérisé par une rougeur des muqueuses buccales ;
– Présence d’un enduit blanchâtre sur la langue qui tend à desquamer laissant apparaître une coloration rouge framboise.

Dans les formes moins graves qui sont d’ailleurs les plus fréquentes, l’infection se présente avec une fièvre moins intense et des lésions cutanées limitées aux plis de flexion. Les autres symptômes restent les mêmes que lors de cette forme virulente.

Traitements de la scarlatine

Le seul traitement reconnu efficace pour la prise en charge de cette infection streptococcique est l’antibiothérapie. D’autres remèdes et techniques peuvent, toutefois, être utilisés comme prévention et pour favoriser la guérison.

– Bonne hygiène :

Une hygiène minutieuse est conseillée non seulement pour éviter toute forme de pathologie infectieuse dont la scarlatine. Pour cela, il est conseillé de toujours se laver les mains avec du savon et de l’eau courante après tout contact avec des personnes à risque, un sujet ou des objets pouvant avoir été contaminés. Les surfaces de propagation doivent, en outre, être désinfectées avec un antiseptique contenant de l’alcool ;

– Bonnes habitudes :

Tousser et éternuer dans un mouchoir ou dans le creux du coude plutôt que dans la main aident à réduire le risque de propager les bactéries. Les enfants doivent être éduqués à cet effet et également à se nettoyer fréquemment les mains surtout après s’être mouchés ou avoir été en contact avec d’autres personnes ;

– Probiotique :

En cas d’infection streptococcique, certaines publications suggèrent les bienfaits de privilégier la prise de probiotiques en association avec l’antibiothérapie habituelle. Ces bonnes bactéries aident, en effet, à prévenir la survenue des effets indésirables que peuvent causer les antibiotiques sur le microbiote qui, d’ailleurs, joue un rôle important pour une réaction immunitaire équilibrée (1). Une étude propose à cet effet un dosage journalier d’environ l’équivalent de 500mg à 1000mg tout au long du traitement et durant les 3 semaines qui suivent celui-ci (2). Outre les probiotiques en capsule, elles sont également présentent dans le lait fermenté et des plats de légumes comme la choucroute ;

– Évitement d’usage d’anti-inflammatoire :

Lors de cette infection, il est recommandé d’éviter le recours à des anti-inflammatoires comme l’aspirine ou l’ibuprofène pour essayer de baisser la fièvre (3). Le seul antipyrétique indiqué est le paracétamol mais sa dose ne doit pas dépasser les 3 g par jour ni son usage durer longtemps du fait d’un risque élevé d’engendrer une lésion hépatique permanente, voire mortelle (4).

Références

(1) Peterson C. et al. «Homéostasie immunitaire, dysbiose et modulation thérapeutique du microbiote intestinal.» Immunologie clinique et expérimentale, 2015.
(2) Mc Farland L. «Revue systématique et méta-analyse de Sacchromyce boulardii chez des patients adultes.» World J gastroenterol, 2010.
(3) Selinsky B. et al. «Action d’un anti-inflammatoire, l’Ibuprofène, sur la cyclo-oxygénase.» Librairie de Molécules, 2015.
(4) Calvino B. «Paracétamol: Ne pas laisser tomber la dose prescrite » ESPCI CNRS, 2009.

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