Schizophrénie

Définition de la schizophrénie

schizophrénie
Schizophrénie, un trouble psychiatrique qui se traduit par une fausse perception de la réalité

La schizophrénie désigne un trouble psychiatrique qui se traduit par une fausse perception de la réalité et une désorganisation psycho-émotionnelle et comportementale. Lors de cette psychose, le sujet n’a pas conscience de sa condition psychotique. Ce qui rend alors la prise en charge difficile. Les formes de cette pathologie sont nombreuses. Chacune d’elle est accompagnée de symptômes très variés dont les plus souvent rencontrés sont l’hallucination, le délire, l’illogisme dans les discours et les actions, ainsi que le retrait social qui s’installe progressivement.

Cette psychose chronique est très fréquente touchant près de 1% de la population mondiale, tout âge confondu. Son apparition survient, toutefois, en majorité vers la fin de l’adolescence et en début de l’âge adulte. Elle affecte, en outre, dans une proportion égale les hommes et les femmes. Nombreuses sont, par ailleurs, les complications qu’elle peut engendrer. On cite la dépression, les phobies, et la dépendance à des substances psychotropes. Dans plus de 15% des cas, elle aboutit au suicide tandis qu’environ la moitié des sujets schizophrènes sont estimés comme ayant déjà essayé de se suicider une fois au moins.

Causes de la schizophrénie

La combinaison d’un certain nombre de facteurs est avancée comme pouvant favoriser le développement d’une forme de schizophrénies. Parmi ceux-ci, il y a :

– Une prédisposition génétique rendant une personne plus vulnérable face aux facteurs extérieurs ;
– Une perturbation de la formation congénitale survenant au cours du deuxième trimestre de la gestation. C’est ce qui apparait en cas d’infection de la mère, d’importante carence nutritionnelle, ou encore d’importantes chocs psycho-émotionnels ;
– Une incompatibilité de rhésus entre la femme et son fœtus ;
– Un père âgé de plus de 35 ans. Il a été observé que le risque que l’enfant développe cette maladie à l’âge adulte est doublé à cet âge et multiplié par 4 s’il a la cinquantaine ;
– Une mauvaise hygiène de vie dont notamment une dépendance à la drogue. En effet, il a pu être remarqué que la prise régulière de cannabis avant l’âge adulte double le risque de développer cette psychose ;
– Une exposition à un afflux de stimulations émotionnelles ou sociales ;
– Un mode de vie instable ou stressante notamment durant l’enfance ;
– Une anomalie de l’anatomie cérébrale.

Symptômes de la schizophrénie

Symptômes de la schizophrénie : troubles cognitifs, hallucinations, désorganisations des pensées, délires, …

La manifestation de cette psychose peut varier d’une personne à l’autre. Parmi tous les symptômes, les plus souvent rencontrés sont entre autres :

– Apparition de troubles cognitifs :

Il y a les troubles de l’attention, de la concentration, et de la mémoire. Une altération de la capacité à discerner, à organiser et à anticiper se présente également. Celle-ci peut aller jusqu’à rendre difficile la réalisation de certaines tâches ;

– Hallucinations :

Ce sont des perceptions sensorielles sans qu’elles ne soient vraiment réelles. Elles peuvent toucher n’importe quel sens conduisant alors le sujet à affirmer qu’il arrive à voir, entendre ou sentir quelque chose qu’une personne saine ne parvienne à percevoir. Le cas le plus fréquent est l’hallucination sonore au cours de laquelle, la voix irréelle peut commander, critiquer ou même persécuter le schizophrène ;

– Délires :

Ceux-ci sont caractérisés par une conviction illogique d’être persécuté ou espionné, d’avoir ses pensées constamment devinées ou volées, ou encore de souffrir d’une affection incurable. Dans d’autres cas, le sujet est convaincu d’avoir un pouvoir surnaturel, d’être capable de changer des évènements ou d’être sous l’emprise d’une puissance extérieure qui dicte ses pensées et ses actions. Ces délires sont renforcés par les hallucinations qui semblent, d’ailleurs, en relation ;

– Désorganisation des pensées :

Celle-ci conduit à des discours illogiques, voire à des phrases incompréhensibles, à des expressions émotionnelles incohérentes avec les événements, ou à des comportements étranges. Le sujet se cache ou ferme les fenêtres par peur d’être observé, par exemple. Il répète souvent les mêmes discours et comportements, et manque de flexibilité. Ce qui rend alors difficile toute tentative de changer de sujet ou d’effectuer de nouvelles tâches ;

