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Pourquoi Julien Venesson a tout faux sur le curcuma

Edit du 02/01/19 : Après la publication de notre article, Julien Venesson nous a menacés juridiquement. Mais, il a quand même pris quelques-unes de nos remarques en compte pour modifier ses dires. Par conséquent, il a mis à jour son article sur le curcuma. Donc ce n’est pas totalement tombé dans l’oreille d’un sourd. Sa stratégie de riposte : essayer de nous discréditer. Comment s’y est-il pris ? Essentiellement en sollicitant la paresse intellectuelle de ses lecteurs pour qu’ils ne lisent surtout pas notre contre-analyse. Celle-ci est uniquement scientifique et basée sur des faits vérifiables, que voici. Tous les détails au bas de cette page.

Avant propos : Julien Venesson est un auteur sur le sujet de la nutrition et du sport. Il travaillait également auparavant pour Santé Nature Innovation (SNI Editions) en tant que rédacteur en chef. Son statut d’autodidacte plait à un certain auditoire, cependant nous allons voir que cela pourrait conduire à de la désinformation.

Nous ne souhaitons pas alimenter une quelconque polémique, mais nous avons été alertés sur l’une de ses publications, qui a mis le doute dans l’esprit de nombreux lecteurs, intitulée : « Pourquoi le curcuma ne marche pas » (et dans sa newsletter au travers le titre racoleur  » Curcuma : les études étaient truquées« ).

Je suis biologiste et naturopathe, je dirige le site Phytonut.com qui propose une sélection rigoureuse de compléments alimentaires performants. Nous référençons notamment différentes formules de curcuma. Le discrédit injustement fondé depuis la parution sème le trouble chez nos clients, alors même qu’ils ont obtenu des résultats significatifs précédemment. Cet article est un droit de réponse direct à publication. Je ne fais ici aucune publicité, ceci est uniquement dans le but de vous offrir une transparence optimale.

Nous allons l’étudier ici en détail point par point sous l’angle scientifique et donner notre avis.

> Veuillez noter que je suis conscient que cet article est assez technique, c’est pourquoi je vous demande la plus grande attention. La pseudo science ne peut pas être combattue par un article qui se serait voulu au contraire simpliste.

Méthodologie : Pour ce faire, nous allons à chaque fois utiliser les propres sources que cite Julien Venesson dans son article. Nous allons les lire dans leurs intégralités afin de vérifier s’il dit la vérité.

Julien Venesson introduit son article en se définissant lui-même de la sorte :

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> Analysons dès à présent ce qu’il en est vraiment :

Les principes actifs du curcuma

Passons directement aux passages intéressants de son article. Sur les principes actifs du curcuma, Julien Venesson écrit :

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Cette liste donnée n’est pas exhaustive (on peut rajouter par exemple l’octahydrocurcumine). Une partie de la curcumine va se transformer en tétrahydrocurcumine (THC) par les bactéries au sein de l’intestin. Il s’agit en effet d’un métabolite de la curcumine qui va remplacer deux doubles liaisons par des liaisons simples et va ainsi acquérir des ions d’hydrogènes en plus. Mais première erreur : il écrit que ces métabolites vont être transformés en molécules plus solublesC’est inexact. Seules les curcumine sulfate et glucoronide, dont on parle justement dans l’article sur la curcumine libre, sont solubles dans l’eau et donc rapidement éliminées par l’organisme. La tétrahydrocurcumine et l’hexahydrocurcumine restent quant à elles totalement insolubles dans l’eau (<0.0056 g/L) au même titre que la curcumine (et vont d’ailleurs aussi se transformer à leur tour en formes glucuronides ou sulfates).

Deuxième erreur de ce paragraphe : il explique que les chercheurs (?) pensent que la THC serait responsable de la majorité des bénéfices associés au curcuma (rien que ça.). Il ne cite ici aucune source. Nous avons de notre côté trouvé une étude de type « review » publiée en 2015 (1) qui a fait un état des lieux complet sur cette comparaison. Elle conclut exactement le contraire : la THC aurait une action antioxydante potentiellement plus importante. Cependant, elle serait extrêmement limitée par rapport à la curcumine : pas d’action anti-inflammatoire notamment, voyez plutôt :

cibles de la curcumine
La curcumine a une action plus puissante que la THC sur les cibles en jaune et est la seule à pouvoir agir sur les zones en bleu.

La curcumine a donc un champ d’action biochimique (notamment sur les enzymes et cytokines inflammatoires ou son action pro-oxydante) beaucoup plus important et complet que la tétrahydrocurcumine.

L'(in)efficacité du curcuma selon Julien Venesson

Voici la première partie de son analyse :

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Dans sa référence numéro un (Lancet Oncol, 2014), il explique que le taux augmente selon cette étude. Mais, il oublie de préciser qu’encore aujourd’hui (en 2018), selon les données les plus fiables (GLOBOCAN), l’Inde reste l’un des pays les moins touchés dans le monde par le cancer. On recense 65 morts pour 100 000 personnes. Et cela malgré le fait que le pays souffre d’une pauvreté extrême et d’une forte pollution. Les auteurs parlent d’ailleurs d’une forte corrélation entre la pauvreté, les infections et le cancer. De plus, les perturbateurs endocriniens associés à l’industrialisation peuvent être mis en cause, car le cancer du sein est de loin le plus important en Inde.

La mauvaise détection précoce du cancer joue également au contraire en faveur d’un taux plus élevé de mort. Il en va de même pour l’accès aux traitements (et de l’efficacité des traitements eux-mêmes) : moins de 30% de taux de survie sur 5 ans et plus en Inde, contre plus de 60% en Europe ! On souligne et met en avant une énorme inégalité sociale et que leur gouvernement n’alloue que très peu de ressource publique à la santé. Rien à voir avec « des taux qui paraissaient plus bas », ceci n’est absolument pas mentionné dans l’étude en question. Enfin, celle-ci ne parle par ailleurs à aucun moment du curcuma… Donc impossible d’en tirer quoi que ce soit à ce sujet. Mais Julien Venesson, lui, nous explique que cette étude est la preuve indéniable que l’effet du curcuma sur le cancer est un mythe.

Dans ce même paragraphe, il indique aussi que même avec 10g de curcumine, on observe peu voire pas d’effets. Déjà, notons que les Indiens (pour rester dans le thème du paragraphe) consomment le curcuma avec des huiles, des corps gras, et/ou du poivre… et donc en augmente la biodisponibilité. Ensuite les auteurs de cette étude pondèrent avec le fait qu’ils ont malgré tout observé certains effets avec de faibles doses, du fait que les métabolites présentent une activité, même si elle semble moindre par rapport à la « curcumine parente » (comprendre curcumine non transformée et donc non liée). Nous expliquons justement tout ce concept dans l’article sur la curcumine libre.

