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Thréonine

La Thréonine est un acide aminé essentiel qui assure non seulement d’importants rôles biologiques, mais possède aussi des propriétés médicinales intéressantes. Quels sont ses bienfaits ? Comment la prendre en supplément ? Les grandes lignes de cet article mettent en avant les qualités thérapeutiques de cet acide aminé d’après les scientifiques. À noter que les informations qui y sont mentionnées ne constituent pas des avis médicaux.

Threonine

Aminoacide essentiel, la thréonine doit être puisée dans les aliments riches en protéines car notre organisme n’est pas capable de produire la quantité dont il a besoin pour assurer le bon déroulement de ses nombreux processus physiologiques. Ce composé, indispensable pour le fonctionnement du système nerveux, joue de nombreux rôles et possède en outre des propriétés médicales intéressantes. Sa carence comme son excès est dangereux pour la santé. Il est codé par tous les codons qui commencent par AC, dont ACU, ACA, ACC et ACG au niveau des ARN messagers.

Présentation de la thréonine

Structure physique et chimique

La thréonine est un acide α-aminé, connue sous les initiales T et Thr. Sa structure chimique est semblable à celle de la valine, mais légèrement différente avec son groupement hydroxyle qui se trouve au niveau du carbone β. La présence de cette fonction fait que la molécule possède deux atomes de carbone asymétrique, autrement dit deux centres chiraux, tout comme l’isoleucine.

Les 4 stéréoisomères de la thréonine
Les 4 stéréoisomères de la thréonine

Ce qui fait que cet acide aminé se présente donc sous 4 formes, ou stéréoisomères, à savoir (2S, 3R), (2R, 3S), (2S, 3S) et (2R, 3R). Le nom L-thréonine est utilisé pour appeler le diastéréoisomère le plus répandu dans la nature et celui qui intervient dans la formation des protéines, (2S, 3R). Le second, (2R, 3S) nommé L-allothréonine est plutôt rare. Les deux autres n’ont qu’une importance mineure.

Sa formule chimique est C4 H9 NO3 et sa masse moléculaire 119,11 g/mol.

Ses rôles biologiques

Une fois dans l’organisme, cet acide aminé :

– Intervient dans le métabolisme de la porphyrine, une molécule à structure cyclique qui compose l’hémoglobine et se charge du transport du dioxygène.
– Entre aussi dans le métabolisme des corps gras et empêche la formation de graisses dans le foie.
– Favorise la croissance du thymus (glande située derrière le sternum et qui disparait après la première enfance), en étant un immunostimulant.
– Participe au bon fonctionnement du système digestif et encourage l’assimilation des nutriments, en produisant les enzymes digestives nécessaires.
– Entre dans la constitution du collagène et de l’élastine, deux protéines fibreuses dont la première offre aux tissus une résistance mécanique et l’autre une propriété élastique.

Les meilleures sources

La thréonine est surtout présente dans les aliments gorgés de protéines. La liste ci-après dévoile les meilleures sources de cet aminoacide. Il est important de savoir que l’organisme a besoin de 15 mg/kg de ce composé par jour, soit 1 070 mg environ pour un adulte de 70 kg.

La viande de mouton et bœuf est riche en thréonine
La viande de mouton et bœuf est riche en thréonine

Chaque portion de 100 g des aliments suivants contiennent ces quantités de L-thréonine :
– Viande de bœuf et de mouton maigre, 1 729 mg ;
– Soja grillé, 1 719 mg ;
– Poulet et dinde, cuit ou grillé, 1 438 mg ;
– Foie de mouton ou de bœuf, 1 322 mg ;
– Fromage parmesan, 1 317 mg ;
– Saumon et thon, 1 278 mg ;
– Autres produits de mer, 1 099 mg ;
– Noix et grains, 998 mg ;
– Haricots blancs et lentilles, 409 mg.

Quelles sont les propriétés médicinales de la thréonine ?

Cet acide aminé a-t-il un effet antispasticité ?

La thréonine réduit les symptômes de la sclérose en plaques
La thréonine réduit les symptômes de la sclérose en plaques

Une des qualité connues de la thréonine est sa faculté de réduire la spasticité chez les patients souffrant de sclérose en plaques (maladie auto-immune caractérisée par la dégradation progressive de la myéline des cellules nerveuses). La spasticité, notons-le, est un des symptômes de ce trouble nerveux qui se manifeste par un mouvement ou étirement involontaire et rapide d’un muscle entrainant sa contraction réflexe pendant un moment.

