Toxoplasmose

Présentation de la toxoplasmose

toxoplasmose
La toxoplasmose est une zoonose, transmissible entre l’animal et l’homme

La toxoplasmose est une pathologie d’origine infectieuse due à un parasite du genre Toxoplasma, le T. gondii. C’est une zoonose, autrement dit une affection transmissible entre l’animal et l’homme. Parmi ses plus grands réservoirs, il y a surtout les chats. Le mode de transmission de l’agent pathogène est alors essentiellement oro-fécal.

La consommation de certaines viandes, dont celles du porc, figure également parmi les plus grands facteurs de risque. Les personnes présentant une baisse de l’immunité ainsi que les femmes enceintes en sont les plus vulnérables. Chez les sujets sains, elle reste sans conséquence grave sur la santé dans la plupart des cas. Certains symptômes peuvent, toutefois, se manifester.

Pour ce qui est de sa prévalence, il est estimé que plus du tiers de la population mondiale est infecté par ce parasite. Elle est beaucoup plus rare dans les pays asiatiques. Ailleurs, elle peut affecter entre 20% à 70% des populations. Dans les régions chaudes et humides, ce taux atteindrait les 97%, tout âge confondu.

Causes de la toxoplasmose

Certaines circonstances peuvent favoriser la contamination au T. gondii. Parmi celles-ci, il y a notamment :

Principales causes

– Une cohabitation avec des animaux domestiques à sang chaud dont principalement des chats. À la différence de tous les autres animaux, les félins sont à l’origine des transmissions par voie oro-fécale. Le T. gondii se loge, en effet, dans leurs parois intestinales et s’y multiplie. Leurs déjections en sont alors infestées.
– Un manque d’hygiène corporelle dont principalement des mains notamment après la manipulation des litières ou des déjections des animaux de compagnie.
– Un non-respect des règles de propreté lors du lavage et/ou de la préparation des aliments. Il en est surtout le cas des fruits et des légumes à consommer crus et qui n’ont pas été pourtant bien stérilisés.
– Une ingestion d’aliments cuits mais qui ont été contaminés durant leur conservation.
– Une consommation de viande mal ou non cuite. Chez les animaux autres que les félins, en effet, les kystes qui renferment le T. gondii envahissent les divers tissus de leur corps. Toutes les viandes peuvent de ce fait en renfermer. Toutefois, celle du porc l’est le plus souvent, soit jusqu’à plus de 40%
– Un usage d’eau infectée par des déjections animales pour l’hygiène corporelle ou alimentaire.
– Une infection du fœtus par la mère contaminée. Le risque de contamination est faible durant les deux premiers mois de grossesse. Cependant, c’est durant cette période que les conséquences sur le bébé sont les plus graves.

Autres causes

– Dans de rares cas, une transfusion sanguine ou suite à une implantation d’organe.
– Certaines professions qui exposent fréquemment à la manipulation des déjections ou à des viandes crues. Il en va de même de celles qui mettent en contact direct avec des animaux ou à des objets souillés. Parmi ces métiers, il y a entre autres les bouchers, les vétérinaires, les laborantins, les personnels de santé, les jardiniers et les agriculteurs.

Manifestations de la toxoplasmose

Une fois ingéré dans l’organisme, le toxoplasma gondii quitte le tube digestif. Il va essayer d’atteindre divers tissus en passant par le sang et s’y installer sous forme de kyste. Parmi les organes les plus fréquemment touchés, il y a notamment le cerveau, le cœur, les muscles, les yeux et les poumons.

La manifestation de cette zoonose varie suivant le sujet atteint :

En cas d’atteinte d’une personne immunocompétente

Chez une personne saine, ayant un bon système immunitaire, l’infection est sans gravité. Les symptômes les plus souvent rencontrés sont entre autres :

– Asymptomatique dans plus de 80% des cas ;
– Tuméfaction des ganglions au niveau du cou. Il s’agit d’un des premiers signes qui se manifestent après environ 1 semaine suite à l’infection ;
Fièvre sur une longue période avec asthénie assez importante ;
– Parfois des maux de gorge.

Les sujets infectés acquièrent une immunité face à de nouvelles infections.

