Les vraies et fausses vitamines C liposomales

Les termes « vitamine C liposomale sont utilisés à tort ces dernières années, juste pour attirer plus de clients. Ne vous trompez pas, ce ne sont pas toutes les marques de vitamine C portant ce titre, qui peuvent être appelées ainsi. Comme nous l’avons vu dans notre article sur la vitamine C liposomale, il s’agit d’une forme particulière de ce complément alimentaire. Les liposomes ont été développés par les scientifiques pour faciliter le transport des principes actifs, et optimiser leur absorption par l’organisme.

En fait suite à cette étude il nous apparait que la quasi totalité des « vitamine C liposomale » sur le marché n’ont de liposomal que le nom.

Apprenez donc à travers ces lignes comment reconnaître une vraie vitamine C liposomale.

Deux grands procédés de fabrication de vitamine C liposomale

vitamine C liposomale
La vitamine C est piégée dans le compartiment aqueux du liposome

En général, on peut classer les différentes méthodes de fabrication de liposomes en deux grandes catégories d’après leur nature. Il s’agit des procédés de fabrication de complexe liposomé sous forme liquide et de liposomes en poudre ou en gélule. Dans des termes plus clairs, on peut fabriquer des liposomes liquides et secs. Leur qualité et leur efficacité dépendent, cependant, de la technologie adoptée par le fabricant.

Fabrication de liposomes liquides

Objectifs

Les liposomes sous forme de liquide devront comprendre une ou plusieurs couches de lipides (phospholipides) et un compartiment aqueux, qui peuvent respectivement piéger des substances lipophiles et hydrophiles. Notons que la vitamine C est hydrophile. L’acide ascorbique ou l’ascorbate de sodium – principes actifs normalement utilisés – est donc encapsulé dans le milieu aqueux.

Pour une meilleure absorption de la vitamine et faciliter son passage à travers les barrières cellulaires, ces liposomes doivent être homogènes. Leur taille sera comprise entre 50 et 200 nanomètres.

Ils doivent également être stables, c’est-à-dire ne se rompent pas facilement sous l’effet d’autres substances. Les couches de phospholipides peuvent, en effet, se dégrader sous l’action de certaines réactions chimiques telles que l’hydrolyse et l’oxydation.

Techniques

1- Hydratation du film lipidique :

Cette méthode est la plus simple et d’ailleurs la plus ancienne. La plupart des fabricants ont recours à celle-ci pour mettre au point leurs préparations liposomales. Dans un premier temps, on dissout les lipides (naturels ou synthétiques) dans du solvant organique (méthanol, chloroforme). Dans un second, on laisse le solvant s’évaporer en mettant le mélange dans un évaporateur rotatif. Puis, on met dans une solution aqueuse le film lipidique issue de cette deuxième étape. La dispersion ainsi obtenue sera agitée de manière à avoir les liposomes.

2- Technique par injection d’éthanol :

Cette seconde méthode consiste à dissoudre les lipides dans de l’éthanol, puis à injecter la solution obtenue dans de l’eau soumise à une agitation magnétique. Ces deux liquides seront ensuite éliminés par évaporation. Ce qui permet alors d’avoir des liposomes de tailles plus réduites.

3- Procédés mécaniques :

Depuis quelques années, certains fabricants disposent de matériels plus innovants pour former des liposomes, sans avoir à utiliser des solvants. Les phospholipides, l’eau et la vitamine C sont soumis à des fréquences sonores élevées. Ces ultrasons permettent alors d’agiter la solution, créant ainsi les liposomes.

Faux liposomes et produits de piètre qualité

Les faux liposomes qui circulent sur le marché ne respectent aucun de ces 3 procédés. Il s’agit en réalité de simples émulsions, issues du mélange d’huile et d’eau ajouté d’émulsifiant pour assurer leur stabilité. Il est tellement facile de se tromper dans ce cas, car on peut même voir sur l’étiquette du produit les ingrédients tels que phosphatidylcholine et phospholipides.

Pire encore, certains compléments de vitamine C ne mentionnent même pas l’eau parmi leurs composants. Autrement dit, ce sont juste des vitamines avec de la graisse.

D’autres fabricants optent pour l’une de ces techniques, mais leurs produits demeurent quand même de qualité médiocre. Tel est le cas, lorsqu’ils préparent leurs liposomes avec la méthode à l’ancienne. Les liposomes issus de ce procédé sont de très grande taille et nécessitent donc d’autres méthodes d’homogénéisation qui peuvent dégrader les phospholipides et la vitamine C. Parmi celles-ci, il y a la sonication (usage de sondes à ultrasons), la congélation-décongélation (cycle de congélation dans de l’azote liquide suivie d’une décongélation dans de l’eau chaude), etc. (1)

Il est aussi possible de trouver des traces de solvants ou d’alcool dans certains produits.