Les auteurs expliquent alors que la curcumine pourrait être un traitement intéressant par exemple pour le cancer colorectal qui est la zone recevant la plus grande concentration de curcumine libre avant d’être biotransformée, ou que la biodisponibilité variera en fonction des différentes formules… Pourtant Julien Venesson conclut que :

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Comme nous venons de le voir, les deux études ne nous permettent pas du tout de conclure que le curcuma ne marche pas pour le cancer. Ensuite, certes les études in vitro puis in vivo sur les animaux ne peuvent garantir une efficacité similaire directement chez l’homme. Pour autant, on ne peut absolument pas dire qu’il s’agit d’informations mensongères ou trompeuses. On peut simplement spéculer d’après la base d’études scientifiques en l’état qu’il y a tout lieu de penser que la curcumine pourrait être un traitement contre le cancer alternatif intéressant. Il faut simplement faire preuve de retenue dans un sens comme dans l’autre. Concernant le dosage soi-disant inatteignable, rappelons que les méthodes « traditionnelles » qui consistent à mélanger le curcuma avec du poivre noir et/ou des graisses (comme de l’huile) ont déjà tout de même été prouvées pour en augmenter la biodisponibilité (2).

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Ici c’est un tout autre sujet : il y a effectivement des travaux sur le curcuma d’un chercheur (le Dr Bharat Aggarwal) qui ont été retirés… Mais ceci est loin d’être une nouvelle ! En fait, l’enquête a démarré en 2012 et l’info a été rendue publique en février 2016. Soit après que ce dernier ait pris une retraite anticipée et qu’il se soit vu retirer 7 études… Contrairement à ce que dit Julien Venesson, on ne l’a donc pas appris en avril 2018. Son erreur de date provient vraisemblablement d’une mauvaise traduction d’un article en anglais (« by april 2018 ») qui fait simplement un état des lieux des études contestées et donc supprimées à cette date. Puis finalement en septembre : après inspection 28 publications retirées (des 65 que l’on sait suspectes depuis 2016), sur ses 500+ publications.

Nous avons regardé une à une les 65 études suspectes en détail, et précisément 9 concernent la curcumine. À titre de comparaison, on référence à ce jour dans pubmed plus de 12000 études sur la curcumine ! Cela n’empêche pourtant pas Julien Venesson d’écrire en titre dans sa newsletter : « Curcuma : les études étaient truquées !« .

Ensuite nous pouvons lire sur son article :

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Julien Venesson modère ici toutefois un peu ses propos des paragraphes précédents : il passe « d’informations mensongères » à « très exagérées ». Cependant, un peu plus loin il nous donne une autre explication absolument incroyable : le curcuma serait mal absorbé du fait qu’il est liposoluble, avec en prime un exemple très simpliste. Alors certes, il s’adresse sans doute à un public moins scientifique, mais cette affirmation n’en reste pas moins fausse. On ne peut définir si une molécule va être bien absorbée ou non simplement basé sur sa solubilité. La seule indication que cela va donner c’est qu’elle sera plus ou moins bien absorbée suivant si prise à jeun ou non, mais cela n’a rien à voir (lors d’un repas, nous avons un écoulement de la bile vers le duodénum ce qui permet entre autres de digérer les graisses).

La biodisponibilité d’une molécule est beaucoup plus complexe que cela. Sa structure, son poids moléculaire, le nombre de liaisons rotatives, la surface polaire sont autant de paramètres qui vont influer la biodisponibilité. La biochimie est un sujet en soi très complexe que ne maîtrise visiblement pas Julien Venesson. Ce sont d’ailleurs les formes hydrosolubles de la curcumine une fois transformée au niveau hépatique notamment qui vont faire qu’elle est rapidement éliminée.

Continuons :

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Ce passage mérite d’être relevé. Pour Julien Venesson, le curcuma des compléments alimentaires aurait été modifié chimiquement et n’est donc pas naturel. Évidemment ceci est une énorme ineptie. On appelle naturel ce qui appartient à la nature. Autrement dit, la curcumine même si elle est extraite par un procédé de macération et purification hydro alcoolique, n’en reste pas moins une molécule totalement naturelle. C’est le même principe que pour le thé dans lequel l’eau sert de solvant sur ses molécules polaires (catéchines, etc.) : on ne consomme qu’un extrait de ce dernier.

La curcumine en supplément est simplement un concentré de curcuma. On la trouve sans ordonnance et on la considère comme un produit alimentaire. À l’inverse les médicaments sont des molécules issues de procédés de synthèse et ne se retrouvent pas à « l’état naturel dans la nature ».

Comprendre : naturel vs origine naturelle.

Avec les titrages en principes actifs de plantes, on permet bien souvent de garantir des effets thérapeutiques, mais on reste sur des produits totalement naturels. Pour aller plus loin, le fait que la curcumine soit une molécule naturelle fait que celle-ci ne peut être couverte par un brevet en tant que tel, autre qu’un procédé d’extraction ou de formulation. C’est la raison pour laquelle aucun laboratoire pharmaceutique n’utilise de principes actifs naturels et n’opte pour des versions de synthèses dont ils ont l’entière propriété.

Le discours très polémique sur le curcuma se trouve amplifié d’autant plus par Julien Venesson, puisqu’il écrit :

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Là encore cette partie est à isoler de tout le reste de l’article, car elle n’a strictement aucun lien. Premièrement, cette étude a été faite en utilisant des flacons de produits finis aux USA, et en aucun cas auprès directement des fabricants (3). Ensuite, aucune marque n’a été citée : il est donc impossible de savoir quels sont les acteurs en tort (ou non) .

On note par exemple, l’utilisation de curcumine synthétique (et non naturelle pour le coup) et de résidus de solvants, même si on ne sait pas si ceux-ci ne proviennent pas des additifs ou excipients qu’ils ont pu rajouter.

Concernant les solvants : sachez tout d’abord qu’il en existe 3 catégories (cela nous servira également pour la partie suivante de cet article), classées par ordre de dangerosité :

  • première classe : solvants potentiellement cancérigènes et donc à éviter.
  • deuxième classe : solvants à utilisation limitée
  • troisième classe : solvants à faible toxicité et sans danger (acétone, éthanol, acétate d’éthyle…).

Idéalement, il faut que d’une part la curcumine soit naturelle et donc extraite du curcuma par des solvants de classe 3. Et d’autre part, il faudra aussi que ceux-ci ne soient plus présents dans le produit fini (ou seulement à l’état de traces, soit en dessous de <5000 ppm).

Dans cette étude, 71% des produits testés avaient des traces de solvants de catégorie 1 ou 2. Mais encore une fois on ne sait pas de quelles marques US il s’agit et si cela provient des additifs ou excipients utilisés par celles-ci.

> Pour connaitre les solvants utilisés par les principaux fabricants, lisez l’étude complète : Bien choisir sa curcumine.

En revanche, contrairement à ce que mentionne Julien Venesson, l’étude ne parle à aucun moment de pesticides !