En cas d’atteinte d’une personne immuno-déprimée

Les symptômes de l’infection sont plus importants chez les sujets ayant le système immunitaire affaibli. Il en est le cas de ceux infectés au VIH ou ceux soumis à des suppresseurs d’immunité.
Parmi les signes de la maladie, il y a :

– Céphalées prolongées d’apparition récente. Elles peuvent être accompagnées de fièvre et d’une importante fatigue ;
– Troubles de la coordination, de l’orientation ou du langage en cas d’atteintes cérébrales. Le sujet peut également manifester des symptômes plus diffus comme des somnolences, des convulsions, des paralysies ;
– Paraplégie, trouble sensitif ou encore dysfonctionnement des sphincters si les parasites atteignent la moelle épinière ;
Essoufflement, respiration sibilante, toux chroniques si des kystes sont localisés dans les poumons ;
– Perturbation de la vision en cas d’inflammation rétinienne ;
– Inflammation de l’encéphale.

En cas de contamination in utero

toxoplasmose
Le risque de transmission de toxoplasmose est élevé pendant la grossesse

Le risque d’infection du fœtus augmente avec la période de la grossesse. C’est au cours du premier trimestre que celui-ci est le moins élevé. À l’inverse, une contamination de l’embryon durant ces premiers mois s’accompagne des plus lourdes conséquences. Ceci s’explique par le fait que l’enfant ne dispose pas encore d’un système de défense suffisamment développé. Une infection au cours du dernier trimestre n’engendre dans la plupart des cas qu’une atteinte oculaire.

L’affection peut alors conduire à de nombreux troubles :

– Retard dans le développement psychomoteur ;
– Hydrocéphalie ou microcéphalie ;
– Hypo- ou hypertonie de nombreux organes ;
– Perturbations des mouvements réflexes ;
– Atteintes des pigments des yeux ;
– Mortalité intra-utérine.

Traitements naturels de la toxoplasmose

Certains remèdes peuvent aider à prévenir ou à traiter des cas d’infection au Toxoplasma gondii.

– Adopter une bonne hygiène

Qu’il s’agisse des personnes cohabitant avec des animaux ou de celles exerçant un métier à risque, une bonne hygiène reste la meilleure prévention. Les mains doivent, à cet effet, être régulièrement lavées avec de l’eau potable et du savon. Leur portage à la bouche doit, par ailleurs, être évité.

– Assurer la propreté des aliments

Les fruits et les légumes à consommer crus doivent toujours être lavés minutieusement de préférence à l’eau courante. L’utilisation de certains désinfectants est même préconisée. Une fois nettoyés, les aliments peuvent être trempés 10 mn dans de l’eau de javel à 0.1% ou de l’eau salée. Ceci va permettre d’éliminer complètement les germes (1). Pour ce qui est, par ailleurs, de la cuisson, elle doit atteindre une température qui permet l’élimination des agents pathogènes (2). À part les aliments, les ustensiles de cuisine et les plans de travail doivent toujours être correctement nettoyés. Ceci d’autant plus qu’après un contact avec de la viande crue.

– Éviter l’ingestion des aliments à risque

L’évitement de la consommation de certains aliments est important surtout pour les sujets vulnérables et les femmes enceintes. Parmi ceux-ci, il y a les viandes insuffisamment cuites et fumées, les charcuteries. Les plats à base de fruits ou de légumes sans peau ou non pelés doivent aussi être évités. Il en va de même des aliments lavés ou des boissons avec de l’eau dont la qualité n’est pas certaine.

– Nettoyer quotidiennement les litières

Les parasites contenus dans les déjections des félins ne contaminent que 48 heures après être restés dans des milieux favorables. La litière ou le sol humide entre autres en sont les plus courants. D’où l’importance du nettoyage quotidien des litières. Il est dans tel cas conseillé de porter des gants pour se protéger des germes. L’utilisation d’eau chaude pour le nettoyage est également préconisée. En cas de grossesse, il est recommandé d’éviter tout contact avec ces animaux.

– Isatis

Une étude avance une éventuelle efficacité d’un traitement à base d’extraits d’isatis lors de cette infection. Ceci s’explique par la capacité des dérivés de tryptanthrine qu’ils renferment à neutraliser in vitro la croissance du T. gondii. Les chercheurs concluent toutefois sur la nécessité de recherches plus approfondies avant d’avancer les dosages. (3)

Références

(1) Scott E. et al. « How to Prevent Food Poisoning : A pratical guide to safe cooking, eating and food handling.», Wiley and sons, 1998.
(2) Lopez A. et al. « Preventing Congenital Toxoplasmosis.», Recomm rep. 2000.
(3) Krivogorsky B, et al. « Inhibition of Toxoplasma gondii by indirubin and tryptanthrin analogs.» Antimicrob Agents Chemother. 2008.