Hyperphagie

Présentation de l’hyperphagie

Hyperphagie, trouble du comportement alimentaire poussant le sujet à manger de façon impulsive beaucoup d'aliments
Hyperphagie, trouble du comportement alimentaire poussant le sujet à manger de façon impulsive beaucoup d’aliments

L’hyperphagie également appelée hyperphagie boulimique, boulimie sans vomissement ou polyphagie est un désordre du comportement alimentaire qui pousse un sujet à manger de façon impulsive une quantité excessive d’aliments sur une période de temps assez courte. À la différence de ce qui survient lors d’une boulimie, aucune mesure de contrôle de poids n’est entreprise après la crise. Une augmentation pondérale pouvant même conduire à l’obésité constitue dès lors la principale conséquence de cette affection.

Cette perturbation de la conduite alimentaire peut concerner tout le monde. Elle semble, cependant, être, plus fréquente chez les femmes puisque qu’environ 2% d’entre elles sont estimées être hyperphages contre seulement 0,3% chez les hommes. Les adolescents sont, par ailleurs, plus affectés que le reste de la population. Il a été, en outre, observé que plus de la moitié des cas d’obésité est liée à cette pathologie.

Causes de l’hyperphagie

Nombreuses sont les causes qui peuvent conduire une personne à devenir hyperphage.

– Perturbation au niveau du fonctionnement de l’hypothalamus, n’envoyant plus correctement les messages de satiété. Telle perturbation peut être causée par la prise de neuroleptique, de stupéfiants ;
– Manger ou grignoter devant la télévision ou un ordinateur, qui peut empêcher le message de satiété envoyé par le cerveau d’être correctement reçu ;
– Dépression, une profonde tristesse ou un manque d’estime de soi qui peut pousser le sujet à se réfugier dans la nourriture ;
– Stress. Certaines personnes cherchent à gérer leur stress avec la nourriture ;
– Penchant pour les additifs dont les exhausteurs de goûts, les épices et les arômes. Ces rehausseurs de goût peuvent encourager l’appétit ; ce qui conduit le sujet à manger plus qu’il n’en faut ;
– Régime qui incite aux excès à l’alimentation. Ce type de régime inclut notamment les aliments riches en gras et/ou en glucoses dont les snacks, fast-food, soda, les pâtisseries ;
– Régime de perte de poids ou une importante restriction alimentaire durant une certaine période est souvent suivi d’une polyphagie.

Symptômes de l’hyperphagie

Symptômes de l'hyperphagie : obsession impulsive à manger, sentiment de dégoût après les crises, ingestion d'aliments trop rapide, ...
Symptômes de l’hyperphagie : obsession impulsive à manger, sentiment de dégoût après les crises, ingestion d’aliments trop rapide, …

Ce type de trouble de la conduite alimentaire se distingue des autres par certaines caractéristiques :

– Ingestion sur une période de temps assez courte d’une importante quantité d’aliments. Le sujet peut alors n’arrêter de manger que lorsqu’il ressente une distension inconfortable dans son ventre ;
– Envie de manger survenant en l’absence d’un réel besoin physiologique. Lors de sa crise, l’hyperphage cherche donc à manger abondamment sans avoir vraiment faim ;
– Obsession impulsive de surconsommation alimentaire, le sujet semble être incapable de se contrôler devant son appétence ;
– Isolement de l’hyperphage lors de sa crise pour éviter le regard d’un tiers ;
– Sentiments de dégoût et de culpabilité accompagnés de dépression une fois la crise passée ;
– Aucune mesure de contrôle de poids telle que vomissement, prise de laxatif ou sport intensif n’est entreprise après chaque crise ;
– Crise survenant au moins toutes les semaines.

Traitements de l’hyperphagie

Certains traitements sont avancés pour soigner l’hyperphagie boulimique.

– La psychothérapie est avancée dans diverses études comme étant un traitement efficace pour prendre en charge cette affection (1). Une approche multi-dimensionnelle incluant à la fois la cognition, le comportement et les émotions peut aider le sujet hyperphage à gérer ses problèmes psychologiques ou affectifs à l’origine de ce trouble. Ce type de thérapie peut également améliorer ses relations avec les aliments, contrôler son obsession de vouloir se suralimenter et écouter les messages de satiété envoyés par le cerveau ;
– Certaines observations avancent la nécessité de l’encadrement de l’alimentation et de la nutrition de l’hyperphage par un professionnel de santé (2). Tel suivi va aider à la fois à prévenir une surconsommation pouvant conduire à une prise de poids, une malnutrition que peut causer une mauvaise nutrition, ainsi qu’à éviter toute tentative de restriction alimentaire qui peut aggraver la situation de la personne ;
– Une publication souligne les éventuels bienfaits d’une thalassothérapie, un type d’hydrothérapie utilisant l’eau de mer. Selon l’auteur, la mobilisation, l’amélioration de la sensation corporelle et le confort que procure cette thérapie peuvent être bénéfiques chez une personne souffrant de polyphagie (3) ;
– Lors de quelques essais cliniques, il a pu être montré que la pratique d’activités physiques et le yoga ont permis de réduire la survenue des crises de polyphagie chez les sujets observés. Une amélioration de leur état dépressif lié au trouble a été également constatée (4) ;
En cas de troubles des conduites alimentaires associées à une dépression ou à des perturbations psychiatriques, des extraits de guarana peuvent être bénéfiques. Il a pu être, en effet, observé au cours d’une étude menée sur des souris que cette plante présente des effets psychostimulants et antidépresseurs très puissants (5).

Références

(1) Boutillier J., « L’Hyperphagie.», Troubles alimentaires.
(2) « Boulimie et Hyperphagie Boulimique : Repérage et Éléments Généraux de Prise en Charge », Clge de la Hte Autorité de Sté, 2015.
(3) Bagot C., «Hyperphagie: Symptômes et Traitements. », Docteur Bagot.
(4) Vancampfort D., et al., «Une revue systématique sur les interventions de thérapie physique pour les patients souffrant de frénésie alimentaire.», Disabil Rehabil. 2013.
(5) Campos AR, et al., «Effets aigus du guarana sur le comportement de la souris lors de tests de natation forcée et de terrain ouvert», Phytother Res. 2005

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