Elle met par contre en lumière que la teneur en plomb était plus élevée pour les produits contenant de la racine entière de curcuma, et à l’inverse moins élevée pour les extraits standardisés ou biodisponibles. Un parallèle est d’ailleurs fait avec la poudre de curcuma de table qui serait la plus concernée par le problème. La teneur en plomb, exprimée en ppm, respecte pour tous les produits testés (sauf un seul), les normes USP alimentaires.

Les stratégies des marques pour se différencier selon Julien Venesson

Relevons quelques passages :

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En général les laboratoires sérieux doivent annoncer l’absorption relative de ces deux valeurs : AUC (volume de l’aire sous la courbe) et Cmax (concentration maximale), mais l’AUC est clairement LA valeur de référence. Pour une compréhension complète : voir le tableau récapitulatif à la fin du guide d’achat pour la curcumine. Tout s’y trouve décodé pour vous.

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Alors là il s’agit d’un autre non-sens de Julien Venesson. Il nous explique qu’il est difficile de passer de nanomoles à des nanogrammes (et inversement). Il ajoute que l’on ne connait pas le poids moléculaire du produit… C’est inexact ! On parle de curcumine (et/ou de DMC / BDMC) donc on connait le poids moléculaire (ex.: curcumine = 368.38 g·mol−1). On ne parle à aucun moment du poids d’un produit inconnu (?).

Il est très facile de passer d’une mesure à l’autre avec un simple calcul. Par exemple si dans une étude on parle en ng / mL (= µg / L), une simple division de cette valeur par la masse molaire permet d’obtenir des nanomoles / mL (et sachant que 1 nmol/mL = 1000 nM). C’est pourtant une base en science…

Il est difficile de comparer les valeurs brutes entre elles, mais ce n’est pas pour ces raisons-là, et non ce n’est pas dans un but de tromper le lecteur.

Continuons : il écrit :

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Ce passage très « théorie du complot » est assez grave et il n’avance ici aucune preuve. Quoiqu’il en soit, les études se retrouvent toutes publiées dans des journaux scientifiques ayant un comité scientifique de lecture. Il avance également qu’il faudrait que les études soient « refaites » ce qui n’est pas vrai ! C’est la taille de l’échantillon qui importe, et on n’est pas sur le même niveau d’exigence que dans le pharma contrairement à ce qu’il laisse entendre… Les moyens financiers ne sont clairement pas les mêmes (d’où notamment un nombre restreint de personnes). Mais toutes les études des marques citées ci-après n’ont pas l’objet que d’une seule mesure puisque cela a été fait à chaque fois sur plusieurs personnes.

Malgré toutes ces critiques infondées et ces erreurs, Julien Venesson va quand même tenter de nous éclairer sur les meilleures marques avec un système de notation (basé sur des critères totalement flous), analysons cela :

L’avis de Julien Venesson sur les différentes marques

Dans cette partie, nous allons voir que Julien Venesson se trompe sur de très nombreux points pourtant critiques. Nous allons également voir que son système de notation censé « nous aider à faire la différence entre les produits » se trouve complètement faussé, et donc totalement aléatoire :

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Au moment où l’on rédige ces lignes, l’info sur le mode d’extraction du Novasol n’a pas pu être procurée. Mais ce que dit Julien Venesson semble erroné : l’éthyle acétate et le méthanol sont les solvants utilisés pour les analyses sanguines, dans l’étude sur l’absorption (4). Il est peu probable que la curcumine utilisée par le Novasol ait été extraite également de la même manière. On va y revenir un peu après pour le Longvida.

En ce qui concerne le polysorbate, cet additif se trouve effectivement peu recommandable dans ces doses. L’article Bien choisir sa curcumine évoque tout cela en détail, et ce, avant la publication de son article.

Pourtant cela n’empêche pas Julien Venesson de lui attribuer un 4/10 :

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Ici, il dit que la valeur d’absorption relative par rapport au contrôle (185X), ne peut être comparée aux autres marques, car l’étude a utilisé des nanomoles au lieu de nanogrammes… C’est une nouvelle fois totalement faux ! L’absorption relative est au contraire la seule donnée que l’on peut exploiter pour pouvoir comparer les marques entre elles. Et il persiste et signe sur le fait qu’on ne peut comparer des nanomoles à des nanogrammes.

Comme nous l’avons vu, il est très facile de passer d’une mesure à l’autre. Par exemple l’AUC pour la curcumine de ce produit a été de 12147,7 nmol/L par heure et de 65,6 pour le contrôle, soit bien un facteur de 185X. Maintenant si on convertit les nanomoles en nanogrammes, on a 12147,7 / 1000 (pour passer aussi sur des ml) et ensuite multiplier par la masse molaire, ce qui nous donne 4474,9 ng/mL par heure pour le Novasol et 24,17 pour le contrôle, soit encore le même facteur : 185.

Ensuite, il dit que les sujets ont eu un petit déjeuner riche en graisse… Mais l’étude n’en fait aucunement mention. En revanche, voici l’explication donnée : les sujets ont tous eu le même dîner la veille de la supplémentation, et que le matin ils ont pris la curcumine Novasol ou standard au travers d’un sirop d’aspérule.

L’absorption relative vs contrôle a été de 185 pour tous les sexes confondus, de 277 pour les femmes, et de 114X pour les hommes.

Passons, à la marque suivante :

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Cette partie pourrait être considérée comme diffamatoire. Julien Venesson sous-entend que le dioxyde de silicium utilisé dans le Longvida contiendrait des nanoparticules… mais il n’apporte aucune preuve ! Ce qui est un comble ! Nous allons le voir après pour la Theracurmin. En fait, le document technique que nous avons obtenu de la part de Verdure (le fabricant), déclare clairement qu’il n’en contient pas. Les fabricants doivent fournir des documents conformes aux produits qu’ils commercialisent aux autorités compétentes (ex.: Européennes), et les contrôles s’effectuent sur la base de ces derniers.

Le « site spécialisé » qu’il mentionne n’a rien de spécialisé (il s’agit d’un simple « blog »), mais abonde dans notre sens:

N’en déplaise à Julien Venesson, ce n’est pas pour faire plus naturel que l’on appelle le dioxyde de silicium : silice ! Le dioxyde de silicium c’est de la silice. Ça fait partie pourtant des bases de la chimie ! Deux atomes d’oxygène + un atome de Silicium = une molécule de silice. On la retrouve à son état naturel notamment dans les plantes. Toutefois, il se peut que des industriels utilisent des formes raffinées contenant volontairement des nano particules. Mais cela n’est clairement pas le cas du Longvida, tout comme ce n’est pas le cas si vous consommez de l’ortie ou de la prêle des champs. La silice est notamment nécessaire pour les articulations et les os.

Il persiste ses dires dans les commentaires de l’article, où il fait également une erreur (qui ferait grincer les dents d’un chimiste) : en confondant acide stéarique et stéarate de magnésium !

