Sclérodermie

Présentation de la sclérodermie

sclérodermie
Sclérodermie, affection des tissus conjonctifs caractérisés par un durcissement de la peau

La sclérodermie est une affection des tissus conjonctifs qui se traduit essentiellement par un durcissement et une modification de l’aspect de la peau. D’étiologie non identifiée, elle s’explique dans la plupart des cas par une atteinte auto-immune du fait de la présence d’auto-anticorps dans le plasma sanguin des personnes concernées.

Nombreuses sont les formes de sclérodermies rapportées dans la littérature et qui peuvent être classées en 3 grands groupes :

– Localisée, reconnue par l’apparition de lésions sur la peau ;
– Systémique diffuse, associant les atteintes cutanées à des symptômes qui s’étendent jusqu’au niveau des organes internes ;
– Systémique limitée, se caractérisant par une atteinte gastrique et vasculaire en plus des signes cutanés.

Cette pathologie est rare n’affectant que moins de 1/100.000 sujets avec une prédominance féminine. Pouvant, par ailleurs, toucher tout le monde à tout âge, elle concerne néanmoins davantage les sujets de plus de la quarantaine à l’exception des formes auto-immunes qui affectent surtout les personnes âgées de 20 à 50 ans.

Causes de la sclérodermie

Bien que la véritable étiologie des sclérodermies ne soit pas encore connue, divers facteurs sont avancés comme pouvant expliquer ou favoriser leur survenue :

– Hérédité prédisposant certaines personnes à cette pathologie. Des cas de sclérodermies touchant les membres d’une même famille ont été, en effet, recensés ;
– Certaines affections dont notamment le diabète ;
– Prise de certains médicaments, telle que lors d’une injection intramusculaire de vitamine K 1. Ce qui cause des lésions cutanées sur la zone de la perfusion ;
Intoxication alimentaire suite à la consommation de produits de mauvaise qualité ou périmés qui peut être fatale ;
– Fuite de silicone dans certains cas, chez les sujets utilisant des implants faits à base de cette matière ;
– Exposition fréquente à la silice telle qu’en cas d’exercice de certains métiers consistant à manipuler ce minéral. Il y a les fabriquants de verre, sculpteurs, mineurs, etc.

Symptômes de la sclérodermie

sclérodermie
Symptômes de la sclérodermie peuvent être localisés, systémiques diffus ou limités

Les symptômes que peuvent occasionner les sclérodermies sont très divers et varient selon le type de l’atteinte :

Sclérodermies localisées

Dans les formes localisées, les lésions, connues sous le nom de morphées, n’affectent que la peau. Elles peuvent se manifester différemment suivant le type et la zone du corps touchée :

– Plaques chauves dépigmentées ayant un tissu cicatriciel en leur milieu lors des sclérodermies affectant le cuir chevelu. Il y a perte de sensibilité au niveau des zones lésées avec une importante baisse de la production de sueur ;
– Taches cutanées semblables à des gouttes de couleur blanche diffuse sur la peau dans les formes dites en goutte ;
– Macules de couleur rouge-violacée apparaissant sur la peau qui tendent à devenir dures. Elles se blanchissent en leur centre pour laisser au bout de quelques temps de bandes roses ou blanches nacrées. Chez les sujets ayant la peau claire, une liserée rouge peut être observée sur ces bandes ;
Ces lésions sont dures, très fermes, et difficiles à pincer. Elles peuvent entrainer des dépressions cutanées le long des bandes. Dans les cas les plus importants, des déformations peuvent s’installer s’il y a atteinte de certaines zones du corps comme le doigt, le visage ou encore la boîte crânienne. Celles-ci sont davantage prononcées si elles touchent un enfant.

Pour ce qui est de la guérison, elle se fait, dans la plupart des cas, spontanément au bout de 3 ans au maximum.

Sclérodermies systémiques diffuses

Ces formes se distinguent par une atteinte des organes internes de l’organisme outre les lésions scléreuses cutanées. Dans les cas les plus graves, divers troubles surviennent dans le fonctionnement cardiaque, pulmonaire, rénal et digestif. Parmi ceux-ci, il peut y avoir entre autres :

– Une déglutition difficile et des reflux gastro-œsophagiens causés par des lésions sclérodermiques dans l’œsophage. Des ulcères peuvent même se former dans les formes les plus graves ;
– Une insuffisance rénale s’accompagnant d’une hypertension artérielle ;
– Une insuffisance respiratoire secondaire à une fibrose en cas d’atteinte des poumons. Elle peut se compliquer par la survenue d’une hypertension pulmonaire ;
– Une ischémie cardiaque due notamment à un trouble de la vascularisation dans le cœur ;
– Une fragilité des os et une inflammation des articulations touchées ;
– Un affaiblissement des muscles qui peuvent être douloureux.