Chez un échantillon de 26 individus développant une sclérose en plaques, l’administration de 7,5 g par jour de cet acide aminé a permis de réduire les signes de spasticité, en agissant comme un précurseur de la glycine qui possède un effet antispasticité. Contrairement aux médicaments couramment utilisés, la L-thréonine n’a eu aucun effet secondaire. (1)

Il nous faut d’autres études cliniques sur l’homme pour confirmer ce bienfait.

Présente-t-il un bienfait sur les ulcères ?

Des revues scientifiques ont aussi parlé de l’effet bénéfique de cet acide aminé sur les ulcères de la jambe difficiles à soigner. Dans cette expérience, par exemple, 22 patients souffrant de ce problème ont été traités à base de crème enrichie en acides aminés, dont L-thréonine, L-cystéine et glycine, ou bien de crème placebo sans aucun principe actif. Pendant 12 semaines, les patients ont été invités à appliquer une certaine quantité de ces crèmes sur les parties concernées, à raison de 3 fois par jour.

Les évaluations réalisées chaque semaine ont montré que les symptômes des sujets ayant reçu la crème à base d’acides aminés ont fortement diminués. Leurs plaies tendent à se cicatriser plus rapidement et les douleurs se sont atténuées significativement. La L-thréonine favoriserait la cicatrisation des plaies, tout en améliorant la structure de l’épiderme. (2)

Ces propriétés médicinales intéressantes nécessitent toutefois encore plus d’études cliniques sur l’homme.

Quels sont les méfaits de la thréonine ?

Certaines publications ont rapporté les effets secondaires liés au surdosage de thréonine chez les nourrissons. Les observateurs ont constaté que la plupart des laits infantiles vendus sur le marché, renferment une concentration plus élevée de cet acide aminé, de plus de 20 % environ par rapport au lait maternel.

L’augmentation du taux de L-thréonine plasmatique a conduit à une hausse importante du niveau de glycine cérébrale, affectant ainsi l’équilibre des neurotransmetteurs du cerveau. Ce qui a causé d’importants troubles nerveux. Les scientifiques ont conclu que l’apport excessif de cet acide aminé dans l’alimentation du nourrisson doit être évité. (3)

Bien choisir sa thréonine

La L-thréonine commercialisée sur le marché est souvent proposée sous forme de poudre, pure ou mélangée à d’autres acides aminés. Il faut des dosages plus élevés, en effet, pour profiter de ses bienfaits.

Ces suppléments d’acides aminés sont surtout dédiés à ceux qui pratiquent des exercices physiques intenses ou de la musculation. Il est conseillé de choisir des produits sans additifs chimiques, et respectueux des normes de qualité.

Thréonine : Quelle est la posologie efficace ?

La L-thréonine est recommandée pour réduire les symptômes de la sclérose en plaques et de certaines maladies qui causent de la spasticité. Le dosage efficace est de 2 à 6 g par jour, à répartir en 3 prises. La durée du traitement ne doit pas dépasser plus de 2 mois. Attention, cette posologie est donnée à titre informatif. Seul un médecin est apte à vous conseiller la dose efficace.

Chez des sujets qui ont pris ce supplément sur une durée de plus de 12 mois, on a noté quelques effets indésirables comme céphalées, nausées, éruptions cutanées et maux d’estomac.

Cet acide aminé est à proscrire chez les femmes enceintes et allaitantes, ainsi qu’aux personnes souffrant de maladie d’Alzheimer. La L-thréonine entre, en effet, en compétition avec les substances actives des médicaments destinés pour traiter cette pathologie, en diminuant leur efficacité. Pour prévenir les effets secondaires, il reste prudent de consulter un professionnel de santé avant de débuter un traitement.

Références

(1) Hauser SL et al. « Un effet antispasticité de la thréonine dans la sclérose en plaques ». Arch Neurol, septembre 1992; 49 (9): 923-6.
(2) Harvey SG et al. « L-cystéine, glycine et dl-thréonine dans le traitement de l’ulcère de jambe hypostatique: une étude contrôlée par placebo ». Pharmatherapeutica, 1985; 4 (4): 227-30.
(3) Boehm G et al. « Effet de l’augmentation des apports alimentaires en thréonine sur le métabolisme des acides aminés du système nerveux central et des tissus périphériques chez le rat en croissance ». Pediatr Res, 1998 Dec; 44 (6): 900-6.