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C’est faux ! L’un est un acide gras végétal naturel que l’on retrouve dans le cacao par exemple, tandis que l’autre est un sel industriel de l’acide stéarique…

Mais Julien Venesson ne s’arrête pas là ! Il indique également que cette curcumine a été extraite avec un solvant dangereux : le méthanol ! C’est encore totalement faux. Il confond l’extraction du produit avec l’extraction liquide-liquide de la curcumine à partir du plasma sanguin (protocole d’analyse). Les échantillons de plasma des participants ont été préparés avec du méthanol afin de mesurer leurs teneurs en curcumine. Cela n’a donc strictement rien à voir. Le produit est lui extrait uniquement avec des solvants de classe 3 (les solvants les plus sécuritaires) : l’acétate d’éthyle et l’éthanol.

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Julien Venesson se trompe à nouveau sur ce produit. Il explique qu’il n’a fait l’objet d’une étude que sur 6 sujets uniquement. Encore faux : L’étude en question (5) a été réalisée sur exactement 17 personnes réparties en deux groupes. 11 personnes atteintes d’un cancer avancé (ostéosarcome) et 6 en bonne santé. Il faut noter que ces derniers ont été leurs propres contrôles, ce qui est l’idéal pour vraiment vérifier l’efficacité (chaque personne ayant un organisme différent). Ils ont donc pris la dose contrôle (650mg d’un extrait 95% (apportant 390mg de curcumine pure)) et la dose de Longvida (650mg apportant 130mg de curcumine pure) à 2 semaines d’intervalle. Le tout en respectant d’être à jeun.

Ensuite pour parler de l’absorption, Julien Venesson nous explique qu' »il est facile de parler d’une biodisponibilité multipliée par 100, car le niveau d’absorption des 650mg curcuminoides était inférieur à 1 ng/ml«  alors qu’en fait c’est l’inverse : C’est au contraire plus facile pour une marque d’améliorer ses chiffres si ses analyses en détectent… Le fait que la curcumine standard (95%) à ces faibles doses ne soit pas détectée prouve que le protocole d’analyse est vraiment fiable et rigoureux. Nous allons y revenir.

Ce qui l’entraîne à nouveau sur une fausse conclusion, puisqu’il dit que 650mg du produit n’a permis d’atteindre que 22,43ng/mL et que c’est faible. Alors déjà deux choses :

  1. Il parle ici de la Cmax qui rappelons le, n’est pas aussi fiable que l’AUC ( 95,26ng / mL pour la dose de 650mg et 154ng / mL pour la dose de 2000mg), mais qui reste tout de même plus de 67X supérieure au contrôle !
  2. Il faut aussi préciser que si ces valeurs semblent faibles par rapport aux autres marques, c’est, car il a été testé uniquement la curcumine libre (donc non conjugué) dans le sang, c’est une grosse différence d’analyse.

> Tout cela est expliqué en détail dans l’article sur la curcumine libre. Vous trouverez une comparaison directe avec les autres marques grâce au tableau dans Bien choisir sa curcumine.

Il est donc important de prendre en considération une nouvelle fois l’absorption relative. Et insistons sur le fait que le contrôle (650mg de curcumine 95%) n’a pas eu de curcumine détectée, ce qui est un gage de qualité, contrairement par exemple à l’étude sur la Theracurmin (6) que nous allons voir juste après.

Dans cette étude, la mesure de la curcumine libre seule a été rendue possible grâce à un protocole d’analyse spécifiquement mis en place : par HPLC-PDA. À ce jour, ce protocole d’analyse semble le plus efficace.

Toujours concernant la Longvida selon Julien Venesson :

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L’étude de 2015 qu’il cite (6) a été réalisée sur un groupe de 60 personnes en bonne santé. Ces personnes ont entre 60 et 85 ans. 30 d’entre elles ont pris du placebo et les 30 autres un traitement de 400mg de curcumine Longvida. Seulement une heure après la prise de curcumine, on a constaté que les performances cognitives ont augmenté. Une augmentation de 16% pour ce groupe ayant pris le traitement contre seulement 2% pour le placebo. Le score monte à 17% après 4 semaines de supplémentation. Il est intéressant de noter également des bénéfices significatifs sur la fatigue physique, la vigilance, la mémoire et le cholestérol.

Julien Venesson minimise ces résultats en contrebalançant avec une autre étude (7). Problème : comme celle-ci l’indique, elle a été utilisée sur des sujets en bonne santé. De plus, ils sont plus jeunes : âgés de 45 à 74 ans. Malgré tout, contrairement à ce qu’affirme Venesson, elle ne note pas une absence d’effets. Mais elle relève simplement de petites améliorations d’environ 3% dans la compréhension de lecture (aucun changement dans le placebo). Les scientifiques notent que ces effets minimes sur des facteurs normalement stables avec le vieillissement et l’absence d’effets particuliers sur ceux liés à de la dégénérescence sont possiblement dus à « un effet plafond ». En effet, les personnes n’avaient pas de problème / déclin cognitif à la base. Notons que cette équipe de recherche est la même qui a trouvé une amélioration de la fonction endothéliale vasculaire de 35 à 40% en utilisant le Longvida (8).

Ces effets positifs sur le cerveau par le Longvida peuvent s’expliquer par le fait qu’il s’agit d’une des seules curcumines à être libérée dans le plasma sous sa forme libre.

Julien Venesson ne cite à chaque fois que quelques études au hasard pour toutes les marques. Mais la Longvida semble être la curcumine qui a le plus fait l’objet d’études sur l’homme. On en référence à ce jour plus de 15 au total. Toutes ces erreurs lui font attribuer une note encore pire que la Novasol et son polysorbate.

Vient ensuite la marque préférée de Julien Venesson (il y attribue la meilleure note) : la Theracurmin

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Dans ce passage d’introduction sur cette marque, Julien Venesson fait un véritable pied de nez à ce qu’il a écrit précédemment. Il ne voit aucun problème à ce que la Theracurmin soit sous une forme de nanoparticule. Voyons cela plus clairement :

Nous avons vérifié dans l’étude sur l’efficacité de son absorption (9) et il est précisé que la taille moyenne des particules de la Theracurmin (diamètre D50%) est de 0.19μm, soit 190nm.

Or, d’après un rapport mis en place par la communauté européenne (le SCENIHR (10)), une taille moyenne de particules comprises entre 100 et 500nm classe le produit en catégorie 2. Cela signifie qu’il faut considérer comme très probable le fait que ce produit ait une partie (>0.15%) de la distribution d’une taille inférieure à 100 nm.

Par conséquent, la Theracurmin peut être considérée comme une vraie nanoparticule. Par conséquent, elle a des propriétés physico-chimiques totalement différentes d’une curcumine classique. Alors certes, c’est un procédé qui va en augmenter son absorption, mais les effets à long terme des nano particules, qu’elles soient organiques ou non, sont assez peu connus et la prudence devrait toujours être de mise.

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Dans cette étude sur la biodisponilité de la Theracurmin (11), Julien Venesson y voit une absorption de 40 fois supérieure… C’est faux également, on a trouvé cette valeur sur le groupe de rats… Sur l’échantillon humain, ils ont testé 30mg de curcumine 95% sur 7 personnes, et 30 mg de Theracurmin sur 7 autres personnes. L’AUC est exactement 27,5X supérieure pour la Theracurmin, et 16X pour la Cmax.