Fabrication de liposomes en poudre

Objectifs

Le but de cette deuxième méthode est d’obtenir des liposomes de format sec, afin de faciliter leur encapsulation dans des gélules. Dans cette forme, ils présentent l’avantage d’être plus stables face aux différents facteurs externes. Le goût des principes actifs, dans la plupart du temps désagréable, est par ailleurs masqué.

Il est important de savoir, cependant, que cette technique comprend deux phases bien distinctes. La première consiste à créer d’abord des liposomes liquides de petites tailles et dotés d’une stabilité appréciable. L’ascorbate de sodium ou l’acide ascorbique utilisé devra être piégé correctement dans le milieu aqueux. La deuxième phase est la micro-encapsulation de ces liposomes liquides, en les insérant dans des supports solides. Le coût élevé de cette technique peut impacter sur le prix du produit final.

Techniques

Pour la micro-encapsulation des liposomes liquides, on peut recourir à divers supports solides qui serviront de matrice ou d’enveloppe. C’est en fonction de ceux-ci que le fabricant choisira la technique de micro-encapsulation pour son produit.

1- Atomisation ou spray-drying :

C’est la technique la plus adoptée et la moins chère. Il s’agit de pulvériser en fines gouttelettes sur les supports solides les liposomes, en assurant de bien les exposer à une source d’air chaude afin d’évaporer l’eau. L’amidon hydrolysé, la maltodextrine, les composés aromatiques des plantes (acide gallique), les extraits végétaux (gomme de guar et d’acacia), ainsi que les acides gras peuvent être utilisés ici comme enveloppe.

2- Séchage par lit fluidisé :

Pour piéger les complexes liposomés dans les supports employés, on les place ensemble dans une chambre de séchage avec un courant d’air chaud pour les déshumidifier. Parmi les matrices pouvant être adoptées, il y a la maltodextrine, l’hypromellose, l’acide gallique, la cire et les acides gras.

3- Extrusion :

Cette technique consiste à injecter les liposomes sous pression sur les supports solides dans un dispositif, où ils sont brassés ensemble avant de ressortir à travers une grille. Les fabricants peuvent employés ici la maltodextrine, l’hypromellose, les extraits de plante et les acides gras pour obtenir la poudre sèche de liposomes.

4- Lyophilisation :

Lors de cette micro-encapsulation, les liposomes et les supports sont mélangés dans un premier temps. L’eau sera, dans un second temps, sublimée ; c’est-à-dire retirée par surgélation et puis par évaporation. Une fois glacé, ce liquide est évaporé sous vide, sans le faire fondre. Les solides adaptés comme support ici sont l’amidon hydrolysé et les composés aromatiques des plantes.

5- Spray chilling/prilling :

Les liposomes sont pulvérisés sur les solides à une température de plus de 50°C, dans un milieu avec un courant d’air froid. On obtient grâce à cette technique des petites billes sphériques. Ici, ce sont les acides gras et les triglycérides qui peuvent être utilisés comme support aux complexes liposomés.

Faux liposomes en poudre et produits de piètre qualité

Les différentes techniques de micro-encapsulation susmentionnées nécessitent l’usage de matériels performants et un réel savoir-faire du fabricant. D’où le prix exorbitant de certaines marques de vitamine C liposomale. Pour réduire le coût de production de leurs compléments alimentaires, certains fabricants utilisent des supports plus faciles à manipuler et moins chers, tels que la maltodextrine. Or les complexes liposomés s’encapsulent plus ou moins bien, selon l’enveloppe employée.

Certains laboratoires, toujours en quête de la qualité, ont remarqué que l’usage de maltodextrine occasionne une très grande perte de liposomes lors de la micro-encapsulation. Pas moins de 60 à 80 % d’entre eux sont détruits. Par conséquent, il y a une perte importante de vitamine C. Ce qui nous conduit à conclure qu’il est préférable d’éviter les marques qui emploient de la maltodextrine pour leurs préparations liposomales.

Toujours dans le but de réduire au maximum leurs coûts de production, certaines marques, au lieu de préparer elles-mêmes leur vitamine C liposomale, se procurent tout simplement de liposomes liquides vides. Ce qui explique pourquoi leurs produits sont bons marché, et de piètre qualité voire inefficaces. Ces fabricants piègent en effet le principe actif dans ces liposomes, en recourant à la technique d’atomisation.

Dans des termes plus clairs, ils font pulvériser les liposomes sur les supports solides, dans un milieu avec un courant d’air chaud pour faciliter l’évaporation d’eau. Et en même temps, ils ajoutent l’acide ascorbique. Cette technique permet alors d’avoir des liposomes vides et de la vitamine C piégés dans l’enveloppe. Or, cette substance pour atteindre ses cibles doit être transportée par les liposomes. En conclusion, de tels produits sont inefficaces.

Références

(1) Traïkia M et al. « Formation of unilamellar vesicles by repetitive freeze-thaw cycles : Characterization by electron microscopy and 31P-nuclear magnetic resonance ». Eur Biophys J. 2000;29(3):184-95.

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