Sclérodermies systémiques limitées

Les formes limitées se caractérisent par la manifestation de 5 symptômes :

– Induration cutanée conduisant à une peau plus lisse sur tout le corps y compris le visage. Les doigts atteints se gonflent puis se déforment. Leur flexion devient de plus en plus difficile. Les lèvres, elles, s’entourent de rides très marquées tandis qu’un effilement est observé sur le nez ;
– Apparition de nodules calcifiées sur la peau accompagnée d’ulcération au niveau des articulations dans certains cas ;
– Télangiectasie au niveau du visage et des extrémités. Celle-ci se caractérise par une dilatation anormale des capillaires qui deviennent alors très visibles ;
– Perturbation de la vascularisation sanguine au niveau des extrémités ou syndrome de Raynaud. En cas de basse température, il y a resserrement des vaisseaux sanguins conduisant à une baisse de l’oxygénation locale. Il s’ensuit une cyanose qui se manifeste par une coloration bleue des doigts ou des orteils affectés. À l’inverse, en cas de forte chaleur, ces derniers prennent une coloration rouge et deviennent douloureux ;
– Assèchement des muqueuses de la bouche et des yeux. Une perturbation de la progression des aliments dans l’œsophage peut également survenir. Celle-ci se traduit par une sensation de gêne à la déglutition.

Traitements naturels de la sclérodermie

Bien que rares, les atteintes sclérodermiques diffuses sont lourdes de conséquences, voire fatales dans la plupart des cas. Elles sont d’autant plus graves car aucun remède efficace n’est à ce jour connu pour sa prise en charge. Dans les autres formes de sclérodermies, certains remèdes sont avancés comme pouvant apaiser les symptômes.

Parmi ceux-ci, il y a :

– Curcumine :

Certains spécialistes avancent l’éventuelle efficacité de l’usage de la curcumine pour traiter ce type de pathologie. Ce principal élément actif du curcuma possède, en effet, des actions anti-inflammatoires pouvant être bénéfiques lors des maladies auto-immunes. La dose prescrite pour ce traitement est l’équivalent de 11g par jour de cette molécule (1) ;

– Ginkgo biloba :

Pour la prise en charge des troubles de l’irrigation sanguine au niveau des extrémités, diverses publications mettent en évidence les bienfaits du ginkgo biloba. Les feuilles de cette plante présentent des effets vasodilatateurs qui peuvent favoriser la circulation du sang dans les fins vaisseaux des périphériques. Pour l’utilisation de ce remède, le dosage journalier recommandé est d’environ 120 mg d’extraits normalisés des feuilles réparti en 3 prises (2) ;

– Huile d’onagre :

Lors d’une étude menée sur des sujets souffrant du syndrome de Raynaud, le recours à l’usage de l’huile d’onagre a été bénéfique. Ceci s’explique en partie par l’acide gamma linoléique qu’elle contient. Cet acide gras est connu pour sa capacité à réduire la survenue des réactions inflammatoires (3). La dose quotidienne recommandée pour recourir à ce traitement est de 500 à 2000 mg de préférence en 3 prises ;

– Extraits d’avocats et graines de soja :

Selon une étude, l’association d’insaponifiables d’huile d’avocat et de soja présente des effets positifs sur l’élasticité de l’épiderme tout en favorisant la production de collagène. Diverses expériences ont même pu permettre d’avancer que cette combinaison peut améliorer les symptômes de sclérodermies. Son effet assouplissant parvient à réduire l’induration et l’épaississement cutanés. Lors de l’étude menée, le traitement consiste à appliquer sur les zones touchées le mélange d’1/3 et de 2/3 de ces deux produits (4).

Références

(1) Bharat B. et al. «Effets thérapeutiques potentiels de la curcumine, agent anti-inflammatoire, contre les maladies neurodégénératives, cardiovasculaires, pulmonaires, métaboliques, auto-immunes et néoplasiques.» Revue internationale de biochimie et biologie cellulaire, 2009.
(2) Muir AH. et al. «L’utilisation de Ginkgo biloba dans la maladie de Raynaud: essai à double insu contrôlé par placebo.», Vasc Med 2002.
(3) le juge Belch. et al. «L’huile d’onagre dans le traitement du phénomène de Raynaud: une étude à double insu.», Thromb Haemost. 1985.
(4) Thiers H. et al. «Emploi thérapeutique des insaponifiables d’huile végétale.», Thérapies 16, 1961.

error: Contenu protégé sous copyright