Scoliose

Présentation de la scoliose

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Scoliose, déviation sinueuse de la colonne vertébrale

La scoliose est une affection de la colonne vertébrale qui se caractérise par une déformation sinueuse de celle-ci en trois dimensions. Il s’agit d’une difformité permanente liée à une torsion du rachis. Son origine est d’ordre génétique. Dans certains cas, sa véritable origine reste inconnue. Néanmoins, une prise en charge efficace est toujours nécessaire pour éviter qu’elle ne se complique par la survenue d’autres pathologies.

Un bon nombre de sujets semblent présenter une torsion de la colonne vertébrale. Le degré d’angulation reste toutefois assez faible chez la plupart d’entre eux rendant alors la déformation plus discrète. La déviation n’est, d’ailleurs, considérée comme pathologique que lorsqu’elle se manifeste sous un angle de plus de 10° degré. Cette affection du rachis peut affecter tout le monde, mais elle se rencontre surtout chez les enfants et les adolescents. La population féminine est, toutefois, de loin plus concernée et touchée par les formes les plus graves. Cette affection doit, en outre, être distinguée de l’attitude scoliotique qui résulte d’une simple mauvaise posture sans réelle rotation du rachis. Celle-ci n’est pas permanente et peut être facilement corrigée.

Causes de la scoliose

Certains facteurs sont connus comme étant à l’origine ou favorisant une torsion permanente dans les trois plans de l’espace du rachis.

– Hérédité. Dans plus de 70% des cas de cette affection, une origine génétique est avancée. C’est, en effet, très fréquent de voir plusieurs membres au sein de la même famille en être simultanément touchés ;
– Malformation congénitale de la colonne vertébrale ;
– Syndrome d’Ehlers Danlos qui est une maladie génétique multisystémique dont l’atteinte du rachis conduit à sa déformation ;
– Maladie de Paget qui touche les os se caractérisant par leur fragilisation, leur hypertrophie et la modification de la charpente osseuse ;
– Certaines pathologies dont notamment celle de Marfan, la poliomyélite, la spondylarthrite ankylosante (rhumatisme du rachis), l’ostéoporose ;
– Présence de tumeurs ;
Infections comme une spondylodiscite (causée par des staphylocoques et affectant les disques vertébrales), un mal de Pott (tuberculose de la colonne vertébrale) ;
– Suite à un traumatisme ;
– Sans causes connues (idiopathiques). La maladie se développe le plus souvent dans tel cas au début de la puberté ;
– Mauvaise posture connue non pour être à l’origine d’une torsion permanente du rachis, mais plutôt comme un facteur favorisant une déformation déjà présente. Son effet est d’autant plus important que le sujet soit en période de croissance.

Manifestations de la scoliose

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Manifestations de la scoliose : douleur dorsale, mauvaise posture, bosse, difficulté respiratoire, …

Aucun symptôme particulier n’est visible à une phase précoce de la maladie. Dans la plupart des cas, elle n’est suspectée qu’à l’apparition de certains symptômes. Parmi ceux-ci, il y a notamment :

– Des douleurs dorsales pouvant altérer la qualité de vie à partir d’un certain degré. En cas de compression d’un nerf, celles-ci peuvent irradier vers les membres inférieurs ;
– De mauvaises postures qui tendent à devenir permanentes avec le temps ;
– Une bosse qui apparait dans la région lombaire, dorso-lombaire ou dorsale selon le cas. Celle-ci est particulièrement visible lors d’une flexion du corps vers l’avant. Dans les cas de scolioses doubles, deux gibbosités sont présentes dans le dos et au niveau des lombes ;
– Une proéminence d’un côté du corps. Elle peut également se manifester par une asymétrie au niveau de la hauteur des épaules. L’une peut sembler plus haute que l’autre ;
– Perturbation du fonctionnement des organes du thorax due à leur compression. Le cœur, les poumons et l’estomac sont, entre autres, les plus souvent concernés ;
– Difficulté respiratoire pour entraîner un essoufflement et une fatigabilité plus prononcée. La diminution de l’oxygénation des divers tissus de l’organisme peut également conduire à de nombreuses complications.

La sévérité de l’affection est, en outre, classée selon le degré de la courbure scoliotique :

Pour une courbe :
– Inférieure à 20° : bénigne. Dans plus de 80% des cas, la torsion rachidienne reste stable tout au long de la vie ;
– Comprise entre 20 et 35° : modérée. Le risque d’aggravation de la déviation du rachis est très élevé pour un angle de courbure au delà de 30° ;
– Comprise entre 35° à 60° : importante ;
– Supérieure à 60° : très importante.

Traitements naturels et classiques de la scoliose

Durant l’enfant, des scolioses légères qui finissent par s’estomper d’elles-mêmes avec le temps sont possibles. Cela s’explique en partie par la flexibilité et la croissance des os pendant cette période de la vie qui ne sont malheureusement plus présentes durant l’adolescence. Dans les autres cas, un traitement est toujours nécessaire et qui d’ailleurs doit être débuté précocement pour limiter le risque de complication.

Parmi tous ces traitements, on cite notamment :

– Les activités physiques :

La pratique de certains sports est conseillée chez les enfants scoliotiques. Parmi ceux-ci, la natation en particulier est mise en avant du fait de sa capacité à favoriser l’extension dorsale ;

– Le corset :

Cette technique consiste à exercer une contrainte mécanique sur la colonne vertébrale pour la pousser à croître dans la bonne direction. Diverses publications reconnaissent que cette thérapie peut efficacement ralentir l’aggravation de la déviation du rachis. Les résultats sont surtout satisfaisants chez les jeunes enfants. Un port de 24 heures par jour est conseillé pour profiter des bienfaits du corset (1). Le traitement doit, par ailleurs, être poursuivi pendant des années ce qui rend souvent les sujets moins enthousiastes ;

– La chirurgie :

Elle est préconisée en cas de déviation scoliotique de plus de 40° et de 45° selon que le sujet soit respectivement en période de croissance et de maturité des os (2). Elle consiste à placer des tiges métalliques qui vont redresser le rachis sur les parties déformées (3). À l’issue de l’opération, cependant, les vertèbres greffées sont totalement bloquées, les autres sont alors obligées de compenser cette rigidité. Il en résulte des douleurs locales et d’autres qui peuvent irradier dans les membres dues à la compression des nerfs ;

– La kinésithérapie :

L’efficacité de la kinésithérapie sur les déviations scoliotiques n’est pas prouvée. Toutefois, elle peut être utilisée pour la prise en charge des diverses complications que cette affection engendre telles que les difficultés respiratoires ou encore celles occasionnées par l’appareillage.
Références

(1) Rowe DE., «Une méta-analyse de l’efficacité des traitements non opératoires pour la scoliose idiopathique.» J Chirurgie des articulations des os, Am.1997.
(2) Sy N e al. «Preuves relatives au traitement conservateur de la scoliose idiopathique chez l’adolescent – Mise à jour 2015.» Curr Pediatr Rev 2016.
(3) Piazzolla A et al., «Instrumentation de Cotrel-Dubousset dans la scoliose neuromusculaire Spine J.», Eur Suppl 1, 2011.

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