Septicémie

Définition de la septicémie

septicémie
Septicémie signifie infection du sang

La septicémie qui signifie de façon littérale « infection du sang» est le terme employé pour désigner également le sepsis. Elle est définie comme étant une infection généralisée de l’organisme suite au passage d’agents pathogènes dans la circulation sanguine. Sa principale manifestation est une réaction inflammatoire accompagnée d’une accélération du rythme cardiaque et de la respiration. Dans les cas les plus graves, elle aboutit au choc septique qui apparait en cas de sécrétion de toxine par les germes. Celui-ci peut rapidement conduire à la mort en l’absence de prise en charge rapide et efficace.

Il s’agit d’une grave affection qui peut toucher tout le monde à n’importe quel âge. Bien que sa prise en charge se soit nettement améliorée, sa prévalence tend à croître depuis quelques décennies. L’apparition d’un nombre croissant de bactéries résistantes aux antibiotiques devient, en outre, de plus en plus inquiétante. En effet, l’antibiothérapie constitue jusqu’ici le seul remède communément reconnus en cas de sepsis. Cette antibiorésistance la rendrait dès lors peu, voire inefficace, dans certains cas.

Causes de la septicémie

Les bactéries sont les principaux agents pathogènes connus comme pouvant être à l’origine d’un sepsis. Dans de rares cas, les champignons dont ceux du genre Candida sont également rencontrés. Mais en général, cela ne survient que chez des sujets ayant le système immunitaire affaibli.
Nombreux sont, en outre, les facteurs qui peuvent être à l’origine d’une infection généralisée. Parmi ceux-ci, il y a entre autres :

– Mauvaise manipulation d’un bouton, d’un acné, d’une pustule, d’un furoncle ;
– Infection d’une blessure, d’une coupure, d’un escarre ;
– Lors d’un soin de dents tels qu’un détartrage ou même un simple brossage qui peut être à l’origine d’une petite blessure laissant alors les germes passer dans le sang ;
– Interventions chirurgicales, un remplacement ou le retrait d’une sonde, une intubation ;
– Complication d’une maladie infectieuse telle que celle du tube digestif, des poumons, des articulations, du cœur ;
– Présence d’un instrument médical dans l’organisme tel qu’un cathéter, une sonde, une prothèse ;
– Baisse de l’immunité comme après un accouchement, lors d’une antibiothérapie, d’une corticothérapie ;
– Déficience du système immunitaire telle que chez les sujets âgés, les jeunes enfants, les nouveaux nés, les personnes souffrant de certaines pathologies comme le sida, le diabète, un cancer ;
– Injection utilisant des aiguilles mal ou non désinfectées ou sans désinfection cutanée. Ce cas est très fréquent chez les personnes qui se droguent par voie intraveineuse

Symptômes de la septicémie

Symptômes de la septicémie : fièvre intense, tachycardie, asthénie, troubles mentaux, …

La survenue d’un sepsis peut être reconnue par certains symptômes dont principalement :

– Une fièvre intense reconnue par une hausse importante de la température et qui se manifeste par poussées. Des frissons accompagnées d’abondantes sueurs sont observables à chaque crise. Dans certains cas, il se peut qu’il y ait plutôt une chute anormalement très basse de la température corporelle ;
– Une tachycardie (accélération de la fréquence cardiaque) associée à une tachypnée caractérisée par une respiration plus rapide. Cette dernière peut rapidement conduire à une baisse de l’apport sanguin en oxygène. D’autres symptômes comme une cyanose (coloration bleue de la peau) ou une froideur cutanée peut alors se produire notamment au niveau des extrémités. Une oxygénation insuffisante entraine, en outre, une perturbation de la fonction des organes ;
– Une asthénie avec une fatigabilité et un affaiblissement importants du sujet ;
– Des symptômes digestifs comme des vomissements, des diarrhées, des maux de ventre ;
– Des troubles mentaux dont une confusion chez les âges extrêmes ;
– Un choc septique en cas de présence de toxines bactériennes dans le sang. Cette complication peut être reconnue par une baisse soudaine de la pression artérielle et une altération du fonctionnement des différents organes. Elle est peut être fatale en l’absence d’une prise en charge urgente.