Notons aussi qu’ils ont trouvé étonnement une AUC (0 à 6h) de 4,1 ng/ml par heure, avec une dose aussi faible que 30mg de curcumine 95%, alors que normalement cela ne devrait pas être détecté. Comme nous l’évoquions précédemment, c’est la raison précise pour laquelle on ne peut pas comparer directement ces valeurs brutes entre elles, du fait des différences qu’il existe dans les protocoles d’analyses. On doit donc se baser uniquement sur l’absorption relative de 27,5X.

Ensuite Julien Venesson continue en expliquant que l’efficacité sera dose dépendante, mais qu’une saturation n’apparaît qu’à partir de 100mg de curcumine. Il se base sur une étude (12) qui a pourtant fait son test à partir de 150mg de Theracurmin et dans un second temps 210mg (soit respectivement 5 et 7 gélules).

Passons maintenant au BCM-95 :

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Il trouve que pour le BCM-95 « l’étude a été bien faite ». Pourtant il nous semble que c’est l’une des études (12) sur laquelle il y a des choses à redire. Après l’avoir lue en intégralité, on peut lire que c’est 2000mg de BCM95 qui ont été donnés, soit l’équivalent de 4 gélules de 500mg. Le BCM-95 contient 65% de curcumine, soit 325mg de curcumine par gélules de 500mg.

On a réparti les 11 sujets de l’étude ont été répartis en 3 groupes. 8 personnes ont été leurs propres contrôles pour tester l’absorption du BCM-95 contre une dose de curcumine équivalente (95% ?) après 2 semaines d’arrêt de traitement. 3 autres ont été leurs propres contrôles pour cette fois observer l’absorption du BCM-95 contre une formule en dosage équivalent de curcumine, mais cette fois avec du poivre noir et des phospholipides.

Premier problème : ils ont détecté quasiment la même absorption relative du BCM-95 que cela soit contre la curcumine simple et la curcumine avec poivre noir et phospholipides. 6,93X et 6,37X respectivement. Autrement dit, dans leur étude, le poivre noir n’a eu aucun effet sur l’absorption. Ceci va donc à l’encontre des autres études. Cependant la dose de pipérine, n’a pas été précisée.

Deuxième problème : quand on observe les mesures, on s’aperçoit que le groupe utilisé pour comparer l’absorption du BCM-95 avec la curcumine / poivre noir / lécithine a obtenu des résultats 24% meilleurs avec le BCM-95 que celui de l’autre groupe. Ces résultats pondèrent encore plus leurs données, car si on compare le groupe sous curcumine / pipérine avec celui sous curcumine seule, on observe une différence de seulement 35%.

Pour ces deux premiers problèmes, difficile dans ses conditions de donner du crédit aux marques. Elles pourraient être tentées de communiquer sur une absorption 7 fois supérieure du BCM-95 par rapport à la même dose de curcumine + poivre noir.

Notons qu’ils utilisent pour leurs analyses des ng/g et non des ng/ml, donc encore une fois il est préférable de se baser sur leur valeur d’absorption relative. Julien Venesson dit que ces chiffres ne semblent pas farfelus ou exagérés, mais lui qui ne sait pas comparer les nanogrammes et nanomoles, sur quoi se base-t-il ?

Concernant le reste du paragraphe : c’est du marketing. En effet, le BCM-95 n’a pas de documents techniques différents des autres, notamment sur la teneur en plomb. L’absence de teneur en solvant résiduel n’est pas non plus garantie par le fabricant :

Sur ces points précis, le document technique fourni par Arjuna (le fabricant) indique les données suivantes:

  • teneur en plomb : inf. à 3ppm (certaines autres marques ont des garanties supérieures, ex : Pour le Longvida, le document technique indique une teneur inférieure à 0.05ppm)
  • solvants résiduels : conforme USP (c’est très largement différent de ce que dit Venesson)
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Si on se fie à la marque que nous conseille Venesson, on a 500mg de curcumine par gélule, soit donc 770mg de curcumine + des excipients végétaux + l’enrobage de la gélule… Il serait intéressant d’utiliser une balance de précision et de mesurer le poids… Car on peut se poser la question : comment tout cela peut-il rentrer dans une gélule et être encore facile à avaler ? Si certains d’entre vous ont déjà acheté chez cette marque, n’hésitez pas à mettre en commentaire votre avis.

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Dans cette partie, Julien Venesson donne une étude pour appuyer le fait que la pipérine modifie la perméabilité intestinale et peut conduire à des maladies auto-immunes. C’est quand même un jugement que l’on estime un peu trop dur. En effet, l’étude qu’il cite (13) parle uniquement d’études sur des rats et à des doses assez élevées (5mg minimum de pipérine / kg). Le poivre noir est l’un des rares ingrédients consommés depuis longtemps par l’homme et dont on a quand même pu avoir un certain recul. On pondère ici simplement ces propos (d’autant qu’il attribue un 1/10 comparé au 4/10 du Novasol et sa haute dose de polysorbate).

On rajoute aussi que le poivre noir est une stratégie très bon marché pour augmenter la biodisponibilité de la curcumine sous une forme libre.

Enfin, Julien Venesson donne la référence d’une étude (14) qui aurait trouvé des effets secondaires à cause du poivre noir. Seul hic : cette étude n’a pas utilisé de poivre noir… seulement de la curcumine « pure » (95% curcuminoides) à haute dose : 2g à 4g / jour sur plusieurs semaines (3 sujets sur 24 ont eu ces désordres intestinaux).

Avant-dernière marque analysée : Le Curqfen

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Là Julien Venesson conclut le passage que l’on a souligné en rouge, en disant que les informations sont trompeuses si on « ne lit pas les études en détail ». Mais lui-même ne semble pas l’avoir fait pour tout ce que nous avons vu jusqu’ici. Voyons si c’est le cas pour cette marque :

Il cite le site internet du fabricant qui annonce un facteur de 45,5X sans citer l’étude en question (15) qui au passage est la plus grande de toutes (échantillon de 50 personnes !) : réalisée uniquement sur des sujets sains, à jeun, en double aveugle, randomisée et crossover (10 jours d’écart entre les traitements). C’est l’étude la plus récente (2016). Il préfère de son côté, évoquer seulement une étude de 2012 (25). Cette dernière est beaucoup plus petite, et semble expérimentale puisqu’on parle tout juste de la méthode de développement de cette formule de curcumine par ultra son.

À aucun moment il ne cite la grande étude réalisée en 2016 sur 50 personnes.

Concernant le Meriva, le deuxième mieux classé par Julien Venesson :

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Il « oublie » dans cette section de préciser que cette étude (16) a été réalisée sur 9 personnes qui ont pris le produit avec un aliment très gras : un bagel à la crème de fromage. Rappelons que les curcuminoides ont un meilleur taux d’absorption avec des aliments gras. Pour observer l’efficacité d’un produit, l’idéal est de l’étudier à jeun.

