Rectite

Présentation de la rectite

La recticte désigne l'inflammation des muqueuses au niveau du rectum
La recticte désigne l’inflammation des muqueuses au niveau du rectum

La rectite désigne tout processus inflammatoire qui se manifeste dans le rectum. Celui-ci n’est autre que la dernière portion du tube digestif qui précède le canal anal et où sont stockées les matières fécales avant la déjection. L’inflammation affecte principalement la muqueuse qui revêt la partie interne du rectum et peut, selon le cas, être aiguë ou chronique, survenant alors par poussée. Ses complications les plus fréquemment rencontrées sont, par ailleurs, la formation d’ulcère ou de fistule qui va conduire à une rectorragie ou un saignement par l’anus.

Dans certains cas les plus graves ou en l’absence de prise en charge adéquate, il y a nécrose de la muqueuse rectale ; dans d’autres, l’inflammation s’étend vers tout le côlon et va conduire à une rectocolite.

Étant donné ses diverses causes possibles, cette pathologie peut affecter différentes personnes à tout âge. Les plus concernés semblent, toutefois, les sujets pratiquant des relations sexuelles anales dont notamment les hommes homosexuels. Ceci s’explique en partie par le nombre de plus en plus important de personnes affectées par des infections sexuellement transmissibles.

Causes de la rectite

Différents facteurs sont connus comme pouvant être à l’origine d’une inflammation du rectum.

– Pratique de rapport sexuel anal qui peut conduire à une infection fongique ou à une infection bactérienne ou virale sexuellement transmissible telle que la blennorragie, la chlamydia, le sida, la syphilis ;
– Traumatisme dû à une pénétration anale ou suite à un acte médical tel qu’une colposcopie ;
– Lavement fréquent ou avec utilisation de peroxyde d’hydrogène ou de sulfate de magnésium ;
– Usage fréquent ou prolongé de suppositoires principalement ceux renfermant des substances analgésiques ;
– Irradiation lors d’une radiothérapie du rectum ou d’un autre organe de la région pelvienne. Le rectum et le canal anal ne tolèrent pas en effet les radiations ;
Infection bactérienne ou parasitaire de l’intestin comme en cas de salmonellose, de bilharziose, d’infection au Clostridium difficile, à Entamoeba histolytica ;
– Maladies inflammatoires de l’intestin dont la maladie de Crohn, une colite ;
– Prolapsus d’organes pelviens notamment un prolapsus rectal.

Manifestations de la rectite

Certains symptômes peuvent se manifester en cas d’inflammation du rectum. Parmi ceux-ci, il y a entre autres :

Symptômes de la rectite : sentiment d'avoir envie d'aller fréquemment à la selle, mal de ventre, anémie, ...
Symptômes de la rectite : sentiment d’avoir envie d’aller fréquemment à la selle, mal de ventre, anémie, …

– Sentiment d’avoir envie de déféquer plus fréquemment que d’habitude alors que dans la plupart des cas il n’y a pas de selles ;
– Sensation de vidange non complète après être allé à la selle ;
– Selle contenant du mucus et parfois accompagnée de sang. La présence de sang évoque alors la survenue d’une rectorragie (un saignement dû à l’inflammation du rectum) ;
Anémie en cas d’importante perte de sang non prise en charge ;
– Maux de ventre dans certains cas ;
– Douleur importante dans le rectum et le canal anal en cas d’inflammation rectale d’origine infectieuse ;
– Risque de septicémie (infection généralisée de l’organisme) en cas de blessure au niveau du rectum ;
– Complication de l’affection par la survenue d’une incontinence anale ;
Nécrose des tissus du rectum en l’absence d’une prise en charge et/ou extension de l’inflammation vers le reste du côlon.

Traitements naturels de la rectite

La prise en charge d’une inflammation du rectum dépend avant tout de la cause de l’affection.

– Évitement des facteurs de risque : pour réduire le risque de survenu de cette pathologie, il est conseillé de limiter voire d’éviter tous facteurs qui peuvent être à son origine. Parmi ceux-ci, il y a principalement la pratique de relation sexuelle anale, l’utilisation fréquente de suppositoires, des lavements fréquents et notamment avec usage de peroxyde d’hydrogène ou de sulfate de magnésium ;
– Catéchine : Lors d’une étude, il a été observé que la catéchine, prise à 10mg/kg, a permis de prendre en charge l’inflammation colorectale. Ceci s’explique en partie par les effets anti-inflammatoires et antioxydants que possède ce flavonoïde. Il présente, en outre, l’avantage d’être sans effets secondaires à la différence des médicaments habituellement utilisés pour prendre en charge ce type de pathologie comme la Sulfasalazine (1) ;
– Guimauve : Une publication avance l’efficacité de l’usage de guimauve pour le traitement d’une inflammation du rectum. Le remède consiste à prendre deux fois par jour une macération de 2 cuillères à café de la racine dans 1/4 de litre d’eau (2) ;
– Baie et huile d’argousier : Du fait de ses actions anti-inflammatoires, antihémorragiques, anti-ulcéreuses et régénérantes, l’huile d’argousier (Hippophae rhamnoïdes) a été mise en évidence dans une publication comme pouvant traiter des cas d’inflammation du rectum (3). Le traitement repose à la fois sur l’usage par voie orale et rectale de l’huile ainsi que par la prise d’une infusion de baies d’argousier sèches plusieurs fois par jour (4) ;
– Acide tannique : Au cours d’une observation menée sur des souris chez lesquelles a été induite une inflammation colo-rectale, il a été constaté que l’acide tannique, à raison de 10mg/kg, a permis de réduire de manière significative les lésions causées par l’affection. Ce polyphénol complexe possède en effet des propriétés anti-inflammatoire, cicatrisante et antioxydante (5).

Références

(1) Ghalem S. et al. « Etude de l’activité anti-rectocolite ulcéro-hémorragiaque de la Catéchine.», Biochimie Physiopathologique, Univ Bejaia, 2017.
(2) Phytothérapie, la santé par les plantes, Ed Vidal.
(3) Goetz, P. et al., Hippophae rhamnoïdes L., huile d’argousier, huile de baie, huile de graine. Phytothérapie, Springer, 2010.
(4) Dornyei O. et al. Les propriétés thérapeutiques des variétés d’argousier enrichies par sélection. Phytothérapie clinique. Springer. 2008
(5) Yalaoui N. et al « Effet protecteur de l’acide tannique et de la salazopyrine sur la rectocolite induite chez les souris albinos.», Biochimie Physiopathologique, Univ Bejaia, 2017.

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