Traitements naturels et classiques de la septicémie

Le sepsis doit être considéré comme une urgence. Sa prise en charge relève de la compétence médicale. Parmi tous les traitements reconnus pour prévenir et soigner cette affection, il y a principalement :

– Le lavage des mains et une bonne hygiène :

La meilleure façon d’éliminer les bactéries et d’éviter toute infection est d’avoir constamment une bonne hygiène. Un lavage fréquent des mains est à cet effet conseillé particulièrement après avoir été aux toilettes ou en contact avec des objets publics (1) ;

– La phagothérapie :

Certaines publications suggèrent la phagothérapie en cas de sepsis et principalement en cas de bactéries multi-résistantes (2). Solution autrefois adoptée avant la découverte des antibiotiques, elle est encore aujourd’hui utilisée dans les pays de l’Europe de l’est. Elle consiste à administrer des bactéries dites bactériophages qui vont détruire les pathogènes à l’origine de l’affection. La connaissance précise de l’espèce de ces derniers est alors cruciale lors de ce type de thérapie. En effet, son action est très spécifique à la différence de celle des antibiotiques qui peuvent agir sur un large spectre de germes. Considérée comme sûre et rapide, cette thérapie n’a encore jusqu’à ce jour conduit à d’effet secondaire grave (3) ;

– Les probiotiques :

Diverses études avancent les bienfaits des probiotiques tant pour la prévention que pour le traitement du sepsis. Lorsque les bonnes bactéries sont, en effet, en quantité suffisante dans l’organisme, elles parviennent à neutraliser les pathogènes. Elles favorisent, par ailleurs, l’absorption des nutriments utiles à l’immunité et au renforcement de celle-ci. Lors d’une des observations, il a pu même être montré l’efficacité de cette thérapie chez des nourrissons à lutter contre les septicémies fongiques (4). La posologie indiquée semble toutefois très variée dans les études cliniques du fait de l’importante diversité des probiotiques ;

– L’antibiothérapie :

Cette forme de thérapie est la plus répandue en cas de sepsis. Il se fait par voie intraveineuse et doit être débuté le plus tôt possible pour éviter toute complication. Les médicaments combinés dépendent, par ailleurs, de l’agent pathogène en cause, tandis que le traitement peut durer une semaine voire plus selon le cas. Chez les sujets présentant une immuno-déficience, une antibiothérapie est également utilisée à titre de prévention avant tout type de soins ou d’intervention médicale ;

– La propolis :

Lors d’une étude menée sur des rats, il a été observé que la propolis présente des effets bénéfiques lors d’un choc septique. Elle peut, en effet protéger les cellules hépatiques et les neurones, mais également conduire à une baisse des réactions inflammatoires de l’organisme. Cette propriété s’explique par la présence de l’ester phénéthylique de l’acide caféique qui possède un effet protecteur et anti-inflammatoire (6). D’autres études sont toutefois nécessaires pour vérifier l’efficacité sur les hommes de cette matière résineuse utilisée par les abeilles.

Références

(1) Dossier: «Se laver les mains, des mains propres sauvent des vies.», Centre de contrôle et de prévention des maladies.
(2) Ausra G. et al. «Bactéries, phages et septicémie.» Plos one, nov 2007.
(3) Bruttin A. et al. «Volontaires humains recevant Escherichia Coli phage T4 par voie orale: test d’innocuité du traitement par phage.» Agents antimicrobiens et chimiothérapie. Juillet 2005.
(4) Hu HJ. et al. «Les probiotiques préviennent la colonisation à Candida et la sepsie fongique invasive chez les nouveau-nés prématurés: revue systématique et méta-analyse d’essais contrôlés randomisés.» Pediatr neonatol., Avril 2017.
(5) Institut Pasteur, Dossier: «La Septicémie. »
(6) Korish A. et al. «Les dérivés de la propolis inhibent la réponse inflammatoire systémique et protègent les cellules hépatiques et neuronales en cas de choc septique aigu.» Journal brésilien des maladies infectieuses, juillet 2011.

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