– Émoussement émotionnel et désintéressement :

Il se manifeste par une baisse importante des interactions sociales, de la volonté, de la réactivité, d’énergie et de la capacité d’entreprise. Le patient peut également avoir du mal à éprouver du plaisir, à prendre soin de lui-même, à exprimer ses émotions le laissant alors paraître très froid auprès de son entourage. Ces symptômes, s’accompagnant souvent de dépression, peuvent gravement nuire à l’état du schizophrène. Tout cela peut rendre les traitements médicamenteux inefficaces ;

– Ambivalence des sentiments :

Celle-ci se traduit par la manifestation d’émotions contradictoires dans une même situation.

Traitements naturels et classiques de la schizophrénie

Aucun remède curatif ou préventif n’est connu à ce jour pour soigner définitivement cette psychose ou éviter sa survenue. Certains traitements sont, toutefois, utilisés pour améliorer les symptômes et la qualité de vie du schizophrène. Dans tous les cas, ils doivent être débutés aussitôt que possible pour limiter l’aggravation des symptômes.

– Recours aux antipsychotiques :

Les antipsychotiques sont les traitements habituels utilisés pour la prise en charge de cette psychose (1). Cependant, ils ne présentent aucune efficacité contre certains des symptômes, comme la désorganisation et l’émoussement émotionnel. Ces médicaments sont, en outre, à l’origine d’effets secondaires dont le plus concret pour les malades est une prise de poids les conduisant souvent à interrompre leurs traitements ;

– Suppléments de vitamines et de minéraux :

Selon une méta-analyse, la prise de suppléments de vitamines et de minéraux, dont notamment des vitamines B6, B8 et B12, contribue à atténuer les symptômes liés à cette psychose (2) ;

– Open dialogue :

Une observation avance que l’open dialogue constitue le seul traitement préventif qui ait fait preuve de plus d’efficacité jusqu’à ce jour. Il s’agit d’une thérapie familiale qui doit être débutée dès l’apparition de symptômes psychotiques pour éviter que ceux-ci ne deviennent une psychose chronique (3) ;

– Stimulation magnétique transcranienne :

La stimulation magnétique est, selon une publication, à même de diminuer efficacement les hallucinations. Cette méthode permet aussi de stimuler le schizophrène dans un état de désintéressement et d’émoussement affectif. Il s’agit d’un traitement consistant en l’application sur une zone cérébrale d’un champ magnétique durant quelques secondes. Elle peut être associée à l’usage d’antipsychotiques (4) ;

– Réhabilitation cognitive :

Selon une étude, une réhabilitation cognitive du malade est nécessaire pour la prise en charge de la désorganisation de ses pensées. Cette approche vise à déterminer les différents troubles causés par la psychose et à essayer de les soigner par le biais de diverses techniques ou programmes non médicamenteux (5) tels que des jeux. Elle est pratiquée sur des séances d’environ 3 fois par semaine durant au moins 15 semaines. Des thérapies cognitivo-comportementales sont, en outre, utiles pour traiter le retrait social ou la dépendance à des produits psychotropes (6) ;

– Électrochoc :

D’après une publication, une électroconvulsivothérapie est le traitement adapté dans les cas les plus graves de la psychose ou si celle-ci est associée à des perturbations d’humeur (7).

Références

(1) van Os J, Kapur S, Schizophrenia, Lancet 2009.
(2) Firth J. et al., « The Effects of Vitamin and Mineral Supplementation on Symptoms of Schizophrenia: A Systematic Review and Meta-analysis.», Psychological Medicine, 2017.
(3) Seikkula, J. « A Five-year Experience of First-episode Nonaffective Psychosis in Open-dialogue Approach : Treatment principles, Follow-up Outcomes, and Two Case Studies. » Psychotherapy Research, 2015.
(4)Krebs M.O et al. « Schizophrénie.», Dossiers informations, Inserm.
(5) Franck N. « Remédiation Cognitive chez les Patients souffrant de Schizophrénie.» Annales médico-psychologiques, 2007.
(6) Dossier : « Vivre avec une schizophrénie.» Guide patient n°23, Haute autorité de la santé, 2008.
(7) Krebs M.O et al. « Schizophrénie.», Dossiers informations, Inserm.

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