Par contre, il se trompe dès qu’il essaye une nouvelle fois de faire une analyse. Il prétend que l’on peut observer dans cette étude une saturation d’absorption avec le Meriva. Or c’est totalement faux :

Deux doses de Meriva ont été testées : 209mg et 376mg. Soit 79% plus de produits pour le deuxième dosage. Si on prend l’AUC pour les curcuminoides totaux, nous avons respectivement 640 ng/ml et 1336 ng/ml. Soit une augmentation d’absorption de plus de 108% pour seulement 79% de produit en plus ! Il n’y a donc absolument pas de saturation ici, au contraire.

L’erreur de Julien Venesson provient probablement du fait qu’il a comparé seulement les valeurs d’absorptions relatives du tableau… Alors que celles-ci sont indiquées comme étant normalisées par rapport à une dose de curcuminoides équivalentes non formulées !

Pour ce produit, il cite bizarrement beaucoup plus d’études que pour les autres marques (qui en ont pourtant beaucoup plus que ce qu’il a mis en avant) :

julien venesson extrait
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La première étude qu’il cite (17) indique que 1.5g de Meriva a était inefficace pour soulager suffisamment les douleurs chez les patients, contrairement à 1g de paracétamol.

Par contre avec 2g de Meriva, les résultats sur les douleurs ont été très légèrement plus efficaces que 1g de paracétamol. Problème : 9 sujets sur 15 ont reporté des problèmes gastriques (lourdeur d’estomac, nausées et brulures d’estomac), tandis qu’aucun effet secondaire n’a été constaté avec le paracétamol.

La deuxième étude (18) ne compare pas le Meriva avec des médicaments, mais explique qu’il a permis de diminuer l’utilisation sur les sujets étudiés, des anti-inflammatoires non stéroïdiens.

Pour le reste de ses références, cela ne concerne finalement directement que leurs titres ou leurs résumés. Donc on passe directement à sa référence 33 (19 chez nous) :

Selon Julien Venesson, la prise de curcumine en plus du traitement classique a permis d’augmenter la durée de vie des patients atteints d’un cancer du pancréas « de 8,4 mois sans curcuma contre 10,2 en moyenne ». Il a tout simplement mal traduit le résumé de l’étude… 8,4 mois c’est la durée de traitement pendant laquelle le cancer n’a pas empiré ! Et 10,2 mois c’est la durée de survie globale.

Même erreur de traduction pour sa référence 35 (20 chez nous). L’étude n’indique pas que la curcumine a permis de baisser un risque de rechute de 80%… Mais que plus de 80% des patients ont réduit les symptômes et signes d’inconforts aux yeux.

Enfin, nous terminerons cet article avec son dernier paragraphe :

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Julien Venesson pense que puisque le curcuma est mal absorbé, il va rester dans l’intestin et être plus actif qu’une formule à haute biodisponibilité. En fait, ce n’est pas non plus vrai. Déjà ce n’est pas du curcuma à proprement parler qui est mal absorbé, mais ses principes actifs : les curcuminoides. Une fois ingérées celles-ci vont se transformer en métabolites moins actifs, après être passées par le foie. Autrement dit, un extrait de curcumine 95% peut exercer toute son action au niveau intestinal sans problème.

On préférera déjà donc de la curcumine 95% de type Curcumin C3 Complex (la curcumine la plus étudiée cliniquement dans le monde), plutôt qu’une poudre de curcuma simple, car :

  1. La poudre de curcuma, comme on l’a vu, se trouve souvent plus chargée en plomb que les extraits secs.
  2. Si vous n’utilisez pas de poivre noir, il faudra une dose plus importante de poudre de curcuma pour agir.

Ensuite, contrairement à son titre, absolument rien ne dit que la curcumine à haute biodisponibilité va être inefficace. Pas même les études de son propre paragraphe :

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Julien Venesson nous parle de « curcuma simple »… Pourtant dans la première étude (20), c’est 2g de curcumine qui ont été donnés, et non pas 2g de curcuma (qui rappelons-le, ne contient que maximum 5% de curcuminoides !). Tandis que dans la deuxième étude (21), c’est également 3g de curcumine (un extrait 95%) qui a été utilisé, et toujours pas de « curcuma simple ». Tout cela se trouve pourtant clairement indiqué dans les études respectives…

Même chose après :

Copyright julienvenesson.fr (27/09/2018)

L’étude sur le bain de bouche (22) a été faite avec une solution contenant 20% de curcumine. L’étude de type review (23) (sa référence 41) sur la maladie de Crohn a mis en avant uniquement des études qui parlent de curcumine, et non pas de « curcuma simple ». Mieux : la plupart des études citées ont utilisé des formules de curcumine à haute absorption… La deuxième est aussi une review (24), et on peut constater la même chose.

Et c’est ainsi que l’on termine notre analyse sur l’article de Julien Venesson.

Conclusion : Julien Venesson a écrit un article totalement faux

En commençant à rédiger cette contre-analyse de l’article de Julien Venesson, largement repris un peu partout sur internet, on ne pensait pas avoir autant de travail tant les erreurs y sont nombreuses. Comme vous pouvez désormais le voir par vous-même, la quasi-totalité de son article est fausse. Pire, parfois il fait même dire l’inverse des études qu’il cite. Parfois il fait de la mauvaise traduction de l’anglais et d’autres fois il n’a carrément pas lu ses propres références.

Nous espérons que cet article permettra de développer le sens critique de nos lecteurs et de toujours vérifier les infos et les sources.

Il convient de toujours être très prudent avec ce genre de titre sensationnaliste. Notons aussi que ses articles ont déjà été soumis à controverse par différentes sources. Pour notre part, nous nous sommes arrêtés à celui-ci.

Edit (02/01/2019) : Quand Julien Venesson essaye de se justifier

Plutôt que d’admettre ses erreurs ou de débattre sur le fond de notre article, Julien Venesson a préféré utiliser la voie juridique pour nous menacer par le biais de son avocat. On ne commentera pas plus ce genre de pratique.

Il a également modifié son texte original aussitôt notre article paru (le 18 décembre 2018, soit seulement 24h après)

Évidemment il était prévisible qu’il essaye de se justifier par une « pirouette » puisque les arguments présentés ici sont absolument incontestables. Nous avons simplement étudié les références qu’il cite pour nous apercevoir au final, qu’il ne les a pas comprises et fait des erreurs de traduction assez grossières. C’est ce que nous avons dénoncé.

Voici la mise à jour de son intro :

Copyright julienvenesson.fr (28/12/2018)

Vous noterez qu’il ne répond en aucun cas à un seul des arguments présentés ici. Julien Venesson préfère continuer sur une communication basée sur l’émotionnel plutôt que le rationnel : « avertissement », « attention », etc.

Dans un souci d’honnêteté intellectuelle, j’ai choisi de communiquer en mon nom propre, car je n’ai absolument rien à cacher. Vous noterez également que contrairement à ce qu’il semble sous-entendre, je ne fais ici la promotion d’aucun produit comme vous avez pu le voir.

1/ Julien venesson et les « coquilles »

Il dit également avoir corrigé quelques « coquilles » : donc on dit n’importe quoi, mais il corrige quand même certaines erreurs ?

Puisque l’on s’attendait à ce genre de réponse de sa part, nous avons fait authentifier son texte original par huissier (Maître Pierre LANDELLE) en date du 17 décembre (avant qu’il ait mis à jour son texte en « corrigeant certaines coquilles »). Nous vous invitons donc à vous fier aux impressions écrans ici présentes.

Sa nouvelle version modifiée réussit l’exploit de se contredire par moment. Voici quelques exemples :

exemple 1:

AVANT :

Copyright julienvenesson.fr (27/09/2018)

Après avoir lu notre article, il corrige en indiquant que finalement si, le poids du produit est connu (il copie-colle un peu de ce que nous avons écrit > se référer à notre analyse.)

APRÈS :

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Cette partie en rouge vient donc en contradiction avec sa première partie. Et ce qu’il dit reste faux (c’est hors sujet) ! Aucun consommateur n’a à faire cette conversion puisque les marques ne communiquent jamais là-dessus… Il mélange deux sujets bien distincts ici.

Notez également que comme vous pourrez le voir dans notre exemple 3, il a laissé (à ce jour…) son argument sur les ng/ml : ce qu’il dit s’avère donc totalement hors de propos et non scientifique de sa part.

exemple 2 :

Certaines fausses informations ont tout simplement été retirées comme les parties sur les solvants :

Copyright julienvenesson.fr (27/09/2018)

Mais ses conclusions et les notes sont restées les mêmes, malgré d’autres corrections de ce même type comme encore :

exemple 3 :

AVANT :

Copyright julienvenesson.fr (27/09/2018)

APRÈS :

Copyright julienvenesson.fr (18/12/2018)

Tous ces exemples de correctifs interviennent suite à ce que nous avons dénoncé : des erreurs de lectures et de traductions.

2/ Ajout d’une interview d’un chercheur spécialisé ?

L’interview à laquelle fait référence Julien Venesson a été intégrée dans sa partie sur le Longvida :

Ledit « chercheur spécialisé » est le Dr Krishnakumar. Il travaille pour la société Akay (l’entreprise qui a sorti le Curqfen), soit un concurrent direct des autres marques. Cela ne semble pas poser de problème à Julien Venesson : comment peut-on accepter les arguments d’une marque sans laisser le soin à l’autre de se justifier ?

De notre côté, nous avons déjà donné notre avis à ce niveau :

  • On peut surtout pointer du doigt les marques qui ont utilisé une étape de déconjugaison pour mesurer la curcumine dans le sang (c’est le cas de la theracurmin, meriva, etc.)
  • On peut voir le verre à moitié vide… ou à moitié plein ! Si le groupe de contrôle (supplémentation avec de la curcumine « normale ») détecte de la curcumine, qui plus est sous une forme libre, dans le sang, même à faible dose, alors comment donner de la valeur aux chiffres élevés pour le groupe supplémenté avec les formules ? C’est le cas notamment de l’étude de ce chercheur…
  • C’est pourquoi les valeurs réelles ne peuvent pas être comparées les unes aux autres. Seulement la différence entre le groupe contrôle et le groupe supplémenté avec la formule doit être prise en compte. C’est la façon la plus objective possible de comparer ces études. Le reste n’est que marketing et chacun se tire la couverture.

Cette interview n’a par ailleurs aucun lien avec le reste de l’article.

3/ Il dit forcément la vérité (il faut le croire sur parole)

Julien Venesson dit ne pas toucher d’argent sur les ventes de curcuma et donc être beaucoup plus crédible. Comme nous l’avons vu, c’est totalement faux. L’un n’empêche pas l’autre. Il est également faux de croire qu’il n’a aucun intérêt financier… Tirer sur des compléments populaires comme le curcuma comme il le fait, ne permet-il pas de bénéficier d’une attention toute particulière ? (Rappelons qu’il vend ses livres, et vend désormais des compléments)

De plus, en critiquant un complément (le curcuma notamment) vendu par de nombreuses marques, cela ne va-t-il pas renforcer sa crédibilité à ne pas en vendre sur son site Unae (qu’il appelle par abus de langage soit dit en passant un « laboratoire ») ?

Copyright julienvenesson.fr (27/09/2018)

(Le curcuma (ou autre produit populaire) ne marche pas, c’est nul, etc. -> regardez je n’en vendrai pas = fiez-vous à Unae et/ou achetez ses livres).

Enfin, Julien Venesson conclut en disant que toutes ses sources sont vérifiables en libre accès. -> C’est précisément ce que nous avons fait. Et il les a mal lues ou pas comprises (erreurs de traductions, etc.).

Ne nous y trompons pas : il semble plutôt compter sur une paresse intellectuelle de ses lecteurs afin qu’ils n’aillent pas vérifier ses propres références ou notre contre analyse.

Vous avez des questions à propos de cet article ? N’hésitez pas à mettre un commentaire dans la section ci-dessous !

Références :

(1) Molecules 2015, 20(1), 185-205;
(2) Planta Med. 1998 May;64(4):353-6.
(3) Mol Nutr Food Res. 2018 May 29:e1800143
(4) Mol Nutr Food Res. 2014 Mar;58(3):516-527
(5) J Agric Food Chem. 2010 Feb 24;58(4):2095-9.
(6) J Psychopharmacol. 2015 May;29(5):642-51
(7) Nutrition and Healthy Aging, vol. 4, no. 4, pp. 323-333, 2018
(8) Aging (Albany NY). 2017 Jan 3;9(1):187-208.
(9) Biol Pharm Bull. 2011;34(5):660-5.
(10) Scientific Basis for the Definition of the Term « nanomaterial », ISSN 1831-4783 ISBN 978-92-79-12757-1
(11) Biol Pharm Bull. 2011;34(5):660-5.
(12) Indian J Pharm Sci. 2008 Jul-Aug; 70(4): 445–449.
(13) Phytomedicine. 2002 Apr;9(3):224-31.
(14) Alzheimers Res Ther. 2012; 4(5): 43.
(15) Journal of Functional Foods 2012;4(1):348–357.
(16) J Nat Prod. 2011 Apr 25;74(4):664-9.
(17) Journal of Pain Research 6(default):201-5 · March 2013
(18) Panminerva Med. 2010 Jun;52(2 Suppl 1):55-62.
(19) Clin Ophthalmol. 2010 Oct. 21;4:1201-6.
(20) Clin Gastroenterol Hepatol. 2015 Aug;13(8):1444-9.e1.
(21) Clin Gastroenterol Hepatol. 2015 Aug;13(8):1444-9.e1
(22) Oral Health Prev Dent. 2013;11(1):81-86.
(23) Complement Ther Med. 2017 Aug;33:32-38.
(24) Crit Rev Food Sci Nutr. 2018 Mar 22:1-8.
(25) Journal of Functional Foods, Vol 4, Issue 1, January 2012, Pages 348-357

26 Commentaires sur Pourquoi Julien Venesson a tout faux sur le curcuma

  1. Article très intéressant, clair et net… La vérité scientifique ne s’improvise pas! Elle évite de nous faire gober n’importe quoi et se fout bien de l’image des uns ou des autres

      • Longvida et CurQfen sont de très bons produits
        CurQfen a une Biodisponibilité Relative pour la curcumine circulante de 7 à 15 en fonction de l’alimentation ; mais ne vous attaché pas trop à cette valeur RB, elle n’est pas calculée de la même manière selon les marques.
        CurQfen a une très bonne AUC, valeur liée à la quantité de curcumine circulante (5 publications scientifiques). Seul petit problème entre 8 h et 12 après la prise de CurQfen, la curcumine est quasiment éliminée. Dans mon cas, je prends 1 gélule matin et soir.
        Pour Longvida l’absorption/élimination semble un peu plus compliquée. La résultante semble que la curcumine circule plus longtemps. C’est un bon produit : les publications traitant de pharmacologie en attestent.

  2. A mon avis, Venesson cherche à créer la polémique pour mieux vendre ses propres produits, son article me paraissait bizarre mais je n’ai pas pris la peine de vérifier comme vous l’avez fait. Merci

  3. Quelle confiance accorder à l’ « Académie de Nutrithérapie » créée par Julien Venesson, avec des vidéos et des conseils sur internet, moyennant ….47€/mois ?

    • Aucune confiance. Je m’y suis abonné le 19-06-2019 à 47 €/mois (avec 1 mois de gratuité) puis,ai désiré m’en retirer comme cela était prévu et…promis ! J’ai donc adressé deux courriel le 30-07-2019 puis le 07-08-2019 et … RIEN ! j’attends donc toujours les réponses à ce jour.Cela est une belle arnaque.Méfiez vous ! NB: je viens encore d’être soutiré de 47 € le 20-09-2019 ….

  4. Je suis abonné au journal de la médecine ant-âge de SNI éditions. Dans le n° 26 de février 2019, il y a un article d’une pharmacienne et nutrithérapeute. Son sujet le Curcuma ressemble plus à du copie-paste. Julien Venesson a fait partie de SNI éditions. Je pense ce qui fait la valeur d’un article sur les propriétés médicinales, c’est celui d’un auteur qui a de solides connaissances scientifiques comme docteur ingénieur ou bien comme professeur de médecine. Mais pas la valeur des connaissances collectées par des articles compilés souvent traduits de l’anglais ou autres. Il faut beaucoup de connaissances et d’intelligence pour rendre compréhensible une communication scientifique. L’espoir et la confiance fait vivre mais pas le doute.

  5. Je n’y crois pas aux études scientifiques des journalistes. A mon avis il faut un bon bagage de diplômes scientifiques. Aucun article ne devrait paraître sans la qualification d’un doctorat et d’une solide expérience. Le problème est l’ordre des médecins qui ont envoyé de nombreux praticiens devant les tribunaux ou les ont rayés de leur tableau.

    • Cela dépend, il est possible d’être un très bon autodidacte mais ce n’est effectivement pas son cas. Il fait vraiment trop d’erreurs de compréhension ou de traduction, ce qui est quand même un comble pour un soi-disant journaliste scientifique. Il est surtout dans le marketing et particulièrement de mauvaise foi.

  6. Julien Venesson vient de lancer « L’Académie de Nutrithérapie » pour « vous permettre d’accéder à la BONNE information sur les compléments alimentaires qu’il vous faut ! »… moyennement un abonnement de 47 euros par mois (sans indication précise de durée).
    Le partenaire de son projet est « BioSanté Editions », dont les méthodes marketing ressemblent furieusement à celles de Santé Nature Innovation (SNI). Curieusement, si vous vous abonnez à SNI Et à BioSanté Editions, votre numéro d’abonné sera identique. Julien Venesson dit avoir quitté SNI pour « se recentrer sur les valeurs qui sont les miennes ». Vraiment ?
    Autre curiosité: pour inciter le lecteur à s’abonner à la coûteuse « Académie de nutrithérapie », les compétences de JV sont survendues. Mais à aucun moment n’est mentionné le fait qu’il commercialise désormais des compléments alimentaires. Bravo la transparence ! Vous avez dit éthique ?

  7. Bonjour, après avoir lu hier l’article de Mr Venesson, je lui ai envoyé deux mails, correspondant à deux questions qui me sont venues simultanément. 1/ Que penser de la forme « nanoparticules » ? Sachant le principe de précaution, ce qui explique la non-vente en France. 2/ dans certaines formes phospholipidique, il y a un excipient cancérigène, hydroxypropylmethylcellulose. Dans les deux cas, il me renvoie à son document. Enfin, que pense-t-il du mélange curcuma-gingembre-poivre noir ? Réponse très brève, dommage qu’il y ait du poivre noir.
    Restée dans l’expectative, j’ai continué mes recherches et je viens de lire votre documentaire qui me conforte dans la réserve que j’émettais. Merci pour cet éclairage.

  8. J’ai été abonnée un temps, à SNI. J’ai vite arrêté, cela transpirait l’auto-publicité ; des infos à vérifier et pourtant décrites comme LA vérité. La possibilité d’accéder à d’autres informations moyennant un paiement supplémentaire…

  9. Merci infiniment pour ce travail de clarification qui permet d’être vraiment au fait. J’ai observé aussi ces méthodes marketing , lourdes et similaires entre SNI et BSE comme le dit Catherine. Indispensable de pouvoir comprendre ce qui se joue en réalité.

  10. Bonjour et merci d’avoir pris le temps de vérifier les informations publiées je trouve que M Venesson non seulement aurait pu s’excuser mais vous féliciter pour avoir découvert les erreurs liées soit. A l’incompréhension soit à la méconnaissance de la langue anglaise soit au manque de formation de base
    Ce n’est nullement une honte que de reconnaître ses défauts ou ses manques
    Cela devrait l’inciter à approfondir son savoir
    Quel dommage de torpiller sa notoriété ainsi
    Cette étude a pour mérite de nous éclairer sur l’emprise marketing auprès des journalistes soi disant scientifiques
    A qui se fier?
    Nous n’avons plus le choix : faire nos recherches nous-mêmes et ça prend du temps mais très enrichissant
    Merci d’avoir publié cet article
    Cordialement
    Arthur

  11. Bonjour,
    Quelle est la différence entre une spécialité avec uniquement de la curcumine (un principe actif du curcuma longa) et la formulation C3Complex (3 principes actifs du curcuma longa au niveau résorption, au niveau activité, au niveau stabilité….?
    Merci pour votre réponse.

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  1. Pourquoi Julien Venesson se trompe à propos du curcuma – Curcumideal-Science-Nature
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