Santé Science

La rhodiola ou l’ashwagandha pour le stress ?

La rhodiola et l’ashwagandha comptent parmi les plantes médicinales les plus réputées pour leurs vertus exceptionnelles sur la santé. Respectivement originaires des régions froides de la Norvège et d’Inde, leurs premières utilisations remontent à l’Antiquité. Les praticiens traditionnels leur attribuaient déjà depuis cette époque de nombreux bienfaits thérapeutiques. Mais les deux sont surtout connues pour leur capacité à intervenir en situation de stress.

rhodiola ashwagandha

Effet de la rhodiola sur le stress

L’action de la rhodiola rosea, aussi appelée rhodiola ou rhodiole, sur le stress s’explique principalement par sa propriété adaptogène (1). Elle aide, en effet, l’organisme à mieux résister aux divers stress qui l’affectent, et ce, de manière générale. Diverses études ont permis de mettre en évidence ce mécanisme d’action. Il a été surtout observé qu’elle peut influencer la sécrétion d’hormones et de neurotransmetteurs du cerveau.

La plante favorise notamment la production de sérotonine. Il s’agit d’un neurotransmetteur produit dans la région cérébrale. Elle est surtout impliquée dans la gestion de l’humeur, et est fortement associée à la sensation de bien-être.

La rhodiola peut aussi agir sur les glandes surrénales. À ce niveau, elle est capable d’influer à la baisse leur synthèse de catécholamines, dont l’adrénaline et la noradrénaline. Ces dernières ne sont autres que des hormones intervenant en situation de stress. Une étude affirme, en outre, qu’elle contribue également à réduire la quantité de cortisol retrouvée dans la salive.

La rhodiola améliore, par ailleurs, la qualité du sommeil du fait de son aptitude à agir sur l’épiphyse. Toutes ces actions vont améliorer l’équilibre nerveux ainsi que la résistance de l’organisme face aux stress et à la fatigue.

La rhodiola rosea doit essentiellement ses bienfaits thérapeutiques à la rosavine et la salidroside, deux des principes actifs qu’elle renferme. Elle est également riche en flavonoïdes et en antioxydants. Elle contient en outre des vitamines, des acides aminés et des minéraux.

Ce qui la distingue principalement des autres plantes adaptogènes, c’est son aptitude à intervenir efficacement en cas de stress. Son usage est, par ailleurs, considéré comme sécuritaire. Aucun effet indésirable n’a été jusqu’ici répertorié.

Effet de l’ashwagandha sur le stress

Tout comme la rhodiola, la withania somnifera mieux connue sous le nom d’ashwagandha est également une plante adaptogène. Elle peut contribuer à améliorer la résistance de l’organisme face aux divers stress. Cette vertu est secondaire aux effets de certaines des molécules qu’elle contient. Ces dernières possèdent la capacité d’agir sur la sécrétion des glandes surrénales en diminuant le taux des hormones de stress. Il en est, entre autres, du cas du cortisol et de l’adrénaline. Cette plante présente, en outre, une propriété sédative lui permettant alors de favoriser le sommeil et d’en améliorer la qualité.

Les principes actifs de cette plante sont retrouvés dans les feuilles et surtout dans les racines. Parmi ceux-ci, il y a la withaférine A principalement reconnue pour ses propriétés adaptogènes et antistress. Elle renferme aussi des flavonoïdes, des alcaloïdes, des acides gras ainsi que des minéraux.

En plus d’être bénéfique en période de stress, l’ashwagandha contribue également au bon fonctionnement du corps en général. Son usage demande, cependant, de nombreuses précautions. Il est entre autres déconseillé d’en prendre en cas de grossesse et chez les sujets souffrant d’hyperthyroïdie. À forte dose, la plante provoque des troubles digestifs et son action hypnotique peut devenir dangereuse. Par ailleurs, depuis 2012, la racine de l’ashwagandha figure parmi les remèdes médicinaux considérés comme étant à risque (2). Ses effets secondaires potentiels se sont, en fait, avérés être comme étant plus importants que les bienfaits thérapeutiques attendus.

Les propriétés médicinales de ses racines semblent, en outre, être plus importantes chez les hommes. Ce qui n’empêche pas toutefois leurs utilisations chez la femme.

Synthèse

Lequel choisir ?

La rhodiola et l’ashwagandha sont l’une comme l’autre des plantes médicinales pouvant être utilisées pour combattre le stress. Leur association est même souvent conseillée pour obtenir de meilleurs résultats.

Toutefois, l’usage de la première est de loin le plus intéressant et davantage recommandé. Il est, en effet, connu que la rhodiola est la plante adaptogène la plus efficace quant à sa capacité à améliorer la résistance de l’organisme en situation de stress. Elle se différencie aussi par son aptitude à agir simultanément sur les taux des hormones de bien-être et celles de stress. Par ailleurs, contrairement à l’ashwagandha, la rhodiola n’est pas sédative et sa prise ne présente quasiment aucun danger. Elle peut convenir à tout le monde et est tout aussi bénéfique chez les hommes que chez les femmes.

Dosage indiqué

Pour recourir à la rhodiola en cas de stress, la dose fréquemment prescrite est de 350 mg à 550 mg par jour. Il est conseillé de prendre les gélules en deux prises, de préférence le matin et le midi. Le remède peut, en effet, perturber l’endormissement s’il n’est pris que le soir. Chaque dose est à ingérer environ une demi-heure avant les repas principaux.

Pour profiter des bienfaits de la plante, il est recommandé de suivre une cure d’une semaine. Ensuite, effectuer une pause de 7 jours avant de reprendre une autre période de cure. Il est toutefois à noter que son action stimulante peut s’ajouter à celles d’autres remèdes ou médicaments ayant le même effet. Dans tel cas, l’avis d’un médecin est nécessaire.

En outre, avant de choisir un extrait en poudre ou en gélules, mieux vaut s’assurer de la qualité du produit. Il faut alors vérifier que le remède est bien fait à base de la seule espèce rhodiola rosea. Et qu’il renferme 1% de salidroside et 3% de rosavine.

Références

(1) Shevtsov VA, et al. « A randomized trial of two different doses of a SHR-5 Rhodiola rosea extract versus placebo and control of capacity for mental work.» Phytomedicine. 2003.
(2) « Liste B des Plantes Médicinales Utilisées Traditionnellement en l’État ou sous Forme de Préparation dont les Effets Indésirables Potentiels sont Supérieurs au Bénéfice Thérapeutique Attendu.» Